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Pandämonium
细节
George Grosz (1893-1959)
Pandämonium
signé et daté 'Grosz 1914' (en bas à droite)
encre de Chine sur papier calque
49.8 x 31.5 cm.
Exécuté en août 1914
signed and dated 'Grosz 1914' (lower right)
pen and India ink on tracing paper
19 5⁄8 x 12 3⁄8 in.
Executed in August 1914
Pandämonium
signé et daté 'Grosz 1914' (en bas à droite)
encre de Chine sur papier calque
49.8 x 31.5 cm.
Exécuté en août 1914
signed and dated 'Grosz 1914' (lower right)
pen and India ink on tracing paper
19 5⁄8 x 12 3⁄8 in.
Executed in August 1914
来源
Bernard et Rebecca Reis, New York (acquis auprès de l'artiste).
Collection particulière, Beverly Hills (par descendance).
Collette et Achim Moeller, New York.
Achim Moeller Fine Art, New York.
Acquis auprès de celui-ci par les propriétaires actuels le 4 septembre 2001.
Collection particulière, Beverly Hills (par descendance).
Collette et Achim Moeller, New York.
Achim Moeller Fine Art, New York.
Acquis auprès de celui-ci par les propriétaires actuels le 4 septembre 2001.
出版
G. Grosz, George Grosz: Drawings, New York, 1944, p. 11, no. 3 (illustré).
A. Kusák, George Grosz, Prague, 1971, p. 39 (illustré).
B. Irwin Lewis, George Grosz and Politics in the Weimar Republic, Londres, 1971, p. 24, fig. 4 (illustré).
L. Sándor, George Grosz, Budapest, 1974, no. 1 (illustré).
H. Hess, George Grosz, Londres, 1974, pp. 54 et 56, no. 43 (illustré, p. 57).
U.M. Schneede, George Grosz: Der Hünstler in seiner Gesselschaft, Cologne, 1976, p. 35 (illustré).
L. Fischer, George Grosz in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Hambourg (illustré sur la quatrième de couverture).
"Pantheon" in Internationale Jahresschrift für Kunst, Munich, 1993, vol. XLIV, p. 118, no. 9 (illustré).
I. Kranzfelder, George Grosz, Cologne, 1994, p. 18 (illustré, p. 19).
P.-K. Schuster, ed., George Grosz: Berlin—New York, cat. exp., Neue Nationalgalerie Berlin, 1994, pp. 124 et 184 (illustré; daté '1915-1916').
F. Whitford and C. Clark, The Berlin of George Grosz: Drawings, Watercolours and Prints, 1912-1930, cat. exp., Royal Academy of Arts, Londres, 1997, p. 22, no. 18 (illustré; daté '1915-1916').
A. Kusák, George Grosz, Prague, 1971, p. 39 (illustré).
B. Irwin Lewis, George Grosz and Politics in the Weimar Republic, Londres, 1971, p. 24, fig. 4 (illustré).
L. Sándor, George Grosz, Budapest, 1974, no. 1 (illustré).
H. Hess, George Grosz, Londres, 1974, pp. 54 et 56, no. 43 (illustré, p. 57).
U.M. Schneede, George Grosz: Der Hünstler in seiner Gesselschaft, Cologne, 1976, p. 35 (illustré).
L. Fischer, George Grosz in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Hambourg (illustré sur la quatrième de couverture).
"Pantheon" in Internationale Jahresschrift für Kunst, Munich, 1993, vol. XLIV, p. 118, no. 9 (illustré).
I. Kranzfelder, George Grosz, Cologne, 1994, p. 18 (illustré, p. 19).
P.-K. Schuster, ed., George Grosz: Berlin—New York, cat. exp., Neue Nationalgalerie Berlin, 1994, pp. 124 et 184 (illustré; daté '1915-1916').
