CAVE À LIQUEUR À L'ÉLÉPHANT
CAVE À LIQUEUR À L'ÉLÉPHANT
PIÉDESTAL D'ÉPOQUE NAPOLÉON III
3 More
CAVE À LIQUEUR À L'ÉLÉPHANT
6 More
COLLECTION PRIVÉE SUD AMÉRICAINE
PIÉDESTAL D'ÉPOQUE NAPOLÉON III

ATTRIBUÉE À LA MAISON EUGÈNE CORNU, PARIS, VERS 1870

Details
PIÉDESTAL D'ÉPOQUE NAPOLÉON III
ATTRIBUÉE À LA MAISON EUGÈNE CORNU, PARIS, VERS 1870
En onyx d'Algérie, émaux champlevés et ornementation de bronze ciselé et doré, à motifs de trois têtes d'éléphant alternés de motifs de lambrequins surmonté d'un tambour orné d'une frise de fleurs stylisées et reposant sur une base à trois côtés se terminant par des pieds toupie
H. 148 cm (58 ¼ in.) ; L. 77 cm (30 ¼ in.) ; P. 57 cm (22 ½ in.)
Provenance
Collection privée, Buenos Aires, acquis au début du XXe siècle ;
Puis par descendance ;
Acquis du précédent par le propriétaire actuel.
Literature
The Art Journal, London, 1867, p. 17.
Further details
A NAPOLÉON III ORMOLU AND CHAMPLEVE ENAMEL-MOUNTED ALGERIAN ONYX ELEPHANT-FORM PEDESTAL, ATTRIBUTED TO EUGENE CORNU, PARIS, CIRCA 1870

Recognized and used since Antiquity, Algerian onyx was rediscovered around 1848 by Jean Baptiste Del Monte (1822-1893) who by chance found fragments of onyx used to repair the road from Tlemcen to Oran. Del Monte bought the old quarries at Aïn-Tekbalet, called Bled Rekam, located near Tlemcen and sold them to a banker in Paris for 100,000 francs. In 1855 their ownership passed to Alphonse Pallu & Cie with workshops at 31⁄33 rue Popincour and a showroom at 24 Boulevard des Italiens. The precious semi-translucent Algerian marble, widely known as ‘onyx’, became hallmarks of luxury furnishing during the Second Empire in France. Although easy to quarry due to its proximity to the surface, much of it is blighted by imperfections and the cost of transporting it on poor roads to port was so high, owning to its premium price of nearly 4,000 francs per cubic metre versus comparable French or Italian marbles at a cost 1,500 francs.

La Compagnie Pallu des Marbres Onyx d'Algérie was managed by Pallu’s nephew Gustave Viot (1828 - 1897) and the well-known ‘sculpteur ornemaniste’ Eugène Cornu (1827 - 1899) was employed as designer and artistic director. Eugène Cornu had worked for various manufacturers including the maker of furniture and objets de luxe Maison Tahan, and his signature appears to many of the works of art by the Société des marbres et onyx d'Algérie which were awarded at the international exhibitions in London, 1862, Paris, 1867, and Vienna, 1873. The opulence and splendor of onyx made it the material of choice during the luxuriant Second Empire when commissions were undertaken the Hôtel de La Païva and, perhaps most notably, the staircase at the Opéra Garnier where Albert-Ernest Carrier-Belleuse’s monumental groups in bronze and polychrome onyx tower above the entrance.

