JEAN RAOUX (MONTPELLIER 1677-1734 PARIS)
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JEAN RAOUX (MONTPELLIER 1677-1734 PARIS)

La liseuse

Details
JEAN RAOUX (MONTPELLIER 1677-1734 PARIS)
La liseuse
signé et indistinctement daté 'Raoux 17[...]' (en bas, à droite, à l'intérieur de la boîte)
huile sur toile
99 x 80,5 cm (39 x 31 ¾ in.)
Provenance
Dr. Bruno Pagliai (mort en 1979), Mexico ;
Puis par héritage à son épouse, l'actrice Merle Oberon (1911-1979), Los Angeles, puis par descendance ;
Vente anonyme [Property from a private collection], Christie's, New York, 4 octobre 2007, lot 83.
Collection particulière, Allemagne.
Literature
M.-C. Heck, G. Faroult, Jean Raoux, un peintre sous la Régence, 1677-1734, [cat. exp.], Montpellier, 2009, p. 134, reproduit en couleurs, fig. 2.
G. Faroult, "La Liseuse de Jean Raoux (1677-1734) - Un 'sujet de caprice' récemment restauré", Le tableau du mois, n°169 Paris, 2010, reproduit en noir et blanc, fig. 7.
Exhibited
Mexico, Museo Nacional de Arte Moderno (prêt, selon une étiquette au revers).
Further details
JEAN RAOUX (1677-1734), THE READER, OIL ON CANVAS

Born in Montpellier, where he was first a pupil of the painter Antoine Ranc (1634-1716), Jean Raoux (1677-1734) subsequently moved to Paris before winning the Prix de Rome in 1704 and spending three years in Italy. There he obtained prestigious commissions, including the decorations for the Palazzo Giustinian on the Grand Canal in Venice. It was in Italy that he met the man who would become his faithful patron, the Grand Prior of the Order of Malta, Philippe de Vendôme (1655-1727). Whilst he produced history scenes for him - the qualification under which he was received into the Académie Royale in 1717 - it is his genre scenes that made his reputation and for which he is primarily remembered today.

It was around the 1720s that he specialised in what Dezallier d'Argenville (1680-1765) called his sujets de caprice. These scenes are devoid of a precise context but are bathed in a gentle sensuality, using a golden brown palette that recalls the painter's Venetian sojourn and his fascination with the painting of the Dutch Golden Age. L'Indiscrète, dated 1728, reveals a young woman drawing back a curtain as if to spy on a scene by stealth (Avignon, Musée Calvet, inv. 23632), and La Jeune Femme en bleu, from 1717 (Champs-sur-Marne, château) offers the same type of composition as the present painting. The Reader belongs to this period of the artist's work, populated by images of women emerging from abstract settings in fantastical costumes. The subject of the present painting, a young woman charmed by the contents of her correspondence, is known through at least two other autograph versions. One of them, from the bequest of Dr. La Caze, is in the Louvre (inv. MI 1100) and presents minor differences to our version. The gilt box in the foreground, certainly containing the likeness of a lover, is square in format in the Louvre version. This pearl-bordered snuff box appears to be an English production and suggests that this painting was executed during the artist's English period, in the early 1720s (see fig. 1). One of the versions executed by Jean Raoux was engraved by François de Poilly (1666-1741), which contributed to the popularity of this particular sujet de caprice.

Whilst it is not known who commissioned our version of The Reader in the 18th century, in the mid-20th century it was in the collection of a celebrated actress, Merle Oberon (1911-1979). A touching figure of the golden age of Hollywood, this actress built an immense career, carried by great cinematic classics such as Wuthering Heights (William Wyler, 1939), starring alongside Gary Cooper (1901-1961) and appearing before the camera of Jacques Tourneur (1904-1977), all the while concealing her Indian origins in a Los Angeles little inclined to accommodate anything other than the stereotyped image of a white American actress.

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Head of Department - Paris

Lot Essay

Né à Montpellier où il est d’abord élève du peintre Antoine Ranc (1634-1716), Jean Raoux (1677-1734) rejoint ensuite Paris avant de remporter le prix de Rome en 1704 et partir trois ans en Italie. Il y obtient de prestigieuses commandes comme les décors du palais Giustinian sur le Grand Canal à Venise. C’est en Italie qu’il rencontre celui qui deviendra son fidèle mécène, le grand prieur de l’ordre de Malte, Philippe de Vendôme (1655-1727). S’il réalise pour lui, des scènes d’histoire, qualification sous laquelle il est reçu à l’Académie royale en 1717, en même temps qu’Antoine Watteau (1684-1721), ce sont ses scènes de genre qui ont fait sa popularité et pour lesquelles on le retient principalement aujourd’hui.

C’est autour des années 1720 qu’il se spécialise dans ce que Dezallier d’Argenville (1680-1765) nomme ses « sujets de caprice ». Ces scènes sont dépourvues d’un contexte précis mais baignées d’une douce sensualité dans des palettes brunes dorées rappelant le séjour vénitien du peintre et sa fascination pour la peinture du siècle d’or hollandais. L’indiscrète datée de l’année 1728 dévoile une jeune femme tirant un rideau comme pour espionner une scène à la dérobée (Avignon, musée Calvet, inv. 23632), et La jeune femme en bleu (Champs-sur-Marne, château) propose le même type de composition que notre peinture, seulement quelques années auparavant (1717). Notre peinture s’inscrit pleinement dans cette période de l’artiste, parcourue d’images de femmes à mi-corps surgissant de décors quelque peu abstraits et dans des costumes de fantaisie. Cette liseuse, charmée par le contenu de sa correspondance, est d’ailleurs connue par au moins deux autres versions considérées comme autographes. L’une d’elle, provenant du legs du Dr. La Caze, se trouve au Louvre (inv. MI 1100) et présente de mineures différences avec notre version. La boîte précieuse au premier plan, contenant certainement le visage de l’amant, est d’un format carré dans la version du Louvre. Cette tabatière sobre à rang de perles, semble être une production anglaise et laisse à penser que cette peinture a été réalisée pendant la période anglaise de l’artiste, au début de la décennie 1720 (voir fig. 1). Une des versions réalisées par Jean Raoux a été gravée par François de Poilly (1666-1741) ce qui a contribué à la popularité de ce « sujet de caprice » en particulier.

Si l'on ne sait pas qui a commandé notre version de la liseuse au XVIIIe siècle, elle se trouvait au milieu du XXe siècle dans la collection d'une actrice célèbre en son temps, Merle Oberon (1911-1979). Touchante figure de l'âge d'or hollywoodien, cette comédienne développa une carrière immense, portée des grands classiques du cinéma comme Les Hauts de Hurlevents (William Wyler, 1939) ou en donnant la réplique à Gary Cooper (1901-1961) et en passant devant la caméra de Jacques Tourneur (1904-1977), le tout, en dissimulant ses origines indiennes dans un Los Angeles fort peu enclin à intégrer autre chose que l'image stéréotypée d'une actrice blanche américaine.

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