Lot Essay
Né à Montpellier où il est d’abord élève du peintre Antoine Ranc (1634-1716), Jean Raoux (1677-1734) rejoint ensuite Paris avant de remporter le prix de Rome en 1704 et partir trois ans en Italie. Il y obtient de prestigieuses commandes comme les décors du palais Giustinian sur le Grand Canal à Venise. C’est en Italie qu’il rencontre celui qui deviendra son fidèle mécène, le grand prieur de l’ordre de Malte, Philippe de Vendôme (1655-1727). S’il réalise pour lui, des scènes d’histoire, qualification sous laquelle il est reçu à l’Académie royale en 1717, en même temps qu’Antoine Watteau (1684-1721), ce sont ses scènes de genre qui ont fait sa popularité et pour lesquelles on le retient principalement aujourd’hui.
C’est autour des années 1720 qu’il se spécialise dans ce que Dezallier d’Argenville (1680-1765) nomme ses « sujets de caprice ». Ces scènes sont dépourvues d’un contexte précis mais baignées d’une douce sensualité dans des palettes brunes dorées rappelant le séjour vénitien du peintre et sa fascination pour la peinture du siècle d’or hollandais. L’indiscrète datée de l’année 1728 dévoile une jeune femme tirant un rideau comme pour espionner une scène à la dérobée (Avignon, musée Calvet, inv. 23632), et La jeune femme en bleu (Champs-sur-Marne, château) propose le même type de composition que notre peinture, seulement quelques années auparavant (1717). Notre peinture s’inscrit pleinement dans cette période de l’artiste, parcourue d’images de femmes à mi-corps surgissant de décors quelque peu abstraits et dans des costumes de fantaisie. Cette liseuse, charmée par le contenu de sa correspondance, est d’ailleurs connue par au moins deux autres versions considérées comme autographes. L’une d’elle, provenant du legs du Dr. La Caze, se trouve au Louvre (inv. MI 1100) et présente de mineures différences avec notre version. La boîte précieuse au premier plan, contenant certainement le visage de l’amant, est d’un format carré dans la version du Louvre. Cette tabatière sobre à rang de perles, semble être une production anglaise et laisse à penser que cette peinture a été réalisée pendant la période anglaise de l’artiste, au début de la décennie 1720 (voir fig. 1). Une des versions réalisées par Jean Raoux a été gravée par François de Poilly (1666-1741) ce qui a contribué à la popularité de ce « sujet de caprice » en particulier.
Si l'on ne sait pas qui a commandé notre version de la liseuse au XVIIIe siècle, elle se trouvait au milieu du XXe siècle dans la collection d'une actrice célèbre en son temps, Merle Oberon (1911-1979). Touchante figure de l'âge d'or hollywoodien, cette comédienne développa une carrière immense, portée des grands classiques du cinéma comme Les Hauts de Hurlevents (William Wyler, 1939) ou en donnant la réplique à Gary Cooper (1901-1961) et en passant devant la caméra de Jacques Tourneur (1904-1977), le tout, en dissimulant ses origines indiennes dans un Los Angeles fort peu enclin à intégrer autre chose que l'image stéréotypée d'une actrice blanche américaine.
C’est autour des années 1720 qu’il se spécialise dans ce que Dezallier d’Argenville (1680-1765) nomme ses « sujets de caprice ». Ces scènes sont dépourvues d’un contexte précis mais baignées d’une douce sensualité dans des palettes brunes dorées rappelant le séjour vénitien du peintre et sa fascination pour la peinture du siècle d’or hollandais. L’indiscrète datée de l’année 1728 dévoile une jeune femme tirant un rideau comme pour espionner une scène à la dérobée (Avignon, musée Calvet, inv. 23632), et La jeune femme en bleu (Champs-sur-Marne, château) propose le même type de composition que notre peinture, seulement quelques années auparavant (1717). Notre peinture s’inscrit pleinement dans cette période de l’artiste, parcourue d’images de femmes à mi-corps surgissant de décors quelque peu abstraits et dans des costumes de fantaisie. Cette liseuse, charmée par le contenu de sa correspondance, est d’ailleurs connue par au moins deux autres versions considérées comme autographes. L’une d’elle, provenant du legs du Dr. La Caze, se trouve au Louvre (inv. MI 1100) et présente de mineures différences avec notre version. La boîte précieuse au premier plan, contenant certainement le visage de l’amant, est d’un format carré dans la version du Louvre. Cette tabatière sobre à rang de perles, semble être une production anglaise et laisse à penser que cette peinture a été réalisée pendant la période anglaise de l’artiste, au début de la décennie 1720 (voir fig. 1). Une des versions réalisées par Jean Raoux a été gravée par François de Poilly (1666-1741) ce qui a contribué à la popularité de ce « sujet de caprice » en particulier.
Si l'on ne sait pas qui a commandé notre version de la liseuse au XVIIIe siècle, elle se trouvait au milieu du XXe siècle dans la collection d'une actrice célèbre en son temps, Merle Oberon (1911-1979). Touchante figure de l'âge d'or hollywoodien, cette comédienne développa une carrière immense, portée des grands classiques du cinéma comme Les Hauts de Hurlevents (William Wyler, 1939) ou en donnant la réplique à Gary Cooper (1901-1961) et en passant devant la caméra de Jacques Tourneur (1904-1977), le tout, en dissimulant ses origines indiennes dans un Los Angeles fort peu enclin à intégrer autre chose que l'image stéréotypée d'une actrice blanche américaine.
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