F. Whitford and C. Clark, The Berlin of George Grosz: Drawings, Watercolours and Prints, 1912-1930, cat. exp., Royal Academy of Arts, Londres, 1997, p. 22, no. 18 (illustré; daté '1915-1916').
展览
New York, Associated American Artists Gallery, A Piece of My World Without Peace, 1914-1946, octobre 1946, no. 1.
New York, Whitney Museum of American Art; Kansas City, William Rockhill Nelson Gallery of Art; Pasadena Art Institute et San Francisco Museum of Art, George Grosz Retrospective Exhibition, janvier-septembre 1954, p. 62, no. 87.
New York, Whitney Museum of American Art; Kansas City, William Rockhill Nelson Gallery of Art; Pasadena Art Institute et San Francisco Museum of Art, George Grosz Retrospective Exhibition, janvier-septembre 1954, p. 62, no. 87.
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Ralph Jentsch a confirmé l’authenticité de cette œuvre.
« Je voulais protester contre ce monde de destruction mutuelle… tout en moi protestait obscurément… je voyais la misère, le besoin, la torpeur, la faim, la lâcheté, l’horreur… Lié à mes ancêtres, les maîtres médiévaux Bosch et Brueghel, [qui eux aussi]… vivaient dans le crépuscule d’une époque nouvelle et en formèrent l’expression… J’ai peint cette protestation… contre une humanité devenue folle. ».
(George Grosz, Notes for Trial, 3 novembre 1930, cité dans Hans Hess, George Grosz, New Haven, 1985, p. 80.).
Les dessins que George Grosz réalisa à Berlin durant les années de la Première Guerre mondiale et dans son immédiat après-guerre comptent, aux côtés des œuvres de Brueghel et de Goya, parmi les plus grandes chroniques picturales de leur époque troublée. Le saisissant dessin à l’encre intitulé Pandämonium de Grosz est l’une des plus remarquables et des plus complètes représentations graphiques de l’effondrement de la civilisation qui eut lieu en Europe durant les années de la Première Guerre mondiale. Réalisé à Berlin, peu après que Grosz eut été réformé du service militaire, et saturé d’images d’une violence choquante d’un monde moderne devenu fou, le dessin constitue une représentation imaginaire — mais aussi prophétique — d’émeute urbaine, de révolution et d’apocalypse. Il s’agit d’un acte d’accusation amer de ce que Grosz percevait comme la nature brute et profonde de ses semblables et d’un présage du chaos, de la révolution et de la violence dans lesquels l’Allemagne allait effectivement sombrer.
Contrairement à la plupart des jeunes Européens en août 1914, Grosz, âgé de vingt et un ans, ne fut pas emporté par la vague extatique d’enthousiasme patriotique délirant (« hurrah enthusiasm »), qui accompagna le déclenchement initial de la Grande Guerre. Individualiste farouche ayant peu de foi dans l’état d’esprit collectif, Grosz se montra profondément sceptique face au conflit dès le début. « Le déclenchement de la guerre m’a clairement montré », déclara-t-il, « que les masses défilant dans les rues et acclamant frénétiquement étaient privées de volonté sous l’influence de la presse et de la pompe militaire. La volonté des hommes d’État et des généraux les dominait. Je sentais également cette volonté [planer] au-dessus de ma [propre] tête, mais je ne me joignis pas à ces acclamations parce que je percevais la menace qui pesait sur la liberté individuelle dans laquelle j’avais jusque-là vécu. » (George Grosz, Abwicklung, 1923).
Après avoir subi une brève incorporation militaire avant d’être réformé pour raisons de santé en mai 1915, l’attitude de Grosz devint encore plus sombre à son retour à Berlin. Plein de dégoût, il commença à avoir des visions fiévreuses de la chute de son pays dans le chaos d’un nouveau Moyen Âge. « La ville était sombre, froide et pleine de rumeurs », écrivit-il à un ami, « les rues étaient des ravins sauvages hantés par des meurtriers et des trafiquants de cocaïne », et l’époque était « favorable aux charlatans de toutes sortes, des fabricants de substituts de viande aux poètes lyriques de cour chantant leurs chants de guerre. L’Allemagne montre maintenant son vrai visage — une arlequinade désespérée. » (George Grosz, « Lettre à Robert Bell », sept. 1915, dans Herbert Knust, op. cit., p. 32).
