RARE ET IMPORTANT PARAVENT À DOUZE FEUILLES EN LAQUE DE COROMANDEL
RARE ET IMPORTANT PARAVENT À DOUZE FEUILLES EN LAQUE DE COROMANDEL
RARE ET IMPORTANT PARAVENT À DOUZE FEUILLES EN LAQUE DE COROMANDEL
5 More
RARE ET IMPORTANT PARAVENT À DOUZE FEUILLES EN LAQUE DE COROMANDEL
8 More
Property from a French Private Collection
RARE ET IMPORTANT PARAVENT À DOUZE FEUILLES EN LAQUE DE COROMANDEL

CHINE, DYNASTIE QING, ÉPOQUE KANGXI (1662-1722)

Details
RARE ET IMPORTANT PARAVENT À DOUZE FEUILLES EN LAQUE DE COROMANDEL
CHINE, DYNASTIE QING, ÉPOQUE KANGXI (1662-1722)
Le recto représente une vaste scène de palais composée de pavillons édifiés sur les flots, animée par de très nombreux personnages, parmi lesquels des danseuses, des dames de cour, des enfants et des eunuques s’adonnant à diverses activités. Cette scène est inscrite dans un cadre orné de frises de grecques et entouré de tiges fleuries, de vases garnis de fleurs et d’objets précieux. La bordure est décorée de médaillons alternés renfermant soit le caractère shou, soit une grue, sur un fond de motifs floraux stylisés. Le décor du revers est composé, sur chacun des dix panneaux centraux, d’un ou plusieurs oiseaux parmi des rochers et des branches fleuries, sous un encadrement renfermant un paysage et au-dessus d’un animal réel ou fabuleux. Les panneaux des extrémités à décor d’animaux fabuleux et dragons dans un paysage.
Dimensions d'une feuille : 277 x 48 cm. (109 x 18 7⁄8 in.)
Provenance
Acquired with Léon Wannieck, Paris, 8 April 1946, thence by descent within the family.
Further details
A RARE AND IMPORTANT TWELVE-LEAF COROMANDEL SCREEN, CHINA, QING DYNASTY, KANGXI PERIOD (1662-1722)

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Ce nom de Coromandel qui fait rêver est un site sur la côte orientale de l'Inde assez médiocre pour la navigation, avec une côte basse et sableuse qui oblige les navires à rester au large, sans abri sûr, mais avec l'avantage d'être à proximité de l'embouchure de la rivière Cauvery permettant ainsi de pénétrer aisément dans le pays. Les Anglais y installent leur comptoir vers 1639.

Le décor de cette face représente une scène de palais avec des dames de cour.
"Un matin de printemps à la cour des Han", tel est le nom traditionnel d'un célèbre rouleau attribué à peintre Qiu Ying (1494-1552). de la dynastie des Ming.
C'est un décor de palais et de jardins où, à l'exception de quelques gardes, tous les personnages sont des femmes et des enfants.
C'est l'histoire de la courtisane de l'empereur Yuandi, Wang Zhaojun, l'une des "Quatre Beautés" de la Chine ancienne.
On raconte que l'empereur Yuandi (48-33) avait ordonné au peintre de la cour, Mao Yanshou, de peindre les portraits de ses nombreuses concubines de façon à pouvoir les choisir à sa convenance. A l'exception de Wang Zhaojun, toutes les concubines corrompirent l'artiste pour qu'il les embellisse. En revanche, n'ayant touché aucune gratification de la part de Wang Zhaojun, l'artiste enlaidit son portrait lui ôtant ses chances de recevoir la visite de l'empereur.
Un jour, un chef barbare de la confédération des Xiongnu vint à la cour pour chercher une épouse, l'empereur choisit Wang Zhaojun pensant qu'elle était la moins attirante et ce n'est qu'en la voyant qu'il réalisa qu'elle était la plus magnifique d'entre toutes. Furieux, il fît exécuter le peintre mais ne pût revenir sur sa parole et le chef barbare partit avec la concubine. On dit que cela contribua à la paix entre l'empire Han et les nomades de Xiongnu.
La scène a lieu à l’intérieur même des murs des jardins et des pavillons où se déroulent les diverses activités d'un palais à l'époque de la dynastie Han 206 BC - 220 AD. Elle se passe au bord d'un lac entouré de pavillons aux toits vernissés soutenus par des piliers laqués rouge ; certains d'entre eux sont décorés de dragons dorés en relief. Du côté droit, à l'entrée des jardins, sur le pont plat en zigzag plusieurs dames arrivent abritées sous de grands éventails.
Le personnage important assis au centre est une princesse très distinguée entourée de ses dames de cour. Elles sont placées devant un grand écran clair. Leurs vêtements sont richement brodés. Des suivantes apportent des présents. Devant, en haut des marches, les danseuses font virevolter leurs manches et leurs voiles.
Entre les marches des escaliers, se trouve un plan incliné décoré d'un dragon sculpté et juste en dessous une grande jardinière contient une pierre aux formes tourmentées et des pivoines.
Dans la partie en haut à droite, deux princesses à cheval se promènent, pendant que d'autres vaquent à de multiples activités, telles les échecs ou la musique. Les enfants jouent avec des cerfs-volants. Quelques dames traversent un petit pont à dos d'âne pour arriver dans les jardins près du palais avec des enfants qui poussent un petit chariot de fleurs.
A travers une fenêtre ronde décorée de rideaux brodés, on aperçoit une jeune femme qui se fait coiffer devant sa table de toilette en laque claire.
Plus haut, entre les pavillons, navigue une jonque rose en forme de phénix, emblème de l'impératrice, promenant des princesses abritées sous un dais brodé.
La berge du lac en zigzag, est bordée par un mur de pierres à motifs de « verre brisé » dans les tons beige rosé.
Ce décor se déploie sur dix feuilles centrales qui sont entourées de trois bordures :
La bordure intérieure très étroite à décor de grecques, en partie basse, une large bordure à décor de fleurs représentant les douze mois de l'année et en partie haute des vases fleuris et des objets usuels, enfin la bordure extérieure à motifs de treillis géométriques à fond clair et médaillons représentant des grues et le signe shou.
Les feuilles de garde sont décorées de vases fleuris, de bronzes, dits "les Cent Antiques" et de symboles bouddhiques.
Il existait des livres pour aider les artistes à reproduire ces motifs.

