Tout ce qu'il faut savoir sur l’impressionnisme : comment un groupe d’artistes rebelles a « libéré la peinture »

Comment des pionniers comme Monet, Morisot, Degas et d'autres ont fait tomber les conventions artistiques rigides de la peinture européenne du 19e siècle et fondé le premier mouvement d'avant-garde

Claude Monet (1840-1926), Pommiers en fleurs, 1872. Oil on canvas. 23⅜ x 29 in (59.3 x 73.7 cm). Estimate: $7,000,000-10,000,000. Offered in 20th Century Evening Sale on 19 November 2024 at Christie’s in New York

À l'été 1874, le célèbre photographe Nadar a mis son studio du 35 boulevard des Capucines à disposition d'un groupe d'artistes cherchant à montrer leurs travaux au public.

Ce groupe, où figuraient Claude Monet, Berthe Morisot, Edgar Degas et Camille Pissarro, allait remettre en cause avec audace les traditions de la peinture européenne et changer le cours de l'histoire de l'art. Le 15 avril 1874, ils ont organisé la Première Exposition de la Société Anonyme, et présenté des peintures célébrant la couleur, le mouvement de la lumière et la vision spontanée de la vie contemporaine. L'événement a ensuite pris le nom de Première exposition impressionniste, après la célèbre attaque du critique Louis Leroy, qui la réduisit à de simples « impressions ». Il est aujourd'hui largement considéré comme le point de départ de l'art moderne.

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), La femme aux lilas (Portrait de Nini Lopez), 1876-1877. Oil on canvas. 29 x 23½ in (73.5 x 59.8 cm). Sold for $28,235,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Les impressionnistes allaient par la suite organiser sept autres expositions au cours des douze années suivantes, en faisant fi des conventions, notamment des strictes contraintes de l'Académie en France et en créant une nouvelle méthode indépendante de présentation et de commercialisation de leur art. En privilégiant la façon de voir les choses plutôt que les sujets proprement dits, ils ont été les premiers artistes à définir la réalité à partir de leurs points de vue individuels, ce qui annonçait des mouvements ultérieurs axés sur la subjectivité de l'expérience artistique tels que le fauvisme ou l'expressionnisme abstrait. En détachant l'art de sa fonction mimétique, ils avaient fait naître le premier véritable mouvement avant-gardiste et créé une impression durable qui allait définir l'avenir de l'art moderne et contemporain.

Edgar Degas (1834-1917), Quatre danseuses, c. 1905. Pastel on paper laid down on board. 25¾ x 30 in (65.7 x 76.2 cm). Sold for $5,443,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Le mouvement s'inscrivait en rupture avec l'art qui l'avait précédé

Durant les années 1860 et 1870, les travaux des impressionnistes et d'autres artistes précurseurs étaient fréquemment rejetés par le prestigieux Salon de Paris, l'exposition d'art annuelle de l'Académie des Beaux-Arts, dont le jury privilégiait les compositions « finies » idéalisées aux palettes de couleurs ternes de la peinture académique. En 1863, alors que le Salon avait refusé deux tiers des œuvres qui lui avaient été soumises, l'empereur Napoléon III estima que les travaux rejetés méritaient d'être présentés au public et créa le Salon des refusés, dans lequel des tableaux controversés de Manet, Whistler et d'autres firent des vagues.

Edouard Manet (1832-1883), Pivoines dans une bouteille, 1864. Oil on canvas. 25⅝ x 21⅜ in (65 x 54.4 cm). Sold for $8,615,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Le Salon des refusés ouvrait la voie à de futures expositions d'art avant-gardiste en marge du Salon officiel, y compris avec la première Exposition impressionniste de 1874. L'impressionnisme représentait un changement radical pour le public du Salon, qui était, dans les années 1870, habitué aux thèmes historiques et mythologiques ayant dominé la peinture pendant des siècles. Comme l'a dit Pierre-Auguste Renoir, « ce qui me semble le plus significatif dans notre mouvement, c'est que nous avons libéré la peinture de l'importance du sujet. Je suis libre de peindre des fleurs et de les appeler fleurs, sans qu'elles aient besoin de raconter une histoire.

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Femme nue couchée dans un paysage, 1902. Oil on canvas. 14⅝ x 19½ in (37 x 49.5 cm). Sold for $2,393,000 in Impressionist and Modern Art Day Sale on 19 May 2026 at Christie’s in New York

Tout a commencé avec Monet

Le tableau Impression, soleil levant (1872) de Monet, qui a donné son nom à l'impressionnisme, a été pris pour cible par Louis Leroy dans sa critique acerbe de l'exposition de 1874 pour le journal satirique Le Charivari. Il a ainsi écrit que « le papier peint à l’état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là » en parlant du port peint par Monet.