« Inébranlable » dans sa conviction que « cette époque court à sa destruction », Grosz en vint à considérer Berlin comme une ville remplie d’une « foule grouillante d’animaux humains possédés ». (George Grosz cité dans Uwe M. Schneede, George Grosz, Life and Work, Londres, 1979, p. 54).
Se sentant isolé et seul au milieu de cela et croyant vivre désormais dans un monde où les fous avaient pris le contrôle de l’asile, Grosz adopta avec détermination une position de défi et d’opposition radicale à la folie collective de son époque. Il anglicisa son nom, le transformant de Georg Gross en George Grosz, et commença à tenir une série de carnets de croquis qu’il intitula de manière provocante « Medical Journals », comme s’ils cataloguaient les effets du fléau de la folie qu’il voyait infecter ses concitoyens. Dessinateur brillant et déjà accompli, il copia des graffitis provenant d’urinoirs publics ainsi que des dessins d’enfants « parce qu’ils me semblaient être l’expression la plus immédiate et la traduction la plus concise de sentiments puissants » et les développa en ce qu’il appela son « style de dessin tranchant comme une lame ». Dans ce nouveau style, il se mit alors à produire, de manière presque compulsive, un flot de dessins à la plume et à l’encre, à la satire mordante et à l’observation acérée, qui allaient bientôt faire sa réputation et dont Pandämonium constitue l’un des exemples les plus intenses et les plus brillants.
Universel dans sa portée, Pandämonium est l’une des premières images dans lesquelles Grosz cherche à représenter la métropole entière de Berlin comme un chaudron bouillonnant d’inconscience et de violence. À cet égard, l’œuvre anticipe non seulement de grandes peintures à l’huile « rouges » telles que Metropolis de 1916-17, aujourd’hui conservée au Thyssen-Bornemisza Museum de Madrid, et Widmung et Oskar Panizza, Staatsgalerie, Stuttgart, 1917-1918, mais elle fait également écho aux visions intemporelles et cauchemardesques des maîtres médiévaux comme Hieronymus Bosch et Pieter Brueghel. Puisque Grosz a signé et daté cette œuvre, en bas à droite, de 1914, on a longtemps pensé qu’elle remontait au déclenchement de la guerre en août 1914 et elle fut même mentionnée dans certaines publications sous le titre « Pandemonium August 1914 ».
Sur le plan stylistique cependant, comme l’a souligné Alexander Dückers dans son catalogue raisonné des estampes de Grosz, Pandämonium appartient clairement aux dessins majeurs de Grosz réalisés entre 1915 et 1916 et se rattache étroitement à des œuvres telles que Blutige Karneval, Tumult et Krawall der Irren, aujourd’hui conservées aux Staatliche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinett. Grosz semble donc soit s’être trompé en datant cette œuvre de 1914, soit avoir délibérément voulu établir un parallèle entre son imagerie et la date de la descente du monde dans la folie en 1914.
Robert Brown
mars 2026
‘I wanted to protest against this world of mutual destruction...everything in me was darkly protesting...I saw misery, want stupor, hunger, cowardice, ghastliness...Related to my ancestors, the medieval masters, Bosch and Breughel, [who also]...lived in the twilight of a new epoch and formed its expression... I painted this protest…against mankind gone mad,’.
(George Grosz ‘Notes for Trial’ Nov. 3, 1930, quoted in Hans Hess, George Grosz, New Haven, 1985, p. 80.).
