Nadar (Félix Tournachon) (1820-1910)
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Nadar (Félix Tournachon) (1820-1910)

Autoportrait avec sa femme Ernestine et son fils Paul, vers 1863

Details
Nadar (Félix Tournachon) (1820-1910)
Autoportrait avec sa femme Ernestine et son fils Paul, vers 1863
tirage argentique, tiré vers 1900
image/feuille : 20.3 x 15.5 cm. (8 x 6 1⁄8 in.)

gelatin silver print, printed circa 1900
Provenance
Collection Roger Therond, Paris
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 120 (reproduit au catalogue d'exposition p. 170 et p. 334)

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

En 1860, après avoir quitté son établissement de la rue Saint-Lazare, Nadar prend possession du prestigieux atelier du 35, boulevard des Capucines, précédemment occupé par les frères Bisson puis par Gustave Le Gray. Véritable sanctuaire de la photographie, le lieu se distingue par ses immenses verrières qui baignent l’espace de travail de lumière naturelle, condition indispensable à l’exécution des portraits à cette époque. 

Loin des portraits psychologiques qu’il consacre aux figures du monde artistique et littéraire parisien, dans lesquels il s’attache à saisir la personnalité de ses modèles, Nadar livre ici une image d’une grande simplicité. Dans le cadre épuré de son atelier, il réalise un portrait de famille qui réunit sa femme Ernestine et leur fils Paul, alors âgé de sept ans, qui suivra plus tard les traces de son père en devenant lui-même photographe. Tous deux avaient déjà posé à plusieurs reprises devant son objectif, comme en témoignent de nombreux portraits aujourd’hui conservés au musée d’Orsay et à la Bibliothèque nationale de France. Si Nadars’est fréquemment prêté à l’exercice de l’autoportrait, les images le représentant aux côtés de sa famille demeurent rares. 

Par la représentation de la sphère familiale qu’elle offre, cette photographie constitue un témoignage exceptionnel de la vie privée de Nadar et révèle une facette plus intime de celui qui demeure l’un des plus célèbres portraitistes du XIXe siècle.

In 1860, after leaving his establishment on rue Saint-Lazare, Nadar took possession of the prestigious studio at 35 boulevard des Capucines, previously occupied by the Bisson brothers and later by Gustave Le Gray. A veritable sanctuary of photography, the premises were distinguished by their immense glass roofs, which flooded the workspace with natural light, an indispensable condition for the making of portraits at that time. 

Far removed from the psychological portraits he devoted to figures from the Parisian artistic and literary worlds, in which he sought to capture the personalities of his sitters, Nadar presents here an image of great simplicity. Within the uncluttered setting of his studio, he creates a family portrait bringing together his wife Nadar and their son Nadar, then seven years old, who would later follow in his father's footsteps by becoming a photographer himself. Both had already posed on several occasions before his camera, as attested by numerous portraits now preserved at the Musée d’Orsay and the Bibliothèque nationale de France. Although Nadar frequently engaged in the practice of self-portraiture, images depicting him alongside his family remain rare. 

Through its representation of the family sphere, this photograph constitutes an exceptional testimony to Nadar’s private life and reveals a more intimate facet of the man who remains one of the most celebrated portrait photographers of the nineteenth century.

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