Hans Bellmer (1902-1975)
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Provenant d’un collectionneur suisse
Hans Bellmer (1902-1975)

Talon aiguille

Details
Hans Bellmer (1902-1975)
Talon aiguille
signé 'Bellmer' (en bas à droite) et daté '1958.' (en bas à gauche); inscrit 'TALON AIGUILLE' (au revers)
huile et plume et encre sur toile
65.4 x 65.4 cm.
Peint en 1958

signed 'Bellmer' (lower right) and dated '1958.' (lower left); inscribed 'TALON AIGUILLE' (on the reverse)
oil and pen and ink on canvas
25 ¾ x 25 ¾ in.
Painted in 1958
Provenance
Galerie Gmurzynska, Cologne (avant 1966).
Obelisk Gallery, Londres (avant 1967).
J.C. McMullan, Londres (avant 1968).
Obelisk Gallery, Londres.
Collection particulière (acquis auprès de celle-ci en 1970); vente, Sotheby's, Londres, 24 juin 2014, lot 238.
Acquis au cours de cette vente par le propriétaire actuel.
Exhibited
Cologne, Galerie Gmurzynska, Bellmer, Ölbilder, Zeichnungen, Grafiken, avril-mai 1966, no. 2 (illustré).
Exeter, Exeter City Gallery, The Enchanted Domain, Surrealist Art, avril-mai 1967, no. 15.
Londres, Institute of Contemporary Arts, The Obsessive Image, 1960-1968, avril-mai 1968, p. 58, no. 8.
Further details
Rodica Aldoux a confirmé l’authenticité de cette œuvre.

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Lot Essay

« Ce qui est en jeu ici, c’est une unité totalement nouvelle de la forme, du sens et du sentiment : des images-langages qui ne peuvent être simplement pensées ou mises par écrit… Elles constituent des objets nouveaux, aux multiples facettes, semblables à des polyplans faits de miroirs… Comme si l’illogique était une forme de détente, comme si le rire était permis tout en pensant, comme si l’erreur était un chemin et le hasard, une preuve d’éternité. »
- Hans Bellmer

Réalisée en 1958, Talon aiguille appartient à une période où Hans Bellmer délaisse progressivement la photographie de la Poupée qui l’avait rendu célèbre pour développer, notamment dans la peinture et le dessin, un langage plus libre et plus intérieur. Le corps, pourtant, demeure au centre de son travail : il y apparaît fragmenté, déplacé, recomposé, soumis à des associations qui tiennent autant du rêve que du désir.

Le titre de l’œuvre, Talon aiguille, évoque immédiatement l’univers du fétichisme, auquel Bellmer est profondément lié. Mais il ne s’agit pas simplement ici de représenter un objet ou une figure féminine. Comme souvent chez lui, les formes semblent hésiter entre le corps et l’objet, entre le réel et une image mentale. Cette ambiguïté donne à la peinture son caractère à la fois sensuel et troublant.

À la fin des années 1950, Bellmer poursuit ainsi une recherche engagée plusieurs décennies auparavant : faire du corps un territoire de transformation, où les conventions de l’anatomie et de la représentation peuvent être librement bouleversées. Talon aiguille témoigne de cette continuité, tout en laissant apparaître une peinture plus autonome, où la forme et la matière prennent une place croissante.


What is at stake here is a totally new unity of form, meaning and feeling: language-images that cannot simply be thought up or written up… They constitute new, multifaceted objects, resembling polyplanes made of mirrors … As if the illogical was relaxation, as if laughter was permitted while thinking, as if error was a way and chance, a proof of eternity.”
- Hans Bellmer


Painted in 1958, Talon aiguille belongs to a period in which Hans Bellmer was gradually moving away from the photographs of the Doll that had made him famous, developing instead, particularly in painting and drawing, a freer and more inward-looking visual language. The body nevertheless remained at the centre of his work: fragmented, displaced and recomposed, it is subjected to associations that draw as much on dream as on desire.

The title Talon aiguille immediately evokes the world of fetishism, with which Bellmer’s work is deeply associated. Yet the painting is not simply concerned with depicting an object or a female figure. As is often the case with Bellmer, forms seem to hover between body and object, between reality and mental image. This ambiguity gives the work its sensual yet unsettling quality.

In the late 1950s, Bellmer continued a line of enquiry that had begun several decades earlier, turning the body into a territory of transformation in which the conventions of anatomy and representation could be freely disrupted. Talon aiguille reflects this continuity, while also revealing a more autonomous approach to painting, in which form and materiality take on an increasingly important role.

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