The drawings that George Grosz made in Berlin during the years of the First World War and its immediate aftermath rank alongside the works of Brueghel and Goya as the greatest pictorial chronicles of their troubled times. Grosz’s searing ink drawing Pandämonium is one of the finest and most comprehensive of all his graphic depictions of the collapse of civilization that took place in Europe during the years of the First World War. Executed in Berlin, sometime after Grosz had been discharged from military service and packed with shockingly violent images of a modern world gone mad, the drawing is an imaginary - but also prophetic - portrayal of metropolitan riot, revolution and apocalypse. It is a bitter indictment of what Grosz saw as the raw, underlying nature of his fellow man and a foreshadowing of the chaos, revolution and violence into which Germany was indeed to descend.
Unlike most young people in Europe in August 1914, the twenty-one-year-old Grosz did not get caught up in the ecstatic wave of patriotic, ‘hurrrah enthusiasm’ that greeted the initial outbreak of the Great War. A fierce individualist with little faith in the collective mindset, Grosz was deeply skeptical about the conflict from its outset. ‘The outbreak of the war made it clear to me’ he said, ‘that the masses marching wildly cheering through the streets were without a will under the influence of the press and military pomp. The will of the statesmen and the generals dominated them. I also sensed that will [hanging] above my [own] head, but I was not cheering because I saw the threat to the individual freedom in which I had hitherto lived.’ (George Grosz, Abwicklung, 1923).
After suffering a brief induction into the military before being invalided out in May 1915, Grosz’s attitude grew ever more bleak on his return to Berlin. Filled with loathing, he began to have feverish visions of his country’s descent into the chaos of a new middle-ages. ‘The city was dark, cold and full of rumours’ he wrote to a friend, ‘the streets were wild ravines haunted by murderers and cocaine pedlars,’ the time was one ‘favourable for charlatans of all sorts, from meat substitute manufacturers to courtly lyric poets singing their war songs. Germany now shows her true face - a hopeless harlequinade’. (George Grosz., ‘Letter to Robert Bell’, Sept 1915, in Herbert Knust op cit, p. 32) ‘Unshaken’ in his view that ‘this epoch is sailing down to its destruction,’ Grosz came to see Berlin as city filled with a ‘teeming throng of possessed human animals’. (George Grosz quoted in Uwe M Schneede, George Grosz, Life and Work, London 1979, p. 54). Feeling isolated and alone in the midst of this and believing he was now living in a world where lunatics had taken over the asylum, Grosz single-mindedly mounted a defiant stance of radical opposition to the collective madness of his age. He anglicised his name, changing it from Georg Gross to George Grosz and began to keep a series of sketchbooks that he provocatively entitled ‘Medical Journals’ as if they were cataloguing the effects of the plague of insanity he saw infecting his fellow citizens. A brilliant and already accomplished draughtsman, he copied graffiti from public urinals and children’s drawings ‘because they seemed to me to be the most immediate expression and the most succinct translation of strong feelings’ and developed them into what he called his ‘knife-hard drawing style’. In this new style he then almost compulsively set about producing a stream of bitingly satirical and sharply-observed pen-and-ink drawings that were to ultimately make his name and of which Pandämonium is one of the most intense and brilliant examples.
Universal in its scope, Pandämonium is one of the first of Grosz’s images to attempt to depict the entire metropolis of Berlin as a bubbling cauldron of mindlessness and violence. In this regard it not only anticipates such great ‘red’ oil paintings as his Metropolis of 1916⁄17 now in the Thyssen-Bornemisza Museum, Madrid and Widmung an Oskar Panizza in the Staatsgalerie, Stuttgart 1917⁄18 but it also echoes the timeless, nightmarish visions of medieval masters like Hieronymus Bosch and Pieter Breughel. Because Grosz has signed and dated this work, in the lower right, as 1914, it was for a long time thought to have dated from the outbreak of war in August 1914, even being referred to as ‘Pandemonium August 1914’ in some publications. Stylistically though, as Alexander Dückers has pointed out in his catalogue raisonné of Grosz’s prints, Pandämonium clearly belongs amongst Grosz’s landmark 1915-16 drawings and relates closely to such pictures as Blutige Karneval, Tumult and Krawall der Irren now in the Staatliche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinet. Grosz appears therefore, either to have been mistaken in dating this work as 1914 or deliberately intended to draw a parallel between its imagery and the date of the world’s descent into madness in 1914.
