UN CADEAU DE L'EMPIRE
FONTAINE À EAU CHAUDE EN ARGENT D'ÉPOQUE RESTAURATION
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FONTAINE À EAU CHAUDE EN ARGENT D'ÉPOQUE RESTAURATION
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COLLECTION PRIVÉE
UN CADEAU DE L'EMPIREFONTAINE À EAU CHAUDE EN ARGENT D'ÉPOQUE RESTAURATION

PAR MARTIN-GUILLAUME BIENNAIS, PARIS, 1819-1821

细节
UN CADEAU DE L'EMPIRE
FONTAINE À EAU CHAUDE EN ARGENT D'ÉPOQUE RESTAURATION
PAR MARTIN-GUILLAUME BIENNAIS, PARIS, 1819-1821
Sur socle carré reposant sur quatre pieds-griffes agrémentés de terminaux en sphinx, les côtés unis appliqués de masques de Méduse dans des couronnes de laurier et reliés par des guirlandes fleuries, l’ombilic ciselé de feuilles d’acanthe et de palmettes, reprises sur le calice amovible de la panse, le corps uni de forme ovoïde ceinturé d’une frise de feuilles de vigne et de grappes de raisin et orné, d’un côté, d’une Amphitrite allongée sur un cheval marin et, de l’autre, de deux tritons, les anses émergeant de masques de Bacchus, le robinet en forme de tête de canard agrémenté d’un cabochon facetté en verre bleu nuit enchâssé dans une couronne de laurier, le couvercle surmonté d’une prise figurant un chérubin tenant une grappe de raisin, l’intérieur avec une cheminée et, dans la base, trois brûleurs; poinçons de garantie, de titre, d’orfèvre et de la corporation des orfèvres ; estampillé Biennais
H. 60 cm. (23 ½ in.)
Poids brut: 7,728 gr. (248 oz. 9 dwt.)
来源
Pierre-Antoine Noël Bruno, premier comte Daru (1767-1829) puis par descendance dans la famille.
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A FRENCH RESTAURATION SILVER HOT WATER URN, MARK OF MARTIN-GUILLAUME BIENNAIS, PARIS, 1819-182

According to family tradition, this hot-water urn was presented to the Comte Daru as a reward for his unwavering loyalty to the Emperor. No one was better suited to execute such a gift than Martin-Guillaume Biennais, the official goldsmith of Napoleon I.

CLOSE TO THE EMPEROR

Pierre-Antoine Noël Bruno Daru, 1st Comte Daru (1767-1829), was one of the leading administrative figures of the First French Empire. Born in Montpellier, he entered military administration at a young age and distinguished himself through his remarkable organisational abilities, which earned him the complete confidence of Napoleon I.
Successively appointed Intendant General of the Grande Armée, Minister-Secretary of State, and Minister of War Administration, he played a crucial role in the management, financing, and provisioning of the Imperial armies.
Created a Count of the Empire, Daru was also an accomplished man of letters. Elected to the Académie française in 1806, he published several important historical works, including Histoire de la République de Venise and Histoire de Bretagne. His intelligence, integrity, and exceptional capacity for work won the lasting admiration of Napoleon, who famously remarked that he “combined the labour of an ox with the courage of a lion.”

Comte Daru remained one of the Emperor’s closest collaborators until the fall of the First Empire in 1814. Then serving as Minister of War Administration, he resigned following Napoleon’s first abdication on 6 April 1814. During the Hundred Days in 1815, he again rallied to the Emperor and returned to office. After the defeat at Waterloo and Napoleon’s second abdication in June 1815, his career in Imperial service came definitively to an end.

