PAIRE DE FLAMBEAUX D'ÉPOQUE LOUIS XV
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COLLECTION PARTICULIÈRE EUROPÉENNE
PAIRE DE FLAMBEAUX D'ÉPOQUE LOUIS XV

D'APRÈS UN DESSIN DE JUSTE-AURÈLE MEISSONNIER, VERS 1750

Details
PAIRE DE FLAMBEAUX D'ÉPOQUE LOUIS XV
D'APRÈS UN DESSIN DE JUSTE-AURÈLE MEISSONNIER, VERS 1750
En bronze ciselé et bronze doré, à décor rocaille de feuilles d'acanthe et orné d'une ruche, d'abeilles et de papillons, la base à décor de canaux, enroulements et feuilles d'acanthe ; les bobèches associées
H. 29,5 cm. (11 ¾ in.)
Provenance
Collection particulière européenne.
Further details
A PAIR OF LOUIS XV GILT BRONZE CANDLESTICKS, AFTER A MODEL BY JUSTE-AURÈLE MEISSONNIER, CIRCA 1750

THE DESIGN OF A GREAT ORNAMENTALIST

The magnificent Rococo flourishes of this pair of candlesticks, among which tiny bees and butterflies flutter, embody the poetic imagination of one of the greatest ornamental designers of the eighteenth century: Juste-Aurèle Meissonnier (1695–1750). More specifically, they evoke one of his designs, engraved by Gabriel Huquier and published in the Douzième Livre des œuvres de J. A. Meissonnier : Livre de chandeliers de sculpture en argent (1734–1735), now preserved at the Victoria and Albert Museum (inv. E.217-1967). Combining shells, floral bouquets and a butterfly comparable to that on our candlesticks, this design perfectly illustrates the pittoresque style popularised by Meissonnier during this period.

The ornamentalist produced three versions of the design to show the candlestick from different angles. It is thought to have served as the model for the pair of candlesticks from the collection of Mrs Charles Wrightsman, now at the Metropolitan Museum of Art in New York (inv. 1999.370.1a, b, .2a, b), where the precise movement of the original design can be recognised, along with the floral clusters and the small butterfly.

The same model appears to have been used for the pair of silver candelabra commissioned from Juste-Aurèle Meissonnier by the Duke of Kingston in 1733. The sole surviving candelabrum from this pair, preserved at the Musée des Arts Décoratifs in Paris (inv. 32632), was designed by Juste-Aurèle Meissonnier and cast and chased by Claude Duvivier. It displays the same asymmetrical spiral movement gracefully enveloping the stem, as well as the same moth drawn to the light. The Duke of Kingston’s coat of arms, encircled by the motto of the Order of the Garter and surmounted by a ducal coronet, appears to have been replaced on our candlesticks by a small beehive around which several bees are gathering nectar.

It is tempting to imagine that these bees refer to the candles once placed in the candlesticks. Beeswax candles, preferred to tallow for their more agreeable smell, were extremely expensive. At fashionable dinners in the mid-eighteenth century, the number of candles lit reflected the owner’s social standing. Guests regularly commented on the abundance of light at certain events, as did Philip Thicknesse in Useful Hints to those who make the tour of France (1768), describing a dinner table in 1767 illuminated by “more than sixty wax candles”. The bees might also evoke the Marquise de Pompadour, who is said to have kept beehives at one of her residences and who, in 1755, commissioned François Boucher to paint a series of four overdoor paintings for her Château de Crécy, one of which depicts Sylvie healing Philis after she has been stung by a bee.

Another pair of candlesticks after Juste-Aurèle Meissonnier, preserved at the Metropolitan Museum of Art in New York (inv. 1977.178.1, .2), bears a striking resemblance to ours. Although it features neither bees nor butterflies, the movement of the asymmetrical curves and counter-curves running up the stem from the base to the candle sockets is remarkably similar. The lower section is almost identical, with the same channels and twisted gadroons adorned with egg motifs and embellished with matching acanthus-leaf scrolls.
A floral girandole after Juste-Aurèle Meissonnier, now preserved at the Residenzmuseum in Munich (inv. B.III 10-14), also displays a comparable design.

THE CHASING OF A MASTER BRONZIER

Juste-Aurèle Meissonnier’s designs served as models for prestigious silver and bronze creations during the reign of Louis XV, including the Duke of Kingston’s candelabra and the candlesticks at the Metropolitan Museum, but also for more commonplace productions. The latter, featuring ordinary-quality chasing and simplified designs, are far more frequently encountered. Examples include pairs of candlesticks sold at Sotheby’s, Paris, on 19 November 2020, lot 67, and 14 September 2017, lot 56, as well as a pair of candelabra sold at Christie’s, New York, on 13 October 2026, lot 58. Such models continued to be reproduced into the nineteenth century, as illustrated by a pair in the Louis XV style sold at Drouot on 2 October 2026, lot 188.
Our pair stands apart from all these more commonplace examples for the exceptional quality of its casting and chasing. The fluidity of the Rococo scrolls and the delicacy of the woven wicker hives, as well as the finely rendered vibrations of the insects’ wings, can only be the result of extraordinary craftsmanship. One may consider the work of Jacques Caffieri (1678–1755), sculptor, founder and chaser to the King, possibly assisted by his son Philippe (1714–1774). The Caffieri family, descended from Italian sculptors, pursued a practice that stood at the crossroads of the decorative arts and sculpture. This chasing, worthy of the finest goldsmith’s work, combined with the astonishing profusion of beehives, bees and butterflies, unparalleled in known examples, establishes the extraordinary distinction of this pair of candlesticks: a joint achievement of a brilliant ornamental designer and an exceptional bronzier.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