Robert Brown
March 2026
« Je voulais protester contre ce monde de destruction mutuelle… tout en moi protestait obscurément… je voyais la misère, le besoin, la torpeur, la faim, la lâcheté, l’horreur… Lié à mes ancêtres, les maîtres médiévaux Bosch et Brueghel, [qui eux aussi]… vivaient dans le crépuscule d’une époque nouvelle et en formèrent l’expression… J’ai peint cette protestation… contre une humanité devenue folle. ».
(George Grosz, Notes for Trial, 3 novembre 1930, cité dans Hans Hess, George Grosz, New Haven, 1985, p. 80.).
Les dessins que George Grosz réalisa à Berlin durant les années de la Première Guerre mondiale et dans son immédiat après-guerre comptent, aux côtés des œuvres de Brueghel et de Goya, parmi les plus grandes chroniques picturales de leur époque troublée. Le saisissant dessin à l’encre intitulé Pandämonium de Grosz est l’une des plus remarquables et des plus complètes représentations graphiques de l’effondrement de la civilisation qui eut lieu en Europe durant les années de la Première Guerre mondiale. Réalisé à Berlin, peu après que Grosz eut été réformé du service militaire, et saturé d’images d’une violence choquante d’un monde moderne devenu fou, le dessin constitue une représentation imaginaire — mais aussi prophétique — d’émeute urbaine, de révolution et d’apocalypse. Il s’agit d’un acte d’accusation amer de ce que Grosz percevait comme la nature brute et profonde de ses semblables et d’un présage du chaos, de la révolution et de la violence dans lesquels l’Allemagne allait effectivement sombrer.
Contrairement à la plupart des jeunes Européens en août 1914, Grosz, âgé de vingt et un ans, ne fut pas emporté par la vague extatique d’enthousiasme patriotique délirant (« hurrah enthusiasm »), qui accompagna le déclenchement initial de la Grande Guerre. Individualiste farouche ayant peu de foi dans l’état d’esprit collectif, Grosz se montra profondément sceptique face au conflit dès le début. « Le déclenchement de la guerre m’a clairement montré », déclara-t-il, « que les masses défilant dans les rues et acclamant frénétiquement étaient privées de volonté sous l’influence de la presse et de la pompe militaire. La volonté des hommes d’État et des généraux les dominait. Je sentais également cette volonté [planer] au-dessus de ma [propre] tête, mais je ne me joignis pas à ces acclamations parce que je percevais la menace qui pesait sur la liberté individuelle dans laquelle j’avais jusque-là vécu. » (George Grosz, Abwicklung, 1923).
Après avoir subi une brève incorporation militaire avant d’être réformé pour raisons de santé en mai 1915, l’attitude de Grosz devint encore plus sombre à son retour à Berlin. Plein de dégoût, il commença à avoir des visions fiévreuses de la chute de son pays dans le chaos d’un nouveau Moyen Âge. « La ville était sombre, froide et pleine de rumeurs », écrivit-il à un ami, « les rues étaient des ravins sauvages hantés par des meurtriers et des trafiquants de cocaïne », et l’époque était « favorable aux charlatans de toutes sortes, des fabricants de substituts de viande aux poètes lyriques de cour chantant leurs chants de guerre. L’Allemagne montre maintenant son vrai visage — une arlequinade désespérée. » (George Grosz, « Lettre à Robert Bell », sept. 1915, dans Herbert Knust, op. cit., p. 32).
