81 ASSIETTES EN PORCELAINE
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COLLECTION AMIRAL FEDERICO CARLO GRAVINA
81 ASSIETTES EN PORCELAINE

PARIS, VERS 1800, PRINCIAPLEMENT MANUFACTURE DE NAST

Details
81 ASSIETTES EN PORCELAINE
PARIS, VERS 1800, PRINCIAPLEMENT MANUFACTURE DE NAST
à décors polychrome et or variés de scènes mytholigiques, figures antiques, animaux, fleurs, camées, chinoiseries, motifs géométriques, comprenant 66 assiettes de la manufacture de Nast (dont 45 marquées), 11 de la manufacture de Benard rue du faubourg Saint-Denis, 1 de la manufacture de Dilh et Guérhard et 3 autres assiettes
D. 22 à 24,5 cm (8 5⁄8 to 9 5⁄8 in.)
Provenance
Selon une tradition familiale, offert par Bonaparte ou Napoléon à l’amiral Federico Carlo Gravina (1756–1806) ;
Puis famille Pignatelli.
Literature
Bibliographie comparative :
L.M. Prudhomme, Miroir historique, politique et critique de l’ancien et du nouveau Paris, Paris, 1807.
R. de Plinval de Guillebon, Porcelaine de Paris 1770–1850, Fribourg, Office du Livre, 1972, pp. 258–262.
R. de Plinval de Guillebon, La porcelaine à Paris sous le Consulat et l’Empire. Fabrication, commerce, étude topographique des immeubles ayant abrité des manufactures de porcelaine, Genève, Droz ; Paris, Arts et métiers graphiques, 1985 (Bibliothèque de la Société française d’archéologie, 18), pp. 69–72, fig. 36 (plaque d’échantillons) et marques 79 à 84.
R. de Plinval de Guillebon, Faïence et porcelaine de Paris, XVIIIe–XIXe siècles, Dijon, Faton, 1995, pp. 390–392 et 394, fig. 381 (service Madison) et fig. 385 (plaque d’échantillons).
Further details
81 PORCELAIN PLATES, PARIS, CIRCA 1800, MOSTLY FROM THE NAST MANUFACTORY


THE NAST MANUFACTORY

Founded under the Ancien Régime, the Nast manufactory was among the Parisian porcelain factories that survived the Revolution and flourished anew under the Consulate and the Empire. Born in Styria in 1754, Jean-Népomucène Hermann Nast arrived in Paris around 1782 after having worked at the Vincennes manufactory. In 1783, he took over the small porcelain factory established in 1780 by Lemaire in the rue Popincourt and, prior to his marriage in 1789, moved operations to the rue des Amandiers-Popincourt, where the manufactory remained until its definitive closure in 1835.

By 1798, only fifteen years after its establishment, the manufactory was already regarded as one of the most important in Paris. At the Exposition des produits de l’industrie of 1806, a silver medal was awarded for busts of the Emperor and Empress together with two vases standing 1.50 metres high and decorated with bas-reliefs; the jury considered the establishment the most important in the capital. In 1807, records of the Prefecture of Police list eighty-three workers and an annual production valued at 200,000 francs. Nast surrounded himself with leading collaborators, including the sculptors Pajou and Boizot, the painter Schilt, and the chemists Cadet de Vaux and Vauquelin, the latter directing the laboratory until 1828. The whiteness of the porcelain body, the richness of its colours, and the quality of its gilding established the manufactory’s reputation. This pursuit of technical perfection culminated in two patents granted in 1810: one for a mechanical process for producing relief borders (décor à la molette), and another for a special porcelain body intended for these borders as well as relief medallions and figures. Pieces produced by these methods generally bear the mark “Nast par brevet d’invention.”

The account published by Prudhomme in his Miroir historique of 1807 illustrates the breadth of this production: “one finds in his immense warehouses every sort of ware, biscuits, clocks, vases, plates, tureens, etc., at moderate prices and at the very highest prices.” He distinguished three showrooms: “the first for plain porcelain without ornament, at very moderate prices; the second for gilded porcelain; and the third for gilded porcelain adorned with magnificent paintings and sculpture.” According to the same source, plates sold for between 2 and 500 francs each. Such a range reflects both the diversity of wares offered and the value that could be attained by the work of painters and gilders.
Nast’s clientele extended well beyond France. A service was supplied in 1806 to James Madison, President of the United States, while Ferdinand VII of Spain commissioned another in 1816, decorated with sculpted forms enriched with matte gilding and a purple ground, on the occasion of his marriage to Isabella of Braganza.