LE DESSIN D’UN GRAND ORNEMANISTE

Les merveilleux tourbillonnements rocaille de cette paire de flambeaux, parmi lesquels virevoltent de petites abeilles et papillons, est à l’image de la fantaisie poétique d’un des plus grands ornemanistes du XVIIIe siècle : Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750). Ils évoquent plus précisément un de ses dessins, gravé par Gabriel Huquier et publié dans le Douzième Livre des œuvres de J. A. Meissonnier : Livre de chandeliers de sculpture en argent (1734-1735), aujourd’hui conservé au Victoria & Albert Museum (inv. E.217-1967). Ce modèle, associant coquilles, bouquets de fleurs et un papillon comparable au nôtre, est une parfaite illustration du style pittoresque popularisé par Meissonier durant cette période.

Décliné en trois versions par l’ornemaniste pour rendre compte des angles différents du flambeau, il s’agirait du modèle de la paire de flambeaux de la collection de Mrs. Charles Wrightsman conservée au Metropolitan Museum de New York (inv. 1999.370.1a, b, .2a, b), sur lequel il est possible de retrouver le mouvement exact du dessin, les concrétions fleuries, mais également le petit papillon.

Le même modèle semble avoir été utilisé pour la paire de candélabres en argent commandée par le duc de Kingston à Juste-Aurèle Meissonnier en 1733. Le seul candélabre de cette paire qui subsiste aujourd’hui, conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris (inv. 32632), dessiné par Juste-Aurèle Meissonnier et fondu et ciselé par Claude Duvivier, présente le même mouvement en spirale asymétrique enveloppant gracieusement le fût, ainsi que le même papillon de nuit attiré par la lumière. Les armes du duc de Kingston entourées de la devise de l’ordre de la Jarretière sous couronne ducale sur ce candélabre semblent avoir laissé place sur nos flambeaux à une petite ruche autour de laquelle butinent quelques abeilles.

Il est possible d’imaginer que ces abeilles faisaient référence aux bougies qui surmontaient ces flambeaux : les bougies en cire d’abeille, préférées au suif et à l’odeur plus agréable, étaient extrêmement coûteuses. Dans les dîners mondains du milieu du XVIIIe siècle, le nombre de bougies allumées était à l’image du statut du propriétaire ; certains invités commentent régulièrement l’abondance de lumières lors de certains évènements, comme Philip Thicknesse dans Useful Hints to those who male the tour of France (1768), qui décrit la table d’un dîner en 1767 « éclairée par plus de soixante bougies de cire ». Les abeilles peuvent également évoquer la marquise de Pompadour, qui aurait eu des ruches dans l’une de ses résidences, et qui commande en 1755 au peintre François Boucher un ensemble de quatre tableaux en dessus-de-porte pour son château de Crécy, dont l’un représente Sylvie guérissant Philis de la piqûre d’une abeille.

Une autre paire de flambeaux d’après Juste-Aurèle Meissonnier conservée au Metropolitan Museum de New York (inv. 1977.178.1, .2) partage avec les nôtre une ressemblance frappante. Si elle ne présente pas d’abeilles ni papillons, le mouvement des courbes et contre-courbes asymétriques qui traversent le fût, de la base jusqu’aux binets, est remarquablement proche. La partie basse est même quasiment identique : elle présente les mêmes canaux et godrons torses à oves, appliqués des mêmes enroulements de feuilles d’acanthe.

Une girandole à motifs floraux d’après Juste-Aurèle Meissonnier présente enfin un dessin comparable, aujourd’hui conservée au Residenzmuseum de Munich (inv. B.III 10-14).

LA CISELURE D'UN GRAND BRONZIER

Les dessins de Juste-Aurèle Meissonnier servirent de modèle pour de prestigieuses créations de d’argent et de bronze sous le règne de Louis XV, tels que les candélabres du duc de Kingston et les flambeaux du Metropolitan Museum, mais également pour des productions plus communes. Celles-ci, à la ciselure ordinaire et au dessin simplifié, sont beaucoup plus courantes : parmi elles figurent une paire de flambeaux vendue chez Sotheby’s à Paris le 19 novembre 2020, lot 67, et le 14 septembre 2017, lot 56, ainsi qu’une paire de candélabres vendue chez Christie’s à New York le 13 octobre 2026, lot 58. Ces modèles continuent à être reproduits jusqu’au XIXe siècle, comme une paire de style Louis XV vendue à Drouot le 2 octobre 2026, lot 188.

Notre paire se distingue de toutes ces productions ordinaires par une qualité de fonte et une ciselure hors du commun. La fluidité des enroulements rocaille et la finesse de l’osier tressé des ruches ou des vibrations des ailes des insectes ne peuvent être que le fruit d’un savoir-faire exceptionnel. Il est possible de penser au sculpteur, fondeur et ciseleur du Roi Jacques Caffieri (1678-1755), probablement avec l’assistance de son fils Philippe (1714-1774), issus d’une famille de sculpteurs italiens qui inscrit leur pratique à mi-chemin entre les arts décoratifs et la sculpture. Cette ciselure digne de l’orfèvrerie, alliée à cette étonnante profusion de ruches, d’abeilles et de papillons sans équivalent connu, consacre la fabuleuse singularité de cette paire de flambeaux, œuvre conjuguée d’un brillant ornemaniste et d’un bronzier exceptionnel.

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