Wou-Ki Zao

Zao Wou-Ki est un peintre franco-chinois moderne affilié au mouvement de l’abstraction lyrique. Il est célèbre pour ses peintures à l’huile exceptionnelles, qui synthétisent les techniques de la peinture chinoise et la composition abstraite occidentale. Son œuvre témoigne d’une profonde affinité avec ces deux traditions.

Né à Pékin, en Chine, en 1920, Zao a appris la calligraphie auprès de son grand-père dès son plus jeune âge. Son intérêt précoce pour l’art a été largement encouragé par sa famille. À l’âge de 15 ans, Zao a intégré l’École des Beaux-Arts de Hangzhou, où il a suivi une formation artistique officielle sous la direction de Lin Fengmian, pionnier très respecté de la peinture chinoise moderne, qui fut également le mentor de l’artiste Chu Teh-Chun. Au cours de ces années formatrices, Zao a principalement peint des œuvres figuratives et idolâtrait les maîtres occidentaux modernes.

En 1948, Zao s’est installé à Paris avec sa première épouse, Lalan, pour se lancer dans un nouveau parcours artistique. S’installant dans le quartier créatif de Montparnasse, Zao se lie d’amitié avec des artistes tels qu’Alberto Giacometti et Joan Miró, et passe de nombreux après-midis au Louvre. C'est là, à Paris, que Zao a travaillé aux côtés des membres de l'École de Paris pour redonner ses lettres de noblesse à l'abstraction, alors que ce style faisait l'objet de critiques croissantes dans l'après-guerre. Il a également rencontré des peintres abstraits, notamment Jean-Paul Riopelle, Joan Mitchell et Pierre Soulages, qui allait devenir un ami de longue date.

Lors d'un voyage en Suisse en 1951, il a découvert l'œuvre symboliste abstraite de Paul Klee, qui l'a incité à s'orienter vers l'abstraction. Sans Titre (Cathédrale) (1951–52) — une composition qui témoigne des premières explorations de Zao en matière de perspective plane, avec des couleurs vives et des lignes et motifs calligraphiques — est un exemple typique de cette période. Elle laisse également entrevoir son retour ultérieur à ses racines chinoises à travers la série « Oracle Bone », où il intégra d’anciens caractères sur os oraculaires dans des paysages imaginaires abstraits.

Zao a beaucoup voyagé à la fin des années 1950, notamment à New York où il a rencontré des expressionnistes abstraits tels que Franz Kline, Barnett Newman et Adolph Gottlieb. L’expression viscérale de l’École de New York a eu un impact profond sur Zao. Au cours des deux décennies suivantes, il a développé un style plus gestuel et expressif sur des toiles de plus grand format, période qui sera définie comme sa « période Hurricane » — l’apogée de sa carrière. En mai 2022, le tableau colossal de Zao intitulé 29.09.64. (1964) s’est vendu pour 35 414 464 dollars chez Christie’s. Représentant la vitesse et l’énergie d’un paysage surréaliste dans diverses nuances de bleu avec des lignes explosives, l’œuvre est emblématique de cette période.

En 1982, les Galeries nationales du Grand Palais à Paris ont été le premier musée français à organiser une exposition solo de Zao, vingt ans avant qu’il ne soit élu à l’Académie des Beaux-Arts de France. Sa première rétrospective muséale aux États-Unis, « No Limits : Zao Wou-Ki », a ouvert ses portes à l’Asia Society de New York en septembre 2016, trois ans après sa mort en 2013.

Véritable artiste « transnational », les œuvres de Zao font partie de collections publiques dans plus de 20 pays.


ZAO WOU-KI (ZHAO WUJI, 1920-2013)

15.01.82 - Triptyque

ZAO WOU-KI (ZHAO WUJI, 1920 - 2013)

Sans titre (Bateaux au claire de la lune) (Untitled (Ships in the Moonlight)

ZAO WOU-KI (1920-2013)

Bonne année

ZAO WOU-KI (ZHAO WUJI, 1920-2013)

Petite Ville Hollandaise (Dutch Town)

ZAO WOU-KI (1920-2013)

Le soir à l ’Hô tel du Palais (Palace Hotel by night)