Bruno Braquehais (1823-1874) et Laure Gouin-Braquehais (1829-1916)
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Bruno Braquehais (1823-1874) et Laure Gouin-Braquehais (1829-1916)

Nu féminin, vers 1858

Details
Bruno Braquehais (1823-1874) et Laure Gouin-Braquehais (1829-1916)
Nu féminin, vers 1858
daguerréotype colorié, monté dans un cadre doré
vue : 7 x 5.6 cm. (2.8 × 2.2 in.) (format ovale)
ensemble : 8.2 x 7 cm. (3 ¼ x 2 ¾ in.)

hand-colored daguerreotype, mounted in a gilded frame
Provenance
Collection Jack Nisberg, Paris
Collection Roger Therond, Paris
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000 (reproduit au catalogue d'exposition p. 180 et p. 337)

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Ce daguerréotype, dont la composition évoque les odalisques peintes à la même époque, s'inscrit dans la riche production de nus réalisée par Bruno Braquehais et son épouse, Laure Gouin.

Formé à l'Institut royal des Sourds-Muets de Paris, Bruno Braquehais exerce d'abord comme lithographe à Caen avant de rejoindre, en 1850, l'atelier parisien du daguerréotypiste Alexis Gouin, spécialiste reconnu du nu académique. Il y fait la connaissance de Laure Gouin, fille du photographe, qu'il épouse en 1856, année où le couple reprend officiellement la direction de l'atelier à la mort de Gouin. Braquehais y développe une production de portraits et de nus, d'abord au daguerréotype puis selon le procédé plus tardif du collodion, souvent présentée en stéréoscopie. Cette production lui vaut une mention honorable à l'Exposition universelle de 1867. Sa notoriété posthume tient cependant à un tout autre corpus : ses quelque cent cinquante vues de la Commune de Paris en 1871, dont la chute de la colonne Vendôme, qui font de lui l'un des tout premiers photoreporters de l'histoire (voir lot 340).

Longtemps restée dans l’ombre, Laure Braquehais, formée à la colorisation par sa mère Marie Gouin et initiée à la photographie auprès de son père, ne se limite pas à la mise en couleur des plaques. Elle prend part aux séances de pose, singulièrement aux plus sensuelles, en rupture avec le regard masculin alors dominant : elle est l'une des très rares femmes de son temps, sinon la seule, à avoir dirigé des séances de nu. Elle œuvre également à la prise de vue maniant la chambre de son père qui livre deux vues sur une même plaque, tandis que son mari Bruno réalise deux clichés distincts ensuite réunis, pour former la vue stéréoscopique.

Ce daguerréotype a appartenu au photographe de la scène artistique Jack Nisberg, chroniqueur à Vogue dans les années 1950. Son montage, imaginé par Roger Therond, le présente comme un objet intime et précieux, sous un petit cadre doré enchâssé dans un coffret noir tapissé de velours rouge.

This daguerreotype, whose composition recalls the odalisques painted during the same period, belongs to the rich body of nude studies produced by Bruno Braquehais and his wife, Laure Gouin.

Trained at the Royal Institution for Deaf-Mutes in Paris, Bruno Braquehais first worked as a lithographer in Caen before joining, in 1850, the Paris studio of the daguerreotypist Alexis Gouin, a recognized specialist in the academic nude. There he met Laure Gouin, the photographer’s daughter, whom he married in 1856, the year the couple officially took over the studio following Gouin’s death. Braquehais developed a production of portraits and nudes there, first as daguerreotypes and later using the collodion process, often presented in stereoscopic form. This work earned him an honorable mention at the 1867 Exposition Universelle. His posthumous reputation, however, rests on an entirely different body of work: the approximately one hundred and fifty views he made of the Paris Commune in 1871, including the fall of the Vendôme Column, which established him as one of the very first photojournalists in history (see lot 340).

Long overshadowed, Laure Braquehais, trained in hand-coloring by her mother, Marie Gouin, and introduced to photography by her father, did far more than color photographic plates. She participated in posing sessions, particularly the more sensual ones, departing from the predominantly male gaze of the period: she was one of the very few women of her time, if not the only one, to have directed nude studies. She also took part in the photographic process itself, operating her father’s camera, which produced two views on a single plate, while her husband Bruno made two separate exposures that were subsequently paired to create a stereoscopic image.

This daguerreotype once belonged to the photographer of the artistic scene Jack Nisberg, a contributor to Vogue in the 1950s. Its presentation, conceived by Roger Thérond, frames it as an intimate and precious object, set within a small gilt frame mounted inside a black case lined with red velvet.

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