« Inébranlable » dans sa conviction que « cette époque court à sa destruction », Grosz en vint à considérer Berlin comme une ville remplie d’une « foule grouillante d’animaux humains possédés ». (George Grosz cité dans Uwe M. Schneede, George Grosz, Life and Work, Londres, 1979, p. 54).
Se sentant isolé et seul au milieu de cela et croyant vivre désormais dans un monde où les fous avaient pris le contrôle de l’asile, Grosz adopta avec détermination une position de défi et d’opposition radicale à la folie collective de son époque. Il anglicisa son nom, le transformant de Georg Gross en George Grosz, et commença à tenir une série de carnets de croquis qu’il intitula de manière provocante « Medical Journals », comme s’ils cataloguaient les effets du fléau de la folie qu’il voyait infecter ses concitoyens. Dessinateur brillant et déjà accompli, il copia des graffitis provenant d’urinoirs publics ainsi que des dessins d’enfants « parce qu’ils me semblaient être l’expression la plus immédiate et la traduction la plus concise de sentiments puissants » et les développa en ce qu’il appela son « style de dessin tranchant comme une lame ». Dans ce nouveau style, il se mit alors à produire, de manière presque compulsive, un flot de dessins à la plume et à l’encre, à la satire mordante et à l’observation acérée, qui allaient bientôt faire sa réputation et dont Pandämonium constitue l’un des exemples les plus intenses et les plus brillants.
Universel dans sa portée, Pandämonium est l’une des premières images dans lesquelles Grosz cherche à représenter la métropole entière de Berlin comme un chaudron bouillonnant d’inconscience et de violence. À cet égard, l’œuvre anticipe non seulement de grandes peintures à l’huile « rouges » telles que Metropolis de 1916-17, aujourd’hui conservée au Thyssen-Bornemisza Museum de Madrid, et Widmung et Oskar Panizza, Staatsgalerie, Stuttgart, 1917-1918, mais elle fait également écho aux visions intemporelles et cauchemardesques des maîtres médiévaux comme Hieronymus Bosch et Pieter Brueghel. Puisque Grosz a signé et daté cette œuvre, en bas à droite, de 1914, on a longtemps pensé qu’elle remontait au déclenchement de la guerre en août 1914 et elle fut même mentionnée dans certaines publications sous le titre « Pandemonium August 1914 ».
Sur le plan stylistique cependant, comme l’a souligné Alexander Dückers dans son catalogue raisonné des estampes de Grosz, Pandämonium appartient clairement aux dessins majeurs de Grosz réalisés entre 1915 et 1916 et se rattache étroitement à des œuvres telles que Blutige Karneval, Tumult et Krawall der Irren, aujourd’hui conservées aux Staatliche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinett. Grosz semble donc soit s’être trompé en datant cette œuvre de 1914, soit avoir délibérément voulu établir un parallèle entre son imagerie et la date de la descente du monde dans la folie en 1914.
Robert Brown
mars 2026
‘I wanted to protest against this world of mutual destruction...everything in me was darkly protesting...I saw misery, want stupor, hunger, cowardice, ghastliness...Related to my ancestors, the medieval masters, Bosch and Breughel, [who also]...lived in the twilight of a new epoch and formed its expression... I painted this protest…against mankind gone mad,’.
(George Grosz ‘Notes for Trial’ Nov. 3, 1930, quoted in Hans Hess, George Grosz, New Haven, 1985, p. 80.).
The drawings that George Grosz made in Berlin during the years of the First World War and its immediate aftermath rank alongside the works of Brueghel and Goya as the greatest pictorial chronicles of their troubled times. Grosz’s searing ink drawing Pandämonium is one of the finest and most comprehensive of all his graphic depictions of the collapse of civilization that took place in Europe during the years of the First World War. Executed in Berlin, sometime after Grosz had been discharged from military service and packed with shockingly violent images of a modern world gone mad, the drawing is an imaginary - but also prophetic - portrayal of metropolitan riot, revolution and apocalypse. It is a bitter indictment of what Grosz saw as the raw, underlying nature of his fellow man and a foreshadowing of the chaos, revolution and violence into which Germany was indeed to descend.