Le revers de ce paravent est un décor feuille par feuille. Chaque feuille est indépendante et le décor ne se suit pas. Il représente des branches fleuries sortant de rochers aux formes déchiquetées avec des oiseaux volant tout autour. On reconnait des lotus, des pivoines, des chrysanthèmes, des canards, des grues, des faisans ... Comme souvent, dans ce type de décor, les oiseaux vont deux par deux et expriment le symbole d'un mariage heureux.
Les dix feuilles centrales sont entourées par une large bordure de médaillons représentant en partie basse des animaux fantastiques et en partie haute des paysages lacustre. La bordure intérieure est à motifs de chrysanthèmes et de tiges enroulées.
Les feuilles de garde représentent des dragons des nuages, symboles de l'empereur et des animaux fantastiques sur des rochers

Les laques de Coromandel apparaissent sous le règne de l'empereur Kangxi (1662-1722).
Pour désigner cette technique, le terme chinois est kuan cai qui signifie littéralement laque découpée et colorée.
La technique consiste à recouvrir des panneaux de bois d'une couche d'argile tendre finement pulvérisée, sur laquelle on pose un revêtement d'herbes fibreuses et de toile.
Quand l'apprêt est bien sec, l'artisan le ponce soigneusement avant de procéder à une nouvelle application. Trois couches au minimum sont superposées pour obtenir un fond parfaitement lisse comme un miroir qui servira de support à la laque noire.
Pour l'exécution du décor, l'artisan décalque d'abord son dessin sur la surface laquée, puis en grave les contours. Suivant l'effet recherché, il incise le fond de laque plus ou moins profondément.
Les parties dénudées sont soit dorées, soit peintes avec une préparation sableuse additionnée de pigments colorés. Cette préparation est appliquée dans les creux à la manière de l'émail dans le travail du cloisonné.
Les principaux centres de production de ces laques étaient dans le Honan au sud-ouest de Pékin et également non loin des ports du Sud de la Chine, dans le Fujian, province au sud de Shanghai.
Généralement ces paravents étaient offerts en présents.
Le décor de celui-ci avec des oiseaux, des phénix et des dragons permet de penser que c'était un cadeau de maraige
Ce paravent est classique de l'époque de Kangxi, avec une belle gravure et une finesse délicate dans le trait des visages et des mains des personnages.
La couleur du fond, sépia foncé comme du caramel, le travail de la patine qui a adouci les couleurs éclatantes, tout cela contribue à la qualité de ce paravent.
Les décors de l'époque Kangxi sont plus vigoureux et sobres que ceux des périodes postérieures, le trait est nerveux, les personnages sont en mouvement, les fleurs présentent un dégradé de couleurs. Le dessin vif et spontané révèle une grande sûreté de main.

Nicole Brugier, auteur de Les laques de Coromandel, Bibliothèque des Arts, Lausanne, Suisse, 2015.

More from The Exceptional Sale

View All
View All