细节
ANDY WARHOL (1928-1987)
Lenin
signé et daté 'Andy Warhol 86' (sur le revers)
encre sérigraphique et polymère synthétique sur toile
56.2 x 40.6 cm. (22 1/8 x 16 in.)
Réalisé en 1986.
来源
Galerie Bernd Klüser, Munich
Galerie Sonne, Berlin
Collection privée, Europe
Vente anonyme, Christie's, Londres, 29 juin 2000, lot 421
Acquis lors de cette vente
展览
Munich, Galerie Bernd Klüser, Lenin by Warhol, février-avril 1987 (illustré au catalogue d'exposition).
拍品专文
'LENIN'; SIGNED AND DATED ON THE OVERLAP; SYNTHETIC POLYMER PAINT AND SILKSCREEN INKS ON CANVAS.

拍品专文

« Et ces portraits ! Ils sont partout ! Quel est le sens de tout ça ? »

“As for these portraits! They are all over the place! What is the point of it all?”

— LÉNINE

Réalisé en 1986, Lenin fait partie de la dernière série d’oeuvres d’Andy Warhol, terminée quelques mois seulement avant la disparition de l’artiste en février 1987. Sur un fond d’un noir d’encre particulièrement dense, gommant tout détail de l’arrière-plan, le visage rouge de Lénine vient planter son regard dans celui du spectateur. La pose frontale et hiératique, la réduction des formes à leur plus simple expression (le col de la chemise est constitué de deux triangles inversé) et la façon dont les contours du visage et des yeux sont soulignés d’un trait bleu violacé, confère au portrait une présence spectrale, intense, presque menaçante.

L’origine de la série des Lenin trouve sa source dans la sollicitation du galeriste munichois Bernd Klüser qui, en 1985, soumet à l’artiste un tirage photographique partiellement déchiré représentant le leader de la révolution bolchévique de 1917. L’image revêt pour l’artiste un double intérêt. D’une part, elle figure l’un des personnages les plus emblématiques de l’histoire du XXe siècle, dont le portrait est en quelque sorte entré dans l’imaginaire collectif, dans le panthéon visuel du siècle passé. Dès lors, en choisissant de représenter Lénine, Warhol poursuit son entreprise de montrer ceux qui incarnent le pouvoir - comme il le fit déjà en 1972 avec Mao – et son ambition de donner à voir l’élévation au rang d’icônes de certaines personnalités par la diffusion massive d’images (qu’elle soit le fruit d’une propagande politique ou de publicité mercantile).

Mais, d’autre part, l’image soumise par Bernd Klüser à Andy Warhol se révèle être elle-même le fruit d’une manipulation. Il s’agit en réalité d’un détail extrait en 1948 d’un portrait collectif pris en 1897, sur lequel Lénine pose au centre, entouré d’un groupe de jeunes sociaux-démocrates qui finiraient, quelques années plus tard, par devenir ses ennemis politiques. L’isolement du portrait et sa mise en scène dans une pose austère et charismatique répondent aux objectifs de la communication politique soviétique, cherchant à entretenir le mythe du leader bolchévique bien après sa mort, en 1924. S’appropriant cette image en la détournant à son tour (accentuant les contrastes, y superposant une palette chromatique éclatante), Warhol devient complice de cette manipulation et prolonge la circulation de l’image bien au-delà du cadre dans lequel elle a été initialement produite.

En 1986, lorsqu’il réalise Lenin, l’Union soviétique est déliquescente et l’équilibre géopolitique du monde vacille. Mikhaïl Gorbatchev entreprend glasnost et perestroïka, l’idéal communiste est exsangue. En choisissant, dans ce contexte, de consacrer une série tout entière à la figure révolutionnaire bolchévique, Andy Warhol fait preuve une nouvelle fois d’un talent inégalé pour capturer le Zeitgeist de cette deuxième moitié du XXe siècle.


Lenin, created in 1986, is one of the last series of works by Andy Warhol and was finished only a few months before the artist’s death in February 1987. Against a particularly inky black background, obliterating any detail, the red face of Lenin stares straight at the viewer. His frontal and hieratic pose, the face features distilled to their simplest expression (only two inverted triangles have been left from the shirt collar) and the way the outlines of the face and eyes are underlined in bluish purple give the portrait a ghostly presence, an intense and almost threatening look.

The Lenin series originated from a request by the Munich gallery owner Bernd Klüser who, in 1985, provided the artist with a partly torn photographic print representing the leader of the 1917 Bolshevik revolution. The artist found the image doubly fascinating. Firstly, it depicted one of the 20th century’s most emblematic figures whose portrait had, as it were, entered the collective imagination, the visual pantheon of the last century. Then, by choosing to represent Lenin, Warhol was continuing his mission to depict people who incarnated power – as he had already done with Mao – and his ambition to demonstrate how certain people were made icons by the mass distribution of their images (whether by political propaganda or commercial advertising).

Secondly, the picture Bernd Klüser gave Andy Warhol turned out to have been altered already. It was in fact a detail extracted in 1948 from a group portrait photographed in 1897, in which Lenin posed in the centre surrounded by a group of young social democrats who were to become his political enemies a few years later. The portrait’s isolation and its presentation in an austere and charismatic pose had fulfilled the aims of Soviet political communication, seeking to maintain the myth of the Bolshevik leader long after his death in 1924. By appropriating this image and distorting it in turn (accentuating the contrasts and superimposing on it a palette of brilliant colours), Warhol became complicit in that manipulation and extended the circulation of the image far beyond the milieu in which it was originally produced.

When Warhol created Lenin in 1986, the Soviet Union was dissolving and the world’s geopolitical balance was on the brink of change. Mikhail Gorbachev had embarked on glasnost and perestroika and the Communist ideal had been bled white. In that context, by deciding to devote a whole series of works to the revolutionary Bolshevik figure, Andy Warhol again demonstrated his unrivalled talent for capturing the zeitgeist of the second half of the 20th century.

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