Unlike most young people in Europe in August 1914, the twenty-one-year-old Grosz did not get caught up in the ecstatic wave of patriotic, ‘hurrrah enthusiasm’ that greeted the initial outbreak of the Great War. A fierce individualist with little faith in the collective mindset, Grosz was deeply skeptical about the conflict from its outset. ‘The outbreak of the war made it clear to me’ he said, ‘that the masses marching wildly cheering through the streets were without a will under the influence of the press and military pomp. The will of the statesmen and the generals dominated them. I also sensed that will [hanging] above my [own] head, but I was not cheering because I saw the threat to the individual freedom in which I had hitherto lived.’ (George Grosz, Abwicklung, 1923).
After suffering a brief induction into the military before being invalided out in May 1915, Grosz’s attitude grew ever more bleak on his return to Berlin. Filled with loathing, he began to have feverish visions of his country’s descent into the chaos of a new middle-ages. ‘The city was dark, cold and full of rumours’ he wrote to a friend, ‘the streets were wild ravines haunted by murderers and cocaine pedlars,’ the time was one ‘favourable for charlatans of all sorts, from meat substitute manufacturers to courtly lyric poets singing their war songs. Germany now shows her true face - a hopeless harlequinade’. (George Grosz., ‘Letter to Robert Bell’, Sept 1915, in Herbert Knust op cit, p. 32) ‘Unshaken’ in his view that ‘this epoch is sailing down to its destruction,’ Grosz came to see Berlin as city filled with a ‘teeming throng of possessed human animals’. (George Grosz quoted in Uwe M Schneede, George Grosz, Life and Work, London 1979, p. 54). Feeling isolated and alone in the midst of this and believing he was now living in a world where lunatics had taken over the asylum, Grosz single-mindedly mounted a defiant stance of radical opposition to the collective madness of his age. He anglicised his name, changing it from Georg Gross to George Grosz and began to keep a series of sketchbooks that he provocatively entitled ‘Medical Journals’ as if they were cataloguing the effects of the plague of insanity he saw infecting his fellow citizens. A brilliant and already accomplished draughtsman, he copied graffiti from public urinals and children’s drawings ‘because they seemed to me to be the most immediate expression and the most succinct translation of strong feelings’ and developed them into what he called his ‘knife-hard drawing style’. In this new style he then almost compulsively set about producing a stream of bitingly satirical and sharply-observed pen-and-ink drawings that were to ultimately make his name and of which Pandämonium is one of the most intense and brilliant examples.
Universal in its scope, Pandämonium is one of the first of Grosz’s images to attempt to depict the entire metropolis of Berlin as a bubbling cauldron of mindlessness and violence. In this regard it not only anticipates such great ‘red’ oil paintings as his Metropolis of 1916⁄17 now in the Thyssen-Bornemisza Museum, Madrid and Widmung an Oskar Panizza in the Staatsgalerie, Stuttgart 1917⁄18 but it also echoes the timeless, nightmarish visions of medieval masters like Hieronymus Bosch and Pieter Breughel. Because Grosz has signed and dated this work, in the lower right, as 1914, it was for a long time thought to have dated from the outbreak of war in August 1914, even being referred to as ‘Pandemonium August 1914’ in some publications. Stylistically though, as Alexander Dückers has pointed out in his catalogue raisonné of Grosz’s prints, Pandämonium clearly belongs amongst Grosz’s landmark 1915-16 drawings and relates closely to such pictures as Blutige Karneval, Tumult and Krawall der Irren now in the Staatliche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinet. Grosz appears therefore, either to have been mistaken in dating this work as 1914 or deliberately intended to draw a parallel between its imagery and the date of the world’s descent into madness in 1914.
Robert Brown
March 2026
荣誉呈献

Antoine Lebouteiller
International Specialist