BIENNAIS: GOLDSMITH TO THE EMPIRE

Martin-Guillaume Biennais (1764-1843) was born in Alençon on 27 April 1764. Having settled in Paris in 1788, he opened a small business on the Rue Saint-Honoré specialising in luxury turned-wood objects and accessories. It was during this period that he became acquainted with General Bonaparte, then First Consul, to whom he extended credit for his earliest purchases.
Taking advantage of the abolition of the guild system following the Revolution, Biennais registered his goldsmith’s mark around 1801-1802 and quickly became “Goldsmith to the First Consul.” His career soon flourished, and his workshop eventually employed as many as two hundred craftsmen.
As Napoleon rose to power, so too did Biennais, who became one of the Emperor’s principal suppliers, serving not only Napoleon himself but also members of the Bonaparte family and the leading dignitaries of the Empire. He executed numerous commissions for the Imperial residences, senior officials of the regime, and diplomatic gifts, producing table services, surtout de table, ewers, travelling necessaires, swords of honour, and ceremonial insignia.
Under the Restoration, Biennais lost his privileged position because of his close association with the Imperial regime. Nevertheless, he continued to work for both French and international clients before selling his business to Cahier in 1821.

DESIGNING THE EMPIRE: FROM PERCIER TO BIENNAIS

Biennais played a decisive role in defining the Empire style. His creations are distinguished by their exceptional craftsmanship and by an ornamental vocabulary largely inspired by Greco-Roman antiquity, incorporating palmettes, sphinxes, swans, lion masks, mascarons, and allegorical figures. He frequently collaborated with leading artists and designers, notably Charles Percier and Pierre-François-Léonard Fontaine.

The design of the present urn may be compared with a project for a fountain by Charles Percier preserved at the Musée des Arts décoratifs in Paris (inv. CD 3191 and CD 3185). Architect, decorator, and draftsman, Percier was, together with Fontaine, one of the principal creators of the Empire style. Trained in Rome after winning the Prix de Rome in 1786, he developed an ornamental repertoire inspired by antiquity that exerted a profound influence on both architecture and the decorative arts during the reign of Napoleon I.

Percier and Fontaine collaborated with Biennais on numerous projects, including several fountains closely comparable to the present example. Among them is the fountain made for the service commissioned by Napoleon I and Empress Marie-Louise between 1809 and 1811, now preserved in the Musée du Louvre (OA 9537.1). It already displays several features characteristic of the present urn: the ovoid form, the applied and chased relief ornament, the foliate lower body, the sphinx-supported base, and the figure of Amphitrite occupying the centre of the composition.

The closest comparison, however, remains the fountain from the tea and coffee service supplied by Biennais to Emperor Nicholas I of Russia in 1817. There, the goldsmith adopted an even more restrained silhouette while retaining richly chased applied ornament, notably the mask-form handle mounts and the tap finial. Just as the mother-of-pearl cabochon on that example introduces a subtle touch of colour, the blue glass cabochon adorning the present urn discreetly enlivens the disciplined elegance of its Neoclassical design.

荣誉呈献

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

拍品专文

Cette fontaine à eau chaude est, selon la tradition familiale, un cadeau reçu par le comte Daru en souvenir de sa fidélité à l'Empereur. Qui mieux que l'orfèvre attitré de Napoléon Ier, Martin-Guillaume Biennais, pour la réaliser.

PROCHE DE L'EMPEREUR

Pierre-Antoine Noël Bruno, premier comte Daru (1767-1829) fut l'une des grandes figures administratives du Premier Empire. Né à Montpellier, il entra très jeune dans l'administration militaire et se distingua par ses remarquables talents d'organisateur, qui lui valurent la confiance entière de Napoléon Ier.
Successivement intendant général de la Grande Armée, ministre-secrétaire d'État puis ministre de l'Administration de la Guerre, il joua un rôle essentiel dans la gestion, le financement et le ravitaillement des armées impériales.
Créé comte de l'Empire, Daru fut également un homme de lettres accompli. Élu à l'Académie française en 1806, il publia plusieurs ouvrages historiques de premier plan, parmi lesquels L'Histoire de la République de Venise et L'Histoire de Bretagne. Son intelligence, son intégrité et son exceptionnelle capacité de travail lui valurent l'admiration durable de Napoléon, qui affirmait qu'il « joignait le travail du bœuf au courage du lion ».

