Lot Essay
« De loin parmi les promeneurs elle se voit comme un faisan doré au milieu d’un poulailler. Elle approche… Je suis timide, un peu tremblant… Vingt mètres… dix mètres… huit… six… clac ! Le rideau de mon gros appareil fait tellement de bruit que la dame sursaute presque autant que moi. » – Lartigue, Journal, Paris, 29 mai 1910.
Armé d’un encombrant appareil à plaques 9 x 12 cm permettant des prises instantanées au 1/50e de seconde, le jeune Lartigue affectionne les promenades au Bois de Boulogne, qu’il décrit comme un « terrain de chasse idéal pour rencontrer de jolies dames qui portent de beaux chapeaux » (Lartigue, 1977, p. 43).
Cette étrange silhouette féminine provient d’un cliché au cadrage initialement plus large, collé dans l’album de 1911 (folio 42, recto) conservé au ministère de la Culture, légendé « 1911 Paris / Avenue du Bois / "Léon Freeborg" ». Le titre omet la présence de cette femme marchant aux côtés du mondain Freeborg ; c’est elle pourtant que le jeune Lartigue choisit d’isoler, resserrant le cadrage sur cette élégante anonyme, coiffée d’un chapeau et voilée de dentelle blanche Ce tirage est le seul connu de cette image ainsi recadrée.
Comme la plupart des tirages de Lartigue issus de la collection Therond, celui-ci conserve au dos des traces de colle, vestiges de la pratique diaristique du photographe. Les grands albums remis à l’État en 1979 en constituent la version définitive : celui que Roger Therond surnommait « le Bienheureux » n’hésitait pas, en effet, à coller et décoller ses images pour les recomposer différemment et les offrir parfois à ses amis.
“From afar, among the strollers, she stood out like a golden pheasant in the middle of a henhouse. She comes closer... I am shy, a little trembling... Twenty meters... ten meters... eight... six... click! The shutter of my large camera makes such a noise that the lady almost jumps as much as I do.” – Lartigue, Journal, Paris, May 29, 1910.
Armed with a cumbersome 9 × 12 cm plate camera capable of instantaneous exposures at 1/50th of a second, the young Lartigue was particularly fond of strolling through the Bois de Boulogne, which he described as an “ideal hunting ground for meeting pretty ladies wearing beautiful hats” (Lartigue, 1977, p. 43).
This unusual female silhouette derives from a photograph originally composed with a wider framing, pasted into the 1911 album (folio 42, recto) preserved by the French Ministry of Culture and captioned “1911 Paris / Avenue du Bois / ‘Léon Freeborg.’” The title omits the presence of this woman walking beside the society figure Freeborg; yet it is she whom the young Lartigue chose to isolate, tightening the framing around this anonymous elegant woman, wearing a hat and veiled in white lace. This print is the only known example of the image in this cropped form.
Like most of Lartigue’s prints from the Therond Collection, this one preserves traces of glue on the reverse, vestiges of the photographer’s diaristic practice. The large albums entrusted to the French state in 1979 constitute their definitive version: indeed, the man whom Roger Therond nicknamed “the Blessed One” did not hesitate to paste and unpaste his photographs, recomposing them in different ways and sometimes giving them to friends.
Armé d’un encombrant appareil à plaques 9 x 12 cm permettant des prises instantanées au 1/50e de seconde, le jeune Lartigue affectionne les promenades au Bois de Boulogne, qu’il décrit comme un « terrain de chasse idéal pour rencontrer de jolies dames qui portent de beaux chapeaux » (Lartigue, 1977, p. 43).
Cette étrange silhouette féminine provient d’un cliché au cadrage initialement plus large, collé dans l’album de 1911 (folio 42, recto) conservé au ministère de la Culture, légendé « 1911 Paris / Avenue du Bois / "Léon Freeborg" ». Le titre omet la présence de cette femme marchant aux côtés du mondain Freeborg ; c’est elle pourtant que le jeune Lartigue choisit d’isoler, resserrant le cadrage sur cette élégante anonyme, coiffée d’un chapeau et voilée de dentelle blanche Ce tirage est le seul connu de cette image ainsi recadrée.
Comme la plupart des tirages de Lartigue issus de la collection Therond, celui-ci conserve au dos des traces de colle, vestiges de la pratique diaristique du photographe. Les grands albums remis à l’État en 1979 en constituent la version définitive : celui que Roger Therond surnommait « le Bienheureux » n’hésitait pas, en effet, à coller et décoller ses images pour les recomposer différemment et les offrir parfois à ses amis.
“From afar, among the strollers, she stood out like a golden pheasant in the middle of a henhouse. She comes closer... I am shy, a little trembling... Twenty meters... ten meters... eight... six... click! The shutter of my large camera makes such a noise that the lady almost jumps as much as I do.” – Lartigue, Journal, Paris, May 29, 1910.
Armed with a cumbersome 9 × 12 cm plate camera capable of instantaneous exposures at 1/50th of a second, the young Lartigue was particularly fond of strolling through the Bois de Boulogne, which he described as an “ideal hunting ground for meeting pretty ladies wearing beautiful hats” (Lartigue, 1977, p. 43).
This unusual female silhouette derives from a photograph originally composed with a wider framing, pasted into the 1911 album (folio 42, recto) preserved by the French Ministry of Culture and captioned “1911 Paris / Avenue du Bois / ‘Léon Freeborg.’” The title omits the presence of this woman walking beside the society figure Freeborg; yet it is she whom the young Lartigue chose to isolate, tightening the framing around this anonymous elegant woman, wearing a hat and veiled in white lace. This print is the only known example of the image in this cropped form.
Like most of Lartigue’s prints from the Therond Collection, this one preserves traces of glue on the reverse, vestiges of the photographer’s diaristic practice. The large albums entrusted to the French state in 1979 constitute their definitive version: indeed, the man whom Roger Therond nicknamed “the Blessed One” did not hesitate to paste and unpaste his photographs, recomposing them in different ways and sometimes giving them to friends.
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