En effet, le caractère presque esquissé et immédiat du tableau de Monet représente exactement le génie de l'impressionnisme. Sa représentation de l'aube se reflétant sur l'eau offre un contraste saisissant face au paysage industriel aux couleurs pastel, avec des touches de pigment orange qui irradient la mer d'huile du Havre. Son utilisation de la peinture, que l'on peut voir dans ses sujets favoris (des meules de foin, la cathédrale de Rouen ou encore les nymphéas, par exemple), prenait déjà forme sur cette toile.

L'impressionnisme a changé la façon de percevoir la peinture

En adoptant des cadrages spectaculaires et en mettant l'accent sur la lumière et les teintes saturées, les impressionnistes saisissaient le drame évanescent des instants fugitifs et conjuguaient la peinture française au temps présent. Délaissant la perspective linéaire traditionnelle et le modelé pour des tracés souples et des touches de couleurs hésitantes, leur approche était une invitation provocante à appréhender la toile comme une surface.

Emile Zola a décrit l'impressionnisme comme « l'étude de la lumière dans ses milliers de décompositions et recompositions ». Les impressionnistes étudiaient les effets de la lumière ; Monet en a notamment approfondi l'exploration en peignant ses sujets favoris à de multiples reprises à différentes heures, à différentes saisons et dans différentes conditions météorologiques. Son œuvre serait, par exemple, incomplète sans sa série de peintures montrant les différentes ombres sur la cathédrale de Rouen ou le passage des saisons à Giverny, où il a peint des dizaines de toiles de ses nymphéas et meules de foin légendaires.

D'autres ont trouvé leur inspiration récurrente sur différents sites à Paris et dans ses environs, qu'ils ont longuement arpentés. Degas est devenu un habitué des ballets et des champs de courses, tandis qu'on voyait souvent Mary Cassatt aux représentations de l'opéra, sous les dorures du palais Garnier.

... et de peindre des tableaux

Le style unique des impressionnistes doit beaucoup à leur refus de peindre dans un atelier. Alors qu'auparavant, les artistes commençaient souvent des paysages à l'extérieur et les terminaient plus tard, des peintres comme Monet, Renoir et Alfred Sisley travaillaient sur leurs toiles en plein air, du début à la fin.

Camille Pissarro (1830-1903), Meule et vaches dans le pré à Eragny, soleil couchant, 1896. Oil on canvas. 21½ x 25¾ in (54.5 x 65.5 cm). Sold for $4,101,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Edgar Degas (1834-1917), Enfants et poneys dans un parc, c. 1867. Oil on canvas 39 ⅞ x 34 ⅞ in. (101.1 x 88.8 cm.) Sold for $5,443,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Rien de tout cela n'aurait été possible sans les tubes de peinture en métal. Jusqu'à ce qu'ils soient inventés, en 1841, on stockait la peinture à l'huile dans des vessies de porc, qui avaient notamment pour inconvénient d'être difficiles à transporter. Avec les tubes de peinture, les impressionnistes disposaient de la liberté de peindre n'importe où, ce qui leur a permis de consigner la vie urbaine et rurale avec une spontanéité inédite.

Les nouvelles technologies ont élargi leurs horizons

Il a toutefois fallu plus que des tubes de peinture pour donner aux impressionnistes un sentiment inédit de liberté. Quand ils ont émergé, la révolution industrielle était finie et les nouvelles technologies étaient acceptées et largement diffusées à travers l'Europe.

Le train allait bientôt devenir le mode de déplacement de prédilection à travers le continent, ce qui modifierait la relation des personnes avec le monde et avec les voyages. Le chemin de fer attirait Monet, qui était notamment fasciné par les gares de construction récente, qui représentaient des espaces de transition entre la vie urbaine et les scènes pastorales, comme en témoignent ses nombreuses peintures de la gare Saint-Lazare.

Alfred Sisley (1839-1899), Le viaduc d'Auteuil, 1878. Oil on canvas. 18¼ x 24⅜ in (46.4 x 61.3 cm). Sold for $2,515,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Les cheminées, qui florissaient dans les paysages urbains, apparaissaient également dans les travaux des impressionnistes. Les paysages de Monet en comptent souvent à l'arrière-plan, tout comme ceux de Degas. Moins révolutionnaires qu'ils ne l'avaient été quelques décennies plus tôt, ces motifs industriels faisaient partie intégrante du cadre de vie quotidien et les impressionnistes cherchaient à les peindre tels qu'ils les voyaient.

