FONTAINE DE TABLE D'EPOQUE LOUIS XV
FONTAINE DE TABLE D'EPOQUE LOUIS XV
FONTAINE DE TABLE D'EPOQUE LOUIS XV
6 More
FONTAINE DE TABLE D'EPOQUE LOUIS XV
9 More
COLLECTION PRIVÉE
FONTAINE DE TABLE D'EPOQUE LOUIS XV

LE VASE EN CÉLADON DE LA PÉRIODE QIANLONG (1736-1795), LES PERROQUETS EN PORCELAINE DE VINCENNES, MILIEU DU XVIIIE SIÈCLE

Details
FONTAINE DE TABLE D'EPOQUE LOUIS XV
LE VASE EN CÉLADON DE LA PÉRIODE QIANLONG (1736-1795), LES PERROQUETS EN PORCELAINE DE VINCENNES, MILIEU DU XVIIIE SIÈCLE
Le réservoir à décor surdécoré polychrome de la famille rose figurant fleurs, arbres et papillons, le robinet en forme de fruit, le couvercle en porcelaine céladon sommé d’un bouquet floral en relief, à bord chantourné orné de motifs rocaille, flanqué de deux perroquets en porcelaine polychrome perchés sur des souches fleuries ; la monture ajourée en bronze ciselé et doré à décor de volutes, feuillages d’acanthe et motifs rocaille, la base centrée d’une cascade d’eau jaillissante et d’une coquille asymétrique.
H. 37 cm. (14 ½ in.) ; L. 27 cm. (10 ½ in.) ; P. 16,5 cm. (6 ½ in.)
Provenance
Vente Christie's Londres, 7 juillet 2022, lot 41.
Literature
Bibliographie comparative :
D. Lunsingh Scheurleer, Chinesisches und japanisches Porzellan in europäischen Fassures, 1980, fig. 167, p. 256.
Further details
A LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED CHINESE AND VINCENNES PORCELAIN TABLE FOUNTAIN
THE ORMOLU AND PARROTS MID-18TH CENTURY, THE CELADON VASE QIANLONG PERIOD (1736-1795)


This rare table-fountain comprising a Chinese vase and two birds, produced by the Vincennes manufactory, richly embellished with ormolu mounts illustrates the marchand-mercier's involvement in design through creative assembly.

Thomas-Joachim Hébert (1687-1773), the celebrated marchand-mercier active in Paris during the first half of the 18th century, had two table-fountains in stock when his expanding business was inventoried in 1724; one, composed of a cylindrical red and green coloured Chinese porcelain vase mounted in gilt-bronze, was valued at 120 livres; the other was a slightly smaller version of Japanese porcelain mounted in silver.

However, the fashion for transforming exotic and expensive Chinese and European porcelain into true 'objets de luxe' reached its zenith a few decades later, in the mid-18th century through the activities of the marchand-mercier Lazare Duvaux (b. circa 1703- 1758), who probably supplied the present object. His livre-journal covering the years 1748-1758 lists several similar fountains, including a closely related example delivered to on the 29th of December 1750 to M. de Roissy:

699- Une fontaine bleue avec des oiseaux de Vincennes, garnie en bronze doré d’or moulu, 216 livres.

This fountain probably also incorporated similar bullfinch birds in Vincennes soft-paste porcelain. These birds were modelled by the newly established Vincennes manufactory, which opened in 1740, after a model by the powerful Meissen Manufactory; two birds by Vincennes of this rare design, dated circa 1749-50, are now in the Metropolitan Museum (acc. Num. 54.147.30).

A closely related fountain, with identical mounts and similar Vincennes birds, was sold at Sotheby’s London 17 May 1968 , lot 33 and is illustrated in D. Lunsingh Scheurleer, Chinesisches und japanisches Porzellan in europäischen Fassungen, 1980, fig. 167 p. 256.
Another fountain incorporating a celadon vase and Vincennes or Meissen birds was sold at Christie’s, New York, 23 April 1998, lot 116.