A REPERTORY OF PARISIAN PORCELAIN

The particular significance of this ensemble lies in the gathering of eighty-one plates, no two of which bear exactly the same decoration. Narrative scenes, landscapes, portraits, and floral bouquets appear alongside antique-inspired figures, animals, the signs of the zodiac, and purely ornamental compositions featuring mosaics, scrollwork, chequer patterns, palmettes, and arcades, set against white, coloured, or entirely gilded grounds.
The inventories drawn up following the deaths of Madame Nast in 1811 and Jean-Népomucène Nast in 1817, studied by Régine de Plinval de Guillebon, allow several of these decorations to be identified using the manufactory’s own terminology. Alongside floral and landscape motifs appear “matte jonquils,” “matte green grounds on matte gold,” “yellow or matte green grounds with figures,” “hay garlands,” “mosaics,” “herringbone patterns,” “black-and-gold decorations,” and, as early as 1811, “Gothic arcades.” The manufactory archives also mention “figures and animals in gold and matte gold” and “the twelve signs of the zodiac in gold,” all of which correspond precisely to motifs found on several plates in the present group.
A further point of comparison is provided by the sample plaque preserved in the Musée national Adrien-Dubouché in Limoges. Unmarked, dating from the beginning of the 19th century, and donated to the museum by the Nast family, it brings together thirty-six border patterns, several of which reappear on the rims of the present plates.
Without necessarily suggesting that these plates originally functioned as commercial samples, this comparison invites us to view them as a true pattern book, illustrating the extraordinary decorative repertory developed by one of the foremost Parisian porcelain manufactories of the Empire period.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

LA MANUFACTURE DE NAST

Fondée sous l’Ancien Régime, la manufacture de Nast compte parmi les établissements parisiens qui traversent la Révolution et connaissent un nouvel essor sous le Consulat et l’Empire. Né en Styrie en 1754, Jean Népomucène Hermann Nast arrive à Paris vers 1782 après avoir travaillé à la manufacture de Vincennes. En 1783, il reprend la petite manufacture fondée en 1780 par Lemaire rue Popincourt, puis s’établit, avant son mariage en 1789, rue des Amandiers-Popincourt, où la manufacture demeure jusqu’à sa fermeture définitive en 1835.

Dès 1798, quinze ans après sa création, la manufacture est citée comme l’une des plus importantes de Paris. À l’Exposition des produits de l’industrie de 1806, une médaille d’argent récompense les bustes de l’Empereur et de l’Impératrice ainsi que deux vases de 1,50 m de haut ornés de bas-reliefs ; le jury tient alors l’établissement pour le plus considérable de la capitale. En 1807, la Préfecture de police y dénombre 83 ouvriers pour une production annuelle évaluée à 200 000 francs. Nast s’entoure des meilleurs collaborateurs : les sculpteurs Pajou et Boizot, le peintre Schilt, les chimistes Cadet de Vaux et Vauquelin, ce dernier assurant la direction du laboratoire jusqu’en 1828. La blancheur de la pâte, la richesse des couleurs et le soin des dorures font sa réputation. Cette recherche de perfectionnement aboutit aux deux brevets de 1810, l’un pour un procédé mécanique de bordures en relief (décor à la molette), l’autre pour une pâte spéciale destinée à ces bordures ainsi qu’aux médaillons et figures en relief ; les pièces qui en sont issues portent généralement la marque « Nast par brevet d’invention ».

Le témoignage de Prudhomme, dans son Miroir historique de 1807, rend compte de l’étendue de cette production : « on trouve dans ses immenses magasins toute sorte de vaisselle, biscuits, pendules, vases, assiettes, soupières, etc., à des prix modérés et dans les plus hauts prix ». Il distingue trois magasins : « le premier est la porcelaine naturelle, sans ornement, à des prix très modérés ; le second, la porcelaine dorée ; et le troisième, la porcelaine dorée avec des peintures et sculptures magnifiques ». D’après le même témoignage, les assiettes s’y vendent de 2 à 500 francs la pièce. Cette amplitude souligne la diversité des qualités proposées et la valeur que pouvait atteindre le travail des peintres et des doreurs.
La clientèle de Nast dépasse largement les frontières : un service est livré en 1806 au président des États-Unis James Madison ; Ferdinand VII d’Espagne en commande un autre, aux formes sculptées rehaussées d’or mat et de fond pourpre, à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Bragance en 1816.

UN RÉPERTOIRE DE LA PORCELAINE PARISIENNE

La singularité de cet ensemble tient à la réunion de quatre-vingt-une assiettes dont aucune ne répète exactement le décor d’une autre. Scènes historiées, paysages, portraits et bouquets voisinent avec des silhouettes à l’antique, des animaux, les signes du zodiaque et des compositions purement ornementales, mosaïques, rinceaux, damiers, palmettes, arcatures, sur fonds blanc, colorés ou entièrement dorés.
Les inventaires dressés après les décès de Madame Nast en 1811 et de Jean Népomucène Nast en 1817, étudiés par Régine de Plinval de Guillebon, permettent de nommer plusieurs de ces décors dans les termes mêmes de la manufacture. À côté des fleurs et des paysages y figurent « jonquilles mates, fond vert mat sur or mat, fond jaune ou vert mat à figures », des « guirlandes de foin », des « mosaïques », des « bâtons rompus », des « décors or et noir » et, dès 1811, les « arcatures gothiques ». Les archives de la manufacture citent encore des « figures et animaux en or et mat » et « les douze signes du zodiaque en or », autant de décors que l’on retrouve précisément sur plusieurs assiettes du présent ensemble.
Un autre point de comparaison est offert par la plaque d’échantillons conservée au musée national Adrien-Dubouché à Limoges. Non marquée, datée du début du XIXe siècle et entrée au musée par don de la famille Nast, elle réunit 36 modèles de bordures dont plusieurs se retrouvent sur les marlis des présentes assiettes.
Sans établir une fonction originelle d’échantillons commerciaux pour ces assiettes, ce rapprochement invite à les regarder comme un album de modèles.

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