Les impressionnistes s'intéressaient au quotidien

L'impressionnisme a bousculé les limites en tendant un miroir à de nombreuses couches de la société pour montrer leurs activités quotidiennes, aussi bien dans le travail que dans les loisirs. Les peintures marines de Manet et Renoir représentaient, par exemple, les classes moyennes et supérieures dans des scènes de navigation de plaisance. Pour leur part, Degas et Gustave Caillebotte observaient souvent la vie des masses laborieuses.

Childe Hassam (1859-1935), Central Park, c. 1890-1892. Oil on canvas. 18 x 22¼ in (45.7 x 56.5 cm). Sold for $1,905,000 in Impressionist and Modern Art Day Sale on 19 May 2026 at Christie’s in New York

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Jeune fille assise tenant une rose, 1907. Oil on canvas. 25¾ x 21½ in (65.4 x 54.5 cm). Sold for $1,587,500 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Les limites imposées par la société de l'époque interdisaient à Berthe Morisot et Mary Cassatt d'accéder à des endroits où leurs homologues masculins pouvaient aller sans contrainte. N'étant pas autorisées à participer à des séances de dessin d'après modèle ni à être seules avec un homme qui n'était pas de leur famille, elles n'avaient guère d'autre choix que de peindre des scènes domestiques de femmes et d'enfants de leur propre milieu. Malgré ces restrictions, leur volonté révolutionnaire d'intégrer ces environnements à leurs sujets artistiques leur a valu un succès considérable et le respect de leurs contemporains. Après avoir vu le travail de Cassatt, Degas a déclaré : « Il existe une personne qui ressent la même chose que moi. »

Leur peinture répondait à des influences diverses

L'une des figures qui a le plus inspiré les impressionnistes fut Edouard Manet, tout autant un modèle qu'un collègue pour eux. Dans les années 1860, il a commencé à explorer les aplats de couleurs et les représentations fidèles du quotidien, deux caractéristiques qui allaient définir le mouvement. Alors que les nus étaient idéalisés dans les scènes mythologiques, son Le déjeuner sur l’herbe (1863), scandalisa les visiteurs du Salon des refusés avec son portrait précis d'une femme nue dans un décor contemporain. La manipulation de la lumière par Eugène Delacroixdans le but de renforcer l'émotion, l'art émergent de la photographie et l'art japonais de l'ukiyo-e. figurent également parmi les références de l'impressionnisme.

lls ne se limitaient pas à la peinture

L'un des exemples les plus connus des expérimentations des impressionnistes au-delà de la toile est La Petite Danseuse de quatorze ans, de Degas (vers 1880), qui pousse les explorations du mouvement dans la couleur et la forme vers la sculpture. Les textures pétries des bronzes de Degas et d'Auguste Rodin rappellent les surfaces richement travaillées des peintures du groupe.

Les estampes de Mary Cassatt, à l'image de La Lettre (1890), illustrent les travaux impressionnistes dans ce domaine. Inspirée par l'esthétique des estampes sur bois de l'ukiyo-e de l'époque Edo au Japon, elle a repris leurs surfaces planes caractéristiques, ainsi que leurs motifs éclatants et l'absence de point de fuite unique dans sa représentation de l'univers intime des femmes du 19e siècle.

Edgar Degas (1834-1917), Quatre danseuses à mi-corps, 1899. Pastel and charcoal on paper laid down on board. 27½ x 28⅜ in (69.9 x 72.1 cm). Sold for $1,524,000 in Impressionist and Modern Works on Paper Sale on 19 May 2026 at Christie’s in New York

Ils entretenaient des liens étroits avec les milieux littéraires

Plongés dans la riche vie culturelle parisienne de la fin du 19e siècle, les impressionnistes entretenaient des relations privilégiées avec les milieux littéraires de l'époque. Dans ses récits naturalistes, Émile Zola écrivait avec la même attention des détails du quotidien que ce que l'on pouvait voir dans les peintures impressionnistes. Critique d'art, il était l'un des rares à encenser le Salon des refusés et est devenu l'un des plus fervents défenseurs du mouvement. Il notamment annoncé l'apparition de l'impressionnisme dans ses commentaires contre le Salon de 1865, expliquant que « l'artiste devrait exprimer sa personnalité et son tempérament au lieu de reproduire la réalité ».

Les impressionnistes ont longtemps été associés au symbolisme en littérature, incarné par des poètes pionniers tels que Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine. Adeptes des vers libres et des évocations plutôt que des descriptions, ils utilisaient des images symboliques et souvent synesthésiques dans leurs œuvres, ce qui rappelle énormément la méthode physique et libre employée par les impressionnistes pour leurs peintures, ainsi que la vivacité de leurs couleurs

Ils dépendaient de mécènes privés

L'un des plus grands défis que les impressionnistes ont dû surmonter dès leurs débuts était le manque d'argent récurrent. Monet et Renoir ont vécu dans la pauvreté pendant les années 1870. La présence au Salon était critique pour la réussite financière d'un artiste et, faute de soutien de l'Académie, les impressionnistes ont dû compter sur des mécènes individuels.

