BUREAU PLAT D'ÉPOQUE LOUIS XV
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COLLECTION ARTHUR-GEORGES VEIL-PICARD
BUREAU PLAT D'ÉPOQUE LOUIS XV

ATTRIBUÉ À PIERRE IV MIGEON, VERS 1745

Details
BUREAU PLAT D'ÉPOQUE LOUIS XV
ATTRIBUÉ À PIERRE IV MIGEON, VERS 1745
En placage de bois de rose, d'amarante, de satiné et d'ébène, ornementation de bronze ciselé, doré et marqué au 'C' couronné, , la ceinture ouvrant à trois tiroirs, les pieds légèrement galbés à cécor de chutes de feuillages, le plateau gainé de cuir brun, l'astragale gravée à décor de scènes de chasse
H. 79 cm. (31 ¼ in.) ; L. 178 cm (70 in.) ; P. 87 cm. (34 ¼ in.)
Le poinçon au 'C' couronné fut apposé entre mars 1745 et février 1749.
Provenance
Arthur-Georges Veil-Picard (1854-1944), Paris ;
Confisqué à son propriétaire par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) et transféré au Jeu de Paume (inv. WP 2008) ;
Retrouvé par la section Monuments, Fine Arts and Archives (MFAA) et restitué à la France le 17 octobre 1945 ;
Restitué par la Commission de Récupération Artistique (CRA) à la famille Veil-Picard le 16 avril 1946 ;
Puis par descendance.
Further details
A LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED KINGWOOD, AMARANTH, SATINWOOD AND EBONY WRITING DESK, ATTRIBUTED TO PIERRE IV MIGEON, CIRCA 1745

With its majestic proportions, inventive gilt-bronze mounts and virtuoso marquetry, combining framed panels, intricate symmetrical patterns and delicate satin-finished bronze contours, this impressive writing table is undoubtedly the work of a distinguished cabinetmaker, created for a prestigious commission. It immediately evokes the work and craftsmanship of Pierre IV Migeon, heir to a dynasty of talented cabinetmakers established in the Faubourg Saint-Antoine since the reign of Louis XIV. Received as a master in 1729, he inherited the family workshop’s distinguished clientele and executed commissions for the Duchesse de Bourbon, the Duc d’Orléans, the Duchesse de Rohan and the Menus-Plaisirs, as well as for the Garde-Meuble de la Couronne, on behalf of the Dauphin, the Dauphine, Mesdames Adélaïde, Louise, Victoire and Sophie, and Madame de Pompadour.

The present writing table may be attributed to Migeon on the strength of its virtuoso marquetry and inventive gilt-bronze mounts. Its marquetry recalls that of a comparable writing table stamped by the master, sold at the Hôtel des Ventes de Neuilly on 6 December 1988, lot 81. That example features a similar interplay of veneers laid in opposing grain directions, contrasting borders of kingwood and violetwood, and delicate boxwood stringing, recalling the elegant outlines framing the gilt-bronze mounts of our table. This originality of marquetry composition, combining intricate veneer patterns, opposing grain directions and symmetry, is also found on another writing table stamped by Migeon, sold at Christie’s, London, on 4 December 1980, lot 145. Its façade features delicate stringing whose tone and grain subtly stand out against the drawer veneers. The asymmetrical gilt-bronze handles and corner mounts of this table are also strikingly echoed on ours.

The so-called Bureau de Vergennes, stamped by the master and preserved at the Louvre (OA 6600), features diamond-point marquetry with equally remarkable symmetrical arrangements and optical effects. The extravagance and inventiveness of its gilt-bronze mounts, and the commanding presence they lend to the piece, further support the attribution of our table. Far removed from standardised workshop mounts, the gilt bronzes on both tables were custom-made and are showcased to magnificent effect against the veneer. Similarly, the gilt-bronze mounts on the uprights of our table, comparable to those on the aforementioned example sold at Christie’s on 4 December 1980, find an even closer parallel on a commode stamped by Migeon and preserved at the Musée Vouland in Avignon.

The hunting scenes engraved on the brass edging of the writing surface lend the piece further originality and elegance. Such decoration is particularly rare and was almost certainly executed to order for the patron, as was the writing table itself.
This majestic writing table is therefore undoubtedly the ingenious creation of a highly accomplished cabinetmaker, most probably Pierre IV Migeon, whose talent helps explain the remarkable social ascent of this dynasty of cabinetmakers. The family’s extraordinary legacy endured until the early twentieth century, culminating in its last descendant, Gustave-Achille Migeon (1861–1930), the celebrated curator of the Louvre’s Department of Decorative Arts.

Reflecting the prestige of its original commission, this writing table belonged during the first half of the twentieth century to the celebrated industrialist and banker Arthur-Georges Veil-Picard (1854–1944), one of the greatest collectors of his time. Described by the dealer René Gimpel in 1918 as “the foremost collector in Paris”, he assembled, largely as a self-taught connoisseur over nearly four decades, an exceptional collection of eighteenth-century French paintings and drawings, including works by Fragonard, Watteau, Hubert Robert and Vigée Le Brun. His private mansion at 63 rue de Courcelles, in the Plaine Monceau district of Paris, also housed a remarkable ensemble of furniture, boiseries and chandeliers, dispersed in a landmark sale in 1970 before the demolition of the residence. The collection of paintings and drawings, which remained in the family, was offered in a dedicated sale at Christie’s, Paris, on 25 March 2026, achieving a total of more than €9.4 million and once again affirming the distinctive nature of his taste and the importance of the collection.

