Lot Essay
Reconnu et exploité dès l’Antiquité, l’onyx d’Algérie connaît un regain d’intérêt au milieu du XIXe siècle grâce à Jean-Baptiste Del Monte (1822-1893), qui découvre fortuitement des fragments de cette pierre utilisés dans les travaux de réfection de la route reliant Tlemcen à Oran. Il acquiert alors les anciennes carrières d’Aïn-Tekbalet, dites Bled Rekam, situées aux environs de Tlemcen, avant de les céder à un banquier parisien pour la somme considérable de 100 000 francs. En 1855, leur exploitation passe à la société Alphonse Pallu & Cie, dont les ateliers sont installés rue Popincourt tandis qu’un prestigieux showroom occupe le boulevard des Italiens. Dès lors, ce marbre semi-translucide, communément désigné sous le nom d’ "onyx", s’impose comme l’un des matériaux les plus recherchés des arts décoratifs du Second Empire. Si son extraction est relativement aisée en raison de la faible profondeur des gisements, la qualité de la pierre demeure irrégulière et les coûts de transport, entravés par l’état médiocre des infrastructures, en font un matériau particulièrement onéreux. Son prix atteint près de 4 000 francs le mètre cube, contre environ 1 500 francs pour les marbres français ou italiens de qualité comparable.
La Compagnie Pallu des Marbres Onyx d’Algérie est dirigée par Gustave Viot (1828-1897), neveu d’Alphonse Pallu, tandis que la direction artistique est confiée au sculpteur-ornemaniste Eugène Cornu (1827-1899). Figure majeure des arts décoratifs de son temps, ce dernier collabore auparavant avec plusieurs manufactures renommées, notamment la maison Tahan, célèbre pour ses meubles et objets de luxe. Son nom demeure associé à de nombreuses créations de la Société des marbres et onyx d’Algérie, régulièrement distinguées lors des Expositions universelles de Londres (1862), Paris (1867) et Vienne (1873). Les qualités esthétiques exceptionnelles de l’onyx, sa translucidité et sa polychromie naturelle en font un matériau emblématique du goût fastueux du Second Empire. Il est ainsi employé dans certains des décors les plus spectaculaires de l’époque, notamment à l’Hôtel de La Païva ainsi qu’au grand escalier de l’Opéra Garnier, où les groupes monumentaux en bronze et onyx polychrome d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse contribuent à la magnificence de l’ensemble.
Le présent modèle, orné de trois têtes d’éléphant richement caparaçonnées, illustre parfaitement l’engouement croissant du milieu du XIXe siècle pour les formes inspirées de l’Orient et pour les matériaux exotiques associés au luxe et à la rareté. Alimenté par le développement des échanges commerciaux avec l’Asie et par le succès des grandes expositions internationales, cet orientalisme décoratif trouve un terrain d’expression privilégié dans les productions de la Société des marbres et onyx d’Algérie. Un piédestal à têtes d’éléphant comparable figure d’ailleurs sur une gravure représentant le stand de la société à l’Exposition universelle de Paris de 1867. Surmonté d’un vase à deux anses abondamment décoré de fleurs et de rameaux entrelacés, ce modèle contribua au succès de la maison, récompensée à cette occasion par une médaille d’or (The Art Journal, Londres, 1867, p. 17). Plusieurs exemplaires apparentés sont aujourd’hui répertoriés : une paire complète de vases et couvercles a été vendue chez Christie’s à Londres le 29 octobre 1998 (lot 269), tandis qu’un autre exemplaire, orné d’émaux champlevés, figurait dans la vente Westbrook House, Elsted, Surrey organisée par Sotheby’s à Londres les 19 et 20 septembre 1995 (lot 67).
La Compagnie Pallu des Marbres Onyx d’Algérie est dirigée par Gustave Viot (1828-1897), neveu d’Alphonse Pallu, tandis que la direction artistique est confiée au sculpteur-ornemaniste Eugène Cornu (1827-1899). Figure majeure des arts décoratifs de son temps, ce dernier collabore auparavant avec plusieurs manufactures renommées, notamment la maison Tahan, célèbre pour ses meubles et objets de luxe. Son nom demeure associé à de nombreuses créations de la Société des marbres et onyx d’Algérie, régulièrement distinguées lors des Expositions universelles de Londres (1862), Paris (1867) et Vienne (1873). Les qualités esthétiques exceptionnelles de l’onyx, sa translucidité et sa polychromie naturelle en font un matériau emblématique du goût fastueux du Second Empire. Il est ainsi employé dans certains des décors les plus spectaculaires de l’époque, notamment à l’Hôtel de La Païva ainsi qu’au grand escalier de l’Opéra Garnier, où les groupes monumentaux en bronze et onyx polychrome d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse contribuent à la magnificence de l’ensemble.
Le présent modèle, orné de trois têtes d’éléphant richement caparaçonnées, illustre parfaitement l’engouement croissant du milieu du XIXe siècle pour les formes inspirées de l’Orient et pour les matériaux exotiques associés au luxe et à la rareté. Alimenté par le développement des échanges commerciaux avec l’Asie et par le succès des grandes expositions internationales, cet orientalisme décoratif trouve un terrain d’expression privilégié dans les productions de la Société des marbres et onyx d’Algérie. Un piédestal à têtes d’éléphant comparable figure d’ailleurs sur une gravure représentant le stand de la société à l’Exposition universelle de Paris de 1867. Surmonté d’un vase à deux anses abondamment décoré de fleurs et de rameaux entrelacés, ce modèle contribua au succès de la maison, récompensée à cette occasion par une médaille d’or (The Art Journal, Londres, 1867, p. 17). Plusieurs exemplaires apparentés sont aujourd’hui répertoriés : une paire complète de vases et couvercles a été vendue chez Christie’s à Londres le 29 octobre 1998 (lot 269), tandis qu’un autre exemplaire, orné d’émaux champlevés, figurait dans la vente Westbrook House, Elsted, Surrey organisée par Sotheby’s à Londres les 19 et 20 septembre 1995 (lot 67).
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