Gustave Caillebotte, artiste impressionniste s'il en est, avait hérité d'une fortune considérable qui lui a permis d'acheter des œuvres de ces camarades afin de les soutenir financièrement. Pissarro, Renoir et Monet en ont tous profité. Caillebotte a même un temps aidé ce dernier à payer le loyer de son atelier.

Gustave Caillebotte (1848-1894), Le Déjeuner, 1876. Oil on canvas. 20½ x 29⅞ in (52.2 x 76 cm). Sold for $8,615,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Des marchands comme Ambroise Vollard, Père Tanguy et Paul Durand-Ruel ont eux aussi directement acheté des tableaux aux impressionnistes, investissant ainsi dans leurs travaux avant qu'ils deviennent populaires. Leurs efforts ont peu à peu fragilisé le système du Salon en France, en contribuant de fait à décentraliser le marché de l'art français au 19e siècle. De plus, les approches innovantes adoptées par les impressionnistes et Durand-Ruel, leur ami et marchand, allaient jeter les bases du système de galeries que nous connaissons aujourd'hui.

À sa mort en 1894, Caillebotte léguait l'intégralité des 68 œuvres de sa collection à l'État français. Celui-ci en a accepté 38, avec une certaine réticence étant donné que le gouvernement n'était guère intéressé par ces impressionnistes qui n'étaient pas passés par l'Académie. Cet événement, connu sous le nom de Leg Caillebotte, a fait entrer les travaux des impressionnistes dans les musées français (de nombreux tableaux sont aujourd'hui au musée d'Orsay), ce qui a légitimé et préservé leurs travaux pour les générations futures.

Les impressionnistes ont fait sensation en Amérique

Durand-Ruel a joué un rôle dans la promotion des impressionnistes à l'étranger. Dans les années 1870, l'impressionnisme suscitait encore le scepticisme, mais lorsque Durand-Ruel a envoyé 300 œuvres par bateau vers les États-Unis pour une exposition itinérante en 1886, les collectionneurs américains ouverts d'esprit ont adopté cette nouvelle forme de peinture. À l'occasion d'une visite à New York l'année suivante, il a ouvert une nouvelle galerie sur la Cinquième avenue, offrant ainsi, aux yeux du public américain, un air de professionnalisme aux artistes, car leurs tableaux étaient disponibles chez un marchand. À sa mort, en 1922, Durand-Ruel avait aidé des dizaines d'artistes à construire leur succès à l'international.

Childe Hassam (1859-1935), Across the Avenue in Sunlight, June 1918. Oil on canvas. 26 x 36 in (66 x 91.4 cm). Sold for $10,410,000 in 20th Century Evening Sale on 18 May 2026 at Christie’s in New York

Mary Cassatt allait elle aussi jouer un rôle majeur en conseillant les collectionneurs américains pour leurs achats. Elle les encourageait également, au grand bénéfice des musées actuels, à faire don in fine de leurs collections à des musées américains.

L'artiste américain expatrié John Singer Sargent, qui s'était lié d'amitié avec Monet à Paris en 1876, est devenu un des maîtres de la deuxième génération des impressionnistes.

Leur héritage est considérable

Depuis cette audacieuse première exposition voilà 150 ans, l'impressionnisme reste l'un des mouvements artistiques les plus influents de tous les temps. Les impressionnistes ont fait exploser les conventions esthétiques de leur époque, tandis que leurs marchands et soutiens ont abattu le système qui les avait exclus.

L'impressionnisme a constitué le premier pas vers l'abstraction pure, une idée jusqu'alors inconcevable.

Peu après, le fauvisme, l'expressionnisme et le pointillisme s'appuieraient sur cette base et s'aventureraient plus avant vers l'abstraction. Au début du 20e siècle, le surréalisme, le cubisme et le dadaïsme avaient pleinement affirmé l'avènement du modernisme. L'héritage des impressionnistes est encore aujourd'hui immense, puisqu'ils ont inspiré de nombreux mouvements d'avant-garde ainsi que des courants de l'art contemporain jusqu'à nos jours. Ces artistes rebelles de 1874 ont profondément transformé les fondements mêmes de l'art, en invitant le public à s'interroger non seulement sur ce qu'il voit, mais aussi sur la façon dont nous percevons le monde qui nous entoure.

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