The present model, decorated with a three bejeweled elephant heads, reflects the growing mid-19th century taste for ‘exotic’ and the luxurious materials often procured by the East Indian Co. and subsequently shown in groundbreaking public exhibitions of eastern artworks. An elephant-headed pedestal is illustrated in an engraving for the stand of the Société des marbres et onyx d'Algérie at the 1867 Paris exposition universelle, topped with a dual-handled vase studded with flowers and entwined branches – for which the firm won a médaille d’or (The Art Journal, London, 1867, p. 17). A pair of complete vases and covers were sold Christie’s, London, 29 October 1998, lot 269 and another, in champlevé enamel, was sold Westbrook House, Elsted Surrey, Sotheby’s, London, 19-20 September 1995, lot 67.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Reconnu et exploité dès l’Antiquité, l’onyx d’Algérie connaît un regain d’intérêt au milieu du XIXe siècle grâce à Jean-Baptiste Del Monte (1822-1893), qui découvre fortuitement des fragments de cette pierre utilisés dans les travaux de réfection de la route reliant Tlemcen à Oran. Il acquiert alors les anciennes carrières d’Aïn-Tekbalet, dites Bled Rekam, situées aux environs de Tlemcen, avant de les céder à un banquier parisien pour la somme considérable de 100 000 francs. En 1855, leur exploitation passe à la société Alphonse Pallu & Cie, dont les ateliers sont installés rue Popincourt tandis qu’un prestigieux showroom occupe le boulevard des Italiens. Dès lors, ce marbre semi-translucide, communément désigné sous le nom d’ "onyx", s’impose comme l’un des matériaux les plus recherchés des arts décoratifs du Second Empire. Si son extraction est relativement aisée en raison de la faible profondeur des gisements, la qualité de la pierre demeure irrégulière et les coûts de transport, entravés par l’état médiocre des infrastructures, en font un matériau particulièrement onéreux. Son prix atteint près de 4 000 francs le mètre cube, contre environ 1 500 francs pour les marbres français ou italiens de qualité comparable.

La Compagnie Pallu des Marbres Onyx d’Algérie est dirigée par Gustave Viot (1828-1897), neveu d’Alphonse Pallu, tandis que la direction artistique est confiée au sculpteur-ornemaniste Eugène Cornu (1827-1899). Figure majeure des arts décoratifs de son temps, ce dernier collabore auparavant avec plusieurs manufactures renommées, notamment la maison Tahan, célèbre pour ses meubles et objets de luxe. Son nom demeure associé à de nombreuses créations de la Société des marbres et onyx d’Algérie, régulièrement distinguées lors des Expositions universelles de Londres (1862), Paris (1867) et Vienne (1873). Les qualités esthétiques exceptionnelles de l’onyx, sa translucidité et sa polychromie naturelle en font un matériau emblématique du goût fastueux du Second Empire. Il est ainsi employé dans certains des décors les plus spectaculaires de l’époque, notamment à l’Hôtel de La Païva ainsi qu’au grand escalier de l’Opéra Garnier, où les groupes monumentaux en bronze et onyx polychrome d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse contribuent à la magnificence de l’ensemble.

Le présent modèle, orné de trois têtes d’éléphant richement caparaçonnées, illustre parfaitement l’engouement croissant du milieu du XIXe siècle pour les formes inspirées de l’Orient et pour les matériaux exotiques associés au luxe et à la rareté. Alimenté par le développement des échanges commerciaux avec l’Asie et par le succès des grandes expositions internationales, cet orientalisme décoratif trouve un terrain d’expression privilégié dans les productions de la Société des marbres et onyx d’Algérie. Un piédestal à têtes d’éléphant comparable figure d’ailleurs sur une gravure représentant le stand de la société à l’Exposition universelle de Paris de 1867. Surmonté d’un vase à deux anses abondamment décoré de fleurs et de rameaux entrelacés, ce modèle contribua au succès de la maison, récompensée à cette occasion par une médaille d’or (The Art Journal, Londres, 1867, p. 17). Plusieurs exemplaires apparentés sont aujourd’hui répertoriés : une paire complète de vases et couvercles a été vendue chez Christie’s à Londres le 29 octobre 1998 (lot 269), tandis qu’un autre exemplaire, orné d’émaux champlevés, figurait dans la vente Westbrook House, Elsted, Surrey organisée par Sotheby’s à Londres les 19 et 20 septembre 1995 (lot 67).

More from The Exceptional Sale

View All
View All