Berenice Abbott (1898-1991)
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James Joyce, vers 1928

Details
Berenice Abbott (1898-1991)
James Joyce, vers 1928
tirage argentique
annoté ''James Joyce'' au crayon et ''9⁄2 cm (écriture illisible) 'James Joyce' à disposer sur une page avec Philippe Soupault'' à l'encre brune, cachets de la photographe "Photographie de Berenice Abbott/18, Rue Servandoni, 18/Paris-6e" et ''VARIÉTÉS/REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE DE L'ESPRIT CONTEMPORAIN/11, AVENUE DU CONGO/BRUXELLES'' et diverses annotations au crayon bleu (image, verso)
image/feuille : 17 x 12.5 cm. (6 ¾ x 4 7⁄8 in.)
Un autre tirage de cette image est conservé dans les collections de la National Portrait Gallery, Londres (NPG P609).

gelatin silver print
annotated ''James Joyce'' in pencil and ''9⁄2 cm (illegible writing) 'James Joyce' to be placed on a page with Philippe Soupault'' in brown ink, stamped photographer's credit "Photographie de Berenice Abbott/18, Rue Servandoni, 18/Paris-6e" and stamped ''VARIÉTÉS/REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE DE L'ESPRIT CONTEMPORAIN/11, AVENUE DU CONGO/BRUXELLES'' and variously annotated in blue pencil (image, verso)
Another print of this image is held in the collections of the National Portrait Gallery, London (NPG P609).
Provenance
Collection Roger Therond, Paris
Literature
B. Abbott, M. Rukeyser et D. Vestal, Photographs, Horizon Press, New York, 1970, p. 24 (cadrage plus large)
H. O'Neal et B. Hermann, Berenice Abbott : photographe américaine, Sers, Paris, 1982, p. 43
D. Saywell et J. Simon, The complete illustrated catalogue: National Portrait Gallery, London, Unicorn Press, Londres, 2004, p. 343
S. Nairne, C. Hitchens et T. Pepper, Vanity Fair portraits: photographs, 1913-2008, National Portrait Gallery, Londres, 2008, p. 54
P. Prodger, 100 Photographs, National Portrait Gallery, Londres, 2018, p. 60
M. R. Taylor et A. L. Nyerges, Man Ray: the Paris years, Virginia Museum of Fine Arts, Richmond, 2021, fig. 1, p. 41
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 176 (illustré au catalogue de l'exposition p. 238 et p. 348)

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Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Au début des années 1920, Berenice Abbott quitte les États-Unis afin de parfaire sa formation artistique en Europe. Installée à Paris, elle étudie la photographie auprès de Man Ray avant d'ouvrir, en 1926, son propre atelier. Celui-ci devient rapidement le cadre de ses portraits de la bohème artistique et intellectuelle parisienne.

Deux ans après avoir photographié James Joyce pour la première fois à son domicile, Abbott le retrouve dans son studio pour un nouveau portrait. L'écrivain irlandais, alors absorbé par la rédaction de Finnegans Wake, est saisi dans un cadrage serré : le visage de profil, la tête appuyée sur une main, dans une pose à la fois méditative et introspective. Depuis 1910, Joyce souffre de graves troubles oculaires. Au moment où cette photographie est réalisée, il est aveugle de l'œil gauche, une condition qui confère au portrait une intensité et une gravité particulières.

Plusieurs institutions conservent des tirages provenant de cette même séance photographique, montrant l’auteur du sulfureux Ulysse (1922) dans des poses légèrement différentes : la tête reposant alternativement sur la main droite ou la main gauche, avec ou sans son cache-œil. Cette épreuve présente un intérêt particulier, puisqu'elle est estampillée au verso du cachet de la revue surréaliste belge Variétés. Elle y fut reproduite peu après sa réalisation, en vis-à-vis d'un portrait du poète surréaliste Philippe Soupault.

In the early 1920s, Berenice Abbott left the United States to further her artistic training in Europe. Settling in Paris, she studied photography under Man Ray before opening her own studio in 1926. It quickly became the setting for her portraits of the Parisian artistic and intellectual avant-garde.

Two years after first photographing James Joyce in his home, Abbott invited him to her studio for a new portrait. The Irish writer, then deeply engaged in the composition of Finnegans Wake, is captured in a tightly framed image: shown in profile, his head resting on one hand, in a pose that is at once meditative and introspective. Since 1910, Joyce had suffered from severe eye problems. At the time this photograph was made, he was blind in his left eye, a condition that lends the portrait a particular intensity and gravity.

Several institutions preserve prints from this same sitting, showing the author of the controversial Ulysses (1922) in slightly different poses, with his head alternately resting on his right or left hand, and either with or without his eyepatch. The present print is of particular interest because it bears, on the reverse, the stamp of the Belgian Surrealist journal Variétés. It was reproduced there shortly after its creation, opposite a portrait of the Surrealist poet Philippe Soupault.

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