STATUE JANUS SONGYÉ
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STATUE JANUS SONGYÉ

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Details
STATUE JANUS SONGYÉ
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Hauteur : 60 cm. (23 5⁄8 in.)
Provenance
Edgar Beer (1909-1984), Bruxelles
Mathias L.J. Lemaire (1892-1979), Amsterdam, acquis auprès de ce dernier ca. 1965 (inv. n° 25892)
Collection Ruth et Ernst (1914-2002) Anspach, New York
Mon Steyaert, Bruxelles
Jacques Yankel (1920-2004), Paris
Loudmer-Poulain-Boisgirard-de Heeckeren, Hôtel Drouot, Paris, Arts primitifs. Collection Yankel, 18 octobre 1978, lot 65 (pl. IV)
Collection Françoise et Jean (1936-2021) Corlay, Paris
Sotheby's, Paris, Collection Françoise et Jean Corlay. Arts d'Afrique, 18 juin 2013, lot 14 (plat recto)
Collection Jean-Louis Danis, acquis lors de cette vente
Literature
Neyt, F., Songye. The Formidable Statuary of Central Africa / La redoutable statuaire songye d'Afrique centrale, Anvers, 2004, p. 49, n° 8
Further details
SONGYE JANUS FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

par François Neyt

Cette statue janiforme est composée d’un côté d’une figure androgyne et de l’autre d’un visage féminin relié au corps de l’ancêtre. Le sculpteur Songye Ilande trouve un point d’équilibre entre l’ancêtre bienveillant et la force du cosmos. Les Ilande peuplent la zone méridionale des Songye de l’ouest près des Budja résidant sous la capitale de Kabinda jusqu’aux rives de la Lomami et de la Lubengule. Marqués d’une empreinte Luba, les Songye ont leur identité propre que nous décrivons ci-dessous.

La prestance de cette figure janiforme se traduit dans l’eurythmie et l’équilibre des formes, la rigueur des traits sculptés et l’imposante expression de la tête marquée d’un large sourire. Celle-ci est composée d’une figure hermaphrodite surmontée d’une tête Janus. Taillée dans un bois mi-lourd, haute de 58 cm, la double figure est rougeâtre, revêtue d’une onction à reflet noir.

De face, la sculpture présente un visage aux surfaces pleines. De grands yeux globuleux et ouverts s’inscrivent dans des orbites profondes que prolonge le plan nasal épaté aux ailes larges. La bouche est largement ouverte en arc de cercle. Les oreilles ont le pavillon en arrondi et le tragus en triangle. Sur le haut du front est positionné un arc de clous en laiton. La coiffe en forme de calotte est surhaussée. A l’endroit de la fontanelle, des clous et des plaques en métal fixent une charge magique. Le cou cylindrique longiforme est décoré de deux rangées de perles en pâte de verre bleu azur et blanches. Le plan des épaules épannelé sur un plan horizontal se prolonge par des membres égaux, les bras repliés vers l’avant - le long du corps -, les mains taillées en biseau, posées sur les hanches, se tendent, ouvertes, vers l’avant. Le double corps légèrement bombé met en relief des seins légèrement en pointe et le nombril circulaire en métal. La bourse du sexe est composée d’une coque sombre entourée de cauris et de coquillages suspendus à une corde. Les jambes aux cuisses courtes reposent sur un socle circulaire et bombé.

De dos, le visage souriant aux formes pleines et arrondies, quatre clous en croix sur le front, prend place au-dessus de la nuque de la figure hermaphrodite. Le cou et le corps sont celui de la première figure : le dos est cambré en méplat, les omoplates forment une courbe horizontale rejoignant le haut des bras. L’arrière du fessier et des membres inférieurs dessinent un arc de cercle jusqu’aux pieds quasi effacés sur le socle.

Dans l’atelier Ilande, plusieurs sculptures sont androgynes. Elles ne portent pas la barbe, ont des seins pointus de jeune femme et un sexe masculin. Ce très bel exemplaire fut ramené en 1920 par le Gouverneur général Heenen. L’effigie acquise par feu Willy Mestach est exemplative1 de la maîtrise de son artiste ; elle exprime une forte présence habitée d’une grande intériorité. Dans la même ligne s’inscrit la figure acquise par Hans Himmelheber2 ; par son caractère doublement sexualisé, elle renforce les rites de fécondité lors des néoménies. Cet atelier-ci se situe chez les Bena-Kibeshi qui font partie des Ilande. Ces effigies, tout comme les statues androgynes, présidaient aux rites de fécondité.

by François Neyt

This Janiform statue is composed of an androgynous figure and a female face linked to the body of the ancestor in which the Songye Ilande sculptor finds the equilibrium between the benevolent ancestor and the force of the cosmos. The Ilande people live in the southern zone of the Western Songye, near the Budja who live below the capital of Kabinda, right up to the banks of the Lomami and Lubengule rivers. Marked with Luba influence, the Songye have their own identity, which we describe below.

The poise of this Janiform figure is reflected in the eurhythmics and the balance of its forms, the rigour of the sculpted features, and the imposing expression of the head marked by a broad smile. It is composed of a hermaphrodite body surmounted by a Janus head. Carved in medium-heavy wood, 58 cm high, the double figure is reddish in colour and anointed with a black sheen.

On the front, the sculpture shows a face with filled out surfaces. Its open eyes, large and globular, are set in deep sockets, which are extended by the wide-winged, blunt nasal plane. The mouth is wide open in a circular arc. The ears have a rounded pinna and a triangular tragus. Brass studs decorate the top of the forehead. The skullcap is raised. Metal nails and plates attach a magic charge to the fontanel. The long cylindrical neck is decorated with two rows of azure blue and white glass beads. The horizontal plane of the shoulders is extended by equal limbs, the arms bent forward, the bevelled hands extending from the hips. The slightly domed double body highlights the pointed breasts and the circular metal navel. The sex pouch consists of a dark shell surrounded by cowries and shells suspended from a rope. The legs, with their short thighs, rest on a circular, curved base.

From the back, the full, rounded forms of the smiling face, marked with a studded cross on the forehead, takes its place at the nape of the neck of the hermaphroditic figure. The back of the buttocks and the lower limbs form a circular arc down to the feet, which are almost invisible on the base.

In the Ilande studio, several sculptures are androgynous. They don't have beards, but have pointed young female breasts and male genitalia. This beautiful one was brought back in 1920 by Governor General Heenen. The effigy acquired by the late Willy Mestach is exemplary1 of its artist's mastery in expressing a strong presence imbued with great interiority. The figure acquired by Hans Himmelheber2 is in a similar vein, with its doubly sexualised character that reinforces the fertility rites practiced during the neomenias; this workshop is located among the Bena-Kibeshi, who are part of the Ilande. These effigies, as well as the androgynous statues, presided over fertility rites.

1 Neyt, F., Songye. The Formidable Statuary of Central Africa / La redoutable statuaire songye d'Afrique centrale, Anvers, 2004, pp. 38-39.
2 Ibid., pp. 40 et 306-307.

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