Table-fountains were originally conceived to dispense perfumed water, wine, coffee or tea. The present vase, surrounded by a lavish porcelain flowers, a playful allusion to the natural scent of flowers, would have had immense appeal to Parisian high-society's fascination with such novel imitations of nature.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Cette remarquable fontaine de table, constituée d’un vase chinois associé à deux oiseaux de la manufacture de Vincennes et enrichie d’une somptueuse monture en bronze doré, témoigne avec éloquence du rôle fondamental joué par les marchands-merciers dans la création d’objets hybrides au XVIIIe siècle. Par le biais d’assemblages savants mêlant porcelaines d’origines diverses, bronzes ciselés et éléments décoratifs de grand raffinement, ces intermédiaires contribuèrent activement au renouvellement du goût et à l’émergence d’œuvres originales destinées à une clientèle aristocratique particulièrement exigeante.

Le marchand-mercier Thomas-Joachim Hébert (1687-1773), figure majeure du commerce parisien de luxe durant la première moitié du XVIIIe siècle, possédait déjà deux fontaines de table dans son fonds lors de l’inventaire de son commerce dressé en 1724. L’une d’elles, composée d’un vase cylindrique en porcelaine chinoise émaillée rouge et verte, monté en bronze doré, était estimée à 120 livres ; l’autre, de dimensions plus modestes, associait de la porcelaine japonaise à une monture d’argent. Ces mentions précoces témoignent de l’intérêt croissant porté à ce type d’objet, à la croisée des arts décoratifs européens et des productions orientales.

Toutefois, c’est au milieu du XVIIIe siècle que la transformation de porcelaines orientales et européennes en véritables objets de luxe connut son plein développement. Ce phénomène est étroitement lié à l’activité de Lazare Duvaux (vers 1703-1758), sans doute le fournisseur de la présente fontaine. Son célèbre Livre-journal, couvrant les années 1748 à 1758, mentionne plusieurs œuvres comparables, parmi lesquelles une fontaine particulièrement proche livrée à M. de Roissy le 29 décembre 1750 : « 699 – Une fontaine bleue avec des oiseaux de Vincennes, garnie en bronze doré d’or moulu, 216 livres. »

Cette référence suggère que l’exemplaire décrit incorporait lui aussi des oiseaux en porcelaine tendre de Vincennes, probablement des bouvreuils. Ces modèles furent réalisés par la manufacture de Vincennes, fondée en 1740, d’après des prototypes issus de la célèbre manufacture de Meissen, illustrant ainsi les échanges artistiques et les phénomènes d’émulation entre les principaux centres européens de production porcelainière. Deux oiseaux de Vincennes de ce modèle rare, datés vers 1749-1750, sont aujourd’hui conservés au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 54.147.30).

La rareté de ce type de composition est confirmée par plusieurs comparaisons. Une fontaine très proche, présentant des montures identiques et des oiseaux comparables de Vincennes, fut vendue chez Sotheby’s à Londres le 17 mai 1968 (lot 33) et reproduite par D. Lunsingh Scheurleer dans Chinesisches und japanisches Porzellan in europäischen Fassungen (1980, fig. 167, p. 256). Un autre exemplaire, associant un vase céladon à des oiseaux de Vincennes ou de Meissen, fut présenté chez Christie’s à New York le 23 avril 1998 (lot 116).

À l’origine destinées à distribuer de l’eau parfumée, du vin, du café ou du thé, les fontaines de table participaient pleinement à l’art du paraître et à la culture de sociabilité qui caractérisaient les élites européennes du XVIIIe siècle. Dans le présent exemple, l’abondant décor de fleurs en porcelaine entourant le vase établit un dialogue subtil entre fonction et ornement, évoquant avec raffinement les fragrances naturelles auxquelles l’objet était associé. Cette célébration virtuose de la nature artificiellement recréée explique sans doute l’attrait considérable qu’exercèrent de telles œuvres auprès de la haute société parisienne de l’époque.

More from The Exceptional Sale

View All
View All