拍品專文
Un homme jeune à la toque noire applatie, au petit col fraisé et au pourpoint ocre boutonné nous fixe d’un regard insistant. La toque, portée droite, sans plume ni revers retroussé, correspond à une mode bien documentée du milieu du siècle : dans les années 1530, la calotte s'affaisse et devient plate ; dans les années 1540, c'est l'ensemble du couvre-chef qui se fait plus petit, les bords devenant étroits et affaissés. Elle tranche avec les coiffes ornées du début du siècle et avec les bonnets hauts qui s'imposeront à partir des années 1570, situant le modèle dans la periode entre 1545-1560. Le col apporte une indication plus fine encore : au cours des années 1540, la gorge se couvre d'un col montant dont les bords sont d'abord froncés et plissés, puis, à la fin des années 1550, godronnés. Le petit col fraisé visible ici – froncé en léger ruché régulier, encore modeste – correspond précisément à cette phase intermédiaire, antérieure à la grande fraise godronnée qui ne s'imposera qu'après 1560. Ce costume est élégant sans ostentation. Le modèle n'est pas un grand seigneur en habit de cérémonie, mais un homme de condition aisée – peut-être un marchand, italien ou lyonnais, au regard de sa provenance actuelle.
Peint sur un panneau de noyer, l’hypothèse selon laquelle il s’agit d’un gentilhomme lyonnais est confortée par la biographie de son auteur, Giovanni Capassini (vers 1510-vers 1579). Né à Florence au début du XVI siècle, la formation de celui que Vasari (1511-1574) appellera ‘Nannocio’ fût riche et diverse : d'abord proche de Francesco Salviati (1510-1563), il entra ensuite dans l'atelier de Baccio Bandinelli (1493-1560), puis de Raffaello da Brescia (vers 1479-1539), et enfin dans celui d'Andrea del Sarto (1486-1530). Sa première mention en France date de 1546, lorsqu'il apparaît dans les comptes de Marguerite de Navarre (1492-1549) pour plusieurs peintures. Il se trouve d’ailleurs à Lyon en 1548, où il participe aux travaux de l'entrée royale. Ce type de commande festive et éphémère, qui mobilisait alors les meilleurs artistes disponibles, témoigne de la réputation dont il jouissait dès son arrivée sur le territoire français.
Son œuvre se partage entre deux registres distincts. Dans ses compositions mythologiques et religieuses inspirées par Raphaël (1483-1520), il conserve sa manière florentine, à l’image de sa Sainte Famille avec le jeune saint Jean-Baptiste et sainte Catherine conservée au musée des beaux-arts de Nîmes (inv. IP 1806). En revanche, dans son art du portrait, visible dans la figure de Joseph dans le tableau nîmois, Capassini révèle une influence nettement française : pour satisfaire sa clientèle rhodanienne, il s'aligne sur les formules de Corneille de Lyon (vers 1500-1575), proposant des portraits de trois quarts dans un cadrage serré, sans décor.
Nous tenons à remercier Dr. Camille Larraz d'avoir confirmé l'attribution de ce tableau à Giovanni Capassini sur base d'un examen photographique de l'oeuvre et de sa contribution à la rédaction de cette notice.
Peint sur un panneau de noyer, l’hypothèse selon laquelle il s’agit d’un gentilhomme lyonnais est confortée par la biographie de son auteur, Giovanni Capassini (vers 1510-vers 1579). Né à Florence au début du XVI siècle, la formation de celui que Vasari (1511-1574) appellera ‘Nannocio’ fût riche et diverse : d'abord proche de Francesco Salviati (1510-1563), il entra ensuite dans l'atelier de Baccio Bandinelli (1493-1560), puis de Raffaello da Brescia (vers 1479-1539), et enfin dans celui d'Andrea del Sarto (1486-1530). Sa première mention en France date de 1546, lorsqu'il apparaît dans les comptes de Marguerite de Navarre (1492-1549) pour plusieurs peintures. Il se trouve d’ailleurs à Lyon en 1548, où il participe aux travaux de l'entrée royale. Ce type de commande festive et éphémère, qui mobilisait alors les meilleurs artistes disponibles, témoigne de la réputation dont il jouissait dès son arrivée sur le territoire français.
Son œuvre se partage entre deux registres distincts. Dans ses compositions mythologiques et religieuses inspirées par Raphaël (1483-1520), il conserve sa manière florentine, à l’image de sa Sainte Famille avec le jeune saint Jean-Baptiste et sainte Catherine conservée au musée des beaux-arts de Nîmes (inv. IP 1806). En revanche, dans son art du portrait, visible dans la figure de Joseph dans le tableau nîmois, Capassini révèle une influence nettement française : pour satisfaire sa clientèle rhodanienne, il s'aligne sur les formules de Corneille de Lyon (vers 1500-1575), proposant des portraits de trois quarts dans un cadrage serré, sans décor.
Nous tenons à remercier Dr. Camille Larraz d'avoir confirmé l'attribution de ce tableau à Giovanni Capassini sur base d'un examen photographique de l'oeuvre et de sa contribution à la rédaction de cette notice.
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