Le comte Daru demeura l'un des plus proches collaborateurs de l'Empereur jusqu'à la chute du Premier Empire en 1814. Alors ministre de l'Administration de la Guerre, il quitta ses fonctions à la suite de la première abdication de Napoléon, le 6 avril 1814. Lors des Cent-Jours, en 1815, il rallia à nouveau l'Empereur et reprit du service. Après la défaite de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon en juin 1815, sa carrière au service de l'Empire prit définitivement fin.

BIENNAIS : ORFÈVRE DE L'EMPIRE

Martin-Guillaume Biennais (1764-1843) est né à Alençon le 27 avril 1764. Installé à Paris en 1788, il ouvrit rue Saint-Honoré un commerce de tabletterie. C'est à cette époque qu'il fit la connaissance du général Bonaparte, alors Premier consul, auquel il accorda crédit pour ses premiers achats.
Profitant de la disparition des corporations à la suite de la Révolution, Biennais fit insculper son poinçon d'orfèvre vers 1801-1802 et devint rapidement « orfèvre du Premier consul ». Sa carrière connut alors un essor considérable et son atelier employa jusqu'à près de deux cents ouvriers.
Avec l'ascension de Napoléon suivit celle de Biennais, qui devint l'un des principaux fournisseurs de l'Empereur, mais aussi de la famille Bonaparte et des grands dignitaires de l'Empire. Il exécuta de nombreuses commandes destinées aux résidences impériales, aux hauts fonctionnaires du régime et aux cadeaux diplomatiques, fournissant notamment des services de table, surtouts, aiguières, nécessaires de voyage, épées d'honneur et insignes de cérémonie.
Sous la Restauration, il perdit sa position privilégiée en raison de son étroite association avec le régime impérial, mais continua à travailler pour une clientèle française et étrangère avant de céder son fonds à Cahier en 1821.

DESSINER L'EMPIRE : DE PERCIER À BIENNAIS

Biennais joua un rôle déterminant dans la définition du style Empire. Ses créations se distinguent par une qualité d'exécution exceptionnelle et par un vocabulaire ornemental largement inspiré de l'Antiquité gréco-romaine, associant palmettes, sphinges, cygnes, têtes de lion, mascarons et figures allégoriques. Il collabora fréquemment avec des artistes et dessinateurs de premier plan, notamment Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine.

Le dessin de la présente fontaine peut être rapproché d'un projet de fontaine de Charles Percier conservé au Musée des Arts décoratifs, à Paris (inv. CD 3191 et CD 3185). Architecte, décorateur et dessinateur, Percier fut, avec Fontaine, l'un des principaux créateurs du style Empire. Formé à Rome après avoir remporté le Prix de Rome en 1786, il développa un répertoire ornemental inspiré de l'Antiquité qui exerça une influence considérable sur l'architecture et les arts décoratifs du règne de Napoléon Ier.

Percier et Fontaine collaborèrent avec Biennais sur de nombreux projets, dont plusieurs fontaines comparables à la présente. Parmi celles-ci figure notamment la fontaine réalisée pour le service de Napoléon Ier et de l'impératrice Marie-Louise, exécuté entre 1809 et 1811 et aujourd'hui conservé au Musée du Louvre (OA 9537.1). On y retrouve déjà certains éléments caractéristiques de notre fontaine : la forme ovoïde, le décor appliqué et ciselé en relief, le culot feuillagé de la panse, le piétement à sphinx ainsi que la figure d'Amphitrite occupant le centre de la composition.

La comparaison la plus pertinente demeure cependant la fontaine du service à thé et à café livrée par Biennais à l'empereur Nicolas Ier de Russie en 1817. L'orfèvre y adopte une silhouette encore plus épurée, tout en conservant des éléments appliqués et ciselés en relief, notamment les attaches des anses en forme de masques et le bouton du robinet. Comme le cabochon de nacre ornant cette dernière, le cabochon de verre bleu de la présente fontaine introduit une note colorée qui anime discrètement la rigueur du dessin néoclassique.

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