Maurice Tabard (1897-1984)
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Maurice Tabard (1897-1984)

Surimpression, 1929

Details
Maurice Tabard (1897-1984)
Surimpression, 1929
tirage argentique, contrecollé sur support cartonné
signé et daté "Tabard 29" au crayon (montage, recto), cachet du photographe "PHOTO/Maurice/TABARD/PARIS" (montage, verso)
image/feuille : 22.8 x 17.2 cm. (9 x 6 ¾ in.)
montage : 44.4 x 35.5 cm. (17 ½ x 14 in.)

gelatin silver print, mounted on card
signed and dated "Tabard 29" in pencil (mount, recto), stamped photographer's credit "PHOTO/Maurice/TABARD/PARIS" (mount, verso)
Provenance
Collection Roger Therond, Paris (acquis directement auprès du photographe)
Literature
R. Krauss, J. Livingston et D. Ades, Explosante-Fixe : Photographie & Surréalisme, Centre Pompidou / Hazan, Paris, 1985, fig. 14, p. 23 (inversé)
P. Gassmann, R. Krauss et C. Elissagaray, Maurice Tabard, Contrejour, Paris, 1987, p. 97 (inversé)
C. Nori, La photographie française : des origines à nos jours, Contrejour, Paris, 1988, p. 37 (inversé)
M. Morris Hambourg et C. Phillips, The New Vision: Photography Between the World Wars, Ford Motor Company Collection, The Metropolitan Museum of Art, New York, 1989, pl. 68, p. 200 (inversé)
R. Therond, surréalisme, Éditions du Chêne, Paris, 2001, p. 139 (ce tirage)
X. Canonne, Maurice Tabard : le géomètre, Musée de la Photographie, Charleroi, 2002, sur la couverture et p. 10 (inversé)
D. Baqué et R. Durand, Éblouissement, Jeu de Paume, Paris, 2004, p. 56 (inversé)
D. Ottinger et M. Sarré, Da Magritte a Duchamp : 1929 : il grande Surrealismo dal Centre Pompidou, Skira, Milan, 2018, n° 3, p. 176
B. Léal, Ensemble : Centre Pompidou - Museum Frieder Burda, Wienand, Cologne / Museum Frieder Burda, Baden-Baden, 2019, p. 203 (inversé)
Exhibited
Cleveland, New Gallery of Contemporary Art (octobre-novembre), Dayton, Dayton Art Institute (février-avril) et New York, Brooklyn Museum (mai-juillet), Photographic Surrealism, 1979-1980 (reproduit au catalogue d'exposition sur la couverture)
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 232 (reproduit au catalogue d'exposition p. 293 et p. 362)

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Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Dans cette surimpression qui compte parmi ses œuvres les plus célèbres, Maurice Tabard superpose deux négatifs confondant le corps d’une femme nue avec une paire de gants en caoutchouc. Il réutilise ce même motif dans une autre composition intitulée Visage et mains, dont un tirage est conservé au Centre Pompidou (AM 1981-893).

Cette œuvre appartient à la période la plus dense et inventive de sa carrière, après son retour des États-Unis, lorsqu’il élabore un langage visuel qui fait de lui l’un des principaux représentants de la photographie surréaliste européenne. Il explore la surimpression, procédé alors largement utilisé par les surréalistes. S'il est l’ami intime de Man Ray et qu’il fréquente Magritte, Tabard n'adhère jamais formellement au mouvement.

La scène convoque le thème de l’enfermement, récurrent chez Tabard. La figure féminine semble contrainte par ces mains démesurées dont les doigts semblent former une cage. S'y condensent également les principales préoccupations formelles de son œuvre : contrastes lumineux, assemblages complexes d’objets et rigueur géométrique. La main est pour lui à la fois instrument de création et objet de fascination : elle mesure, saisit, projette.

In this multiple exposure, which ranks among his most celebrated works, Maurice Tabard superimposes two negatives, merging the body of a nude woman with a pair of rubber gloves. He would later reuse this same motif in another composition, Visage et mains, a print of which is preserved at the Centre Pompidou (AM 1981-893).

This work belongs to the most prolific and inventive period of his career, following his return from the United States, when he developed a visual language that established him as one of the leading figures of European Surrealist photography. He explored double exposure, a process then widely employed by the Surrealists. Although a close friend of Man Ray and acquainted with Magritte, Tabard never formally joined the movement.


The scene evokes the theme of confinement, a recurring subject in Tabard’s work. The female figure appears constrained by these oversized hands, whose fingers seem to form a cage. The image also condenses the principal formal concerns of his oeuvre: contrasts of light, complex assemblages of objects, and geometric rigor. For him, the hand was both an instrument of creation and an object of fascination: it measures, grasps, and projects.

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