Confiscated from its owner during the Second World War, the writing table was recovered at the end of the conflict by the Monuments, Fine Arts and Archives section (MFAA). It was returned to France on 17 October 1945 and subsequently restituted to the Veil-Picard family by the Commission de Récupération Artistique (CRA) on 16 April 1946. It has remained in the family ever since.

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Par sa taille majestueuse, l’inventivité de ses bronzes et sa marqueterie virtuose, entre encadrements, jeux de symétries et ses délicats contours de bronzes en satiné, ce bureau plat est sans conteste l’oeuvre d’un grand ébéniste pour une commande prestigieuse. Il évoque immédiatement l’oeuvre et le savoir faire de Pierre IV Migeon, héritier d’une dynastie de talentueux ébénistes établis au Faubourg-Saint Antoine depuis le règne de Louis XIV. Reçu maître en 1729, il hérite de la riche clientèle de l’atelier familial et exécute notamment des commandes pour la duchesse de Bourbon, le duc d’Orléans, la duchesse de Rohan et les Menus-Plaisirs, mais aussi pour le Garde-meuble de la couronne, au nom du Dauphin, de la Dauphine, de Mesdames Adélaïde, Louise, Victoire, Sophie et Madame de Pompadour.
Ce bureau plat est attribuable à Migeon par la virtuosité de sa marqueterie et l’inventivité de ses bronzes. Sa marqueterie évoque celle d’un bureau comparable estampillé du maître, vendu à l’hôtel des ventes de Neuilly le 6 décembre 1988, lot 81, qui arbore un même jeu de placages à fils contrariés, des encadrements à contrastes similaires entre bois de rose et bois de violette, mais aussi de délicats filets de buis, qui rappellent ceux qui contournent élégamment les bronzes de notre bureau.Cette originalité des compositions marquetées, entre frisages, fils contrariés et symétries se retrouve sur un autre bureau plat estampillé Migeon, vendu chez Christie’s à Londres le 4 décembre 1980, lot 145, qui présente sur sa façade de délicats filets dont la tonalité et le veinage se détache subtilement du placage des tiroirs. L’asymétrie des poignées de bronze ainsi que les chutes d’angles de ce bureau se retrouvent par ailleurs sur le nôtre de manière surprenante.

Le bureau dit « de Vergennes », estampillé du maître et conservé au Louvre (OA 6600), arbore une marqueterie à décor en points de diamants aux jeux de symétrie et effets optiques tout aussi fabuleux. L’extravagance, l’inventivité et la manière dont les bronzes s’imposent sur ce bureau contribue également à l’attribution du nôtre. Loin des bronzes d’atelier produits de manière standardisée, les montures de ces deux bureaux ont été réalisées sur mesure et sont admirablement mises en exergue par le placage.
De même, les bronzes des montants de notre bureau, similaires à ceux du bureau précité vendu chez Christie’s le 4 décembre 1980, se retrouvent de manière encore plus frappante sur une commode estampillé Migeon et conservée au Musée Vouland d’Avignon.

Par ailleurs, les scènes de chasse gravées sur la lingotière lui apportent encore davantage d’originalité et d’élégance. Ces types de décors sont particulièrement rares et ont certainement été réalisés sur mesure pour le commanditaire, comme la création de ce bureau plat dans son ensemble.

Ce majestueux bureau plat est donc sans conteste l’ingénieuse création d’un ébéniste de talent ; probablement celui de Pierre IV Migeon, expliquant l’ascension sociale spectaculaire que connut cette dynastie d’ébénistes. Cette fabuleuse destinée se prolongea jusqu’au début du XXe siècle, jusqu’à son ultime descendant, Gustave-Achille Migeon (1861-1930), célèbre conservateur du département des objets d’art du musée du Louvre.

A l'image du prestige de sa commande originelle, ce bureau plat a appartenu dans la première moitié du XXe siècle au célèbre industriel et banquier Arthur Georges Veil-Picard (1854-1944), l’un des plus grands collectionneurs de son temps. Qualifié en 1918 par le marchand René Gimpel de « premier amateur de Paris », il constitua en autodidacte, au fil de près de quarante années, une collection exceptionnelle de peintures et de dessins français du XVIIIe siècle, réunissant notamment des œuvres de Fragonard, Watteau, Hubert Robert et Vigée Le Brun. Son hôtel particulier du 63, rue de Courcelles, dans la plaine Monceau, abritait également un remarquable ensemble de mobilier, de boiseries et de lustres, dispersé lors d’une vente historique en 1970, avant la destruction de la demeure. La collection de peintures et de dessins, demeurée dans la famille, a fait l’objet d’une vente dédiée chez Christie’s à Paris le 25 mars 2026, qui a totalisé plus de 9,4 millions d’euros, consacrant une nouvelle fois la singularité de son goût et l’importance de cet ensemble. Consiqué à son propriétaire durant la seconde guerre mondiale, il a été retrouvé à l'issue du conflit par la section Monuments, Fine Arts and Archives (MFAA), restitué à la France le 17 octobre 1945 puis restitué à la famille Veil-Picard le 16 avril 1946 par la Commission de Récupération Artistique (CRA), et est demeuré dans la famille depuis.

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