LOUIS-GABRIEL MOREAU DIT L'AÎNÉ (PARIS 1740-1806)
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LOUIS-GABRIEL MOREAU DIT L'AÎNÉ (PARIS 1740-1806)

Un Temple dans un parc

Details
LOUIS-GABRIEL MOREAU DIT L'AÎNÉ (PARIS 1740-1806)
Un Temple dans un parc
monogrammé 'LM' (vers le bas, vers la droite, sur le bac à oranger)
huile sur toile, dans un ovale peint
50 x 40 cm (19 2⁄3 x 15 ¾ in.)
Provenance
M. X..., Paris ; vente anonyme, galerie Charpentier, Paris, 27 avril 1951, (Me Ader), lot 32 ;
Acquis au cours de celle-ci par le grand-père de l'actuel propriétaire ;
Puis par descendance dans la famille.
Exhibited
Paris, galerie Cailleux, Hubert Robert, Louis Moreau : exposition du cent-cinquantenaire de leur mort, 26 novembre-20 décembre 1957, hors catalogue (selon une étiquette au revers du châssis).
Further details
LOUIS-GABRIEL MOREAU, CALLED MOREAU THE ELDER (1740-1806), A TEMPLE IN A PARK, OIL ON CANVAS, IN A FEIGNED OVAL, MONOGRAMMED (LOWER RIGHT)

Now known primarily for his works on paper, Georges Wildenstein nevertheless noted that 'Moreau’s oil paintings are undoubtedly the finest expression of his talent… they possess a frankness of tone, a freedom of execution, an infinitely appealing truth; in these qualities, they are far superior to anything that had previously been seen in French landscape painting' (G. Wildenstein, Louis Moreau. Un peintre de paysage au XVIIIe siècle, Paris, 1923, p. 31).

Though Moreau's early works depict only architectural subjects, in the manner of his master Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), his style evolved over the course of the following decade. From 1774 onwards, his work is marked by a taste for rustic subjects and the charm of the pastoral. This shift follows the changing fashions of the period, which moved away from a conception of landscape and the role of the landscape painter still closely tied to ancient ruins, the classicism of Poussin (1594-1665), and the historical scenes of Claude Lorrain (1600-1682), toward a vision of nature that was no longer subordinated to human will. This change in perspective can be observed in literature as well as in the visual arts. Most famously, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) expressed his love of nature in Reveries of the Solitary Walker, published in 1776, as well as in The Confessions, which appeared in 1782.

Moreau thus immerses us in a world in which nature becomes the equal of human activity. Trees and bushes press against the elegant columns of the eponymous temple, threatening to engulf it entirely. The sole human figure is no longer the priest of a Claudian composition, bound to the god of his temple, but rather a gardener tending to the propagation of trees, faithful to nature.

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Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Specialist

Lot Essay

Connu aujourd’hui avant tout pour ses œuvres sur papier, Georges Wildenstein souligne néanmoins que 'les peintures à l’huile de Moreau sont sans doute le meilleur aspect de son talent… elles ont une franchise de ton, une liberté d’exécution, une vérité infiniment séduisante ; elles sont très supérieures, par ces qualités, à ce qu’on avait pu voir jusque-là dans le paysage français' (G. Wildenstein, Louis Moreau. Un peintre de paysage au XVIIIe siècle, Paris, 1923, p. 31).

Tandis que ces premières œuvres ne représentent que des sujets architecturaux, à l’instar de celles de son maître Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), son style connaît une évolution au cours de la décennie suivante. À partir de 1774, son œuvre est marquée par le goût du champêtre et le charme du pastoral.

Ce changement suit les modes de l’époque, qui évoluent d’une conception du paysage et du rôle du paysagiste encore étroitement liés aux ruines antiques, au classicisme de Poussin (1594-1665) et aux scènes d’histoire de Claude Lorrain (1600-1682), vers une vision de la nature affranchie de la volonté humaine. Cette évolution se manifeste aussi bien dans les arts que dans la littérature. L'exemple le plus célèbre étant, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), qui exprime son amour de la nature dans Les Rêveries du promeneur solitaire, publié en 1776, ainsi que dans les Confessions, parues en 1782.

Moreau nous plonge ainsi dans un monde où la nature devient l’égale de l’activité humaine. Les arbres et les buissons se pressent contre les colonnes élégantes du temple éponyme, menaçant presque de l’engloutir entièrement. La seule figure humaine n’est plus le prêtre d’un tableau du Lorrain, lié au dieu de son temple, mais une jardinière œuvrant à la propagation des arbres, une véritable fidèle de la nature.

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