CABINET D'ÉPOQUE BAROQUE
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COLLECTION PRIVÉE EUROPÉENNE
CABINET D'ÉPOQUE BAROQUE

LES PANNEAUX DE PIETRA DURA ATTRIBUÉS AUX ATELIERS DU GRAND-DUC DE TOSCANE, FLORENCE, LE CABINET, FLANDRES, MILIEU DU XVIIE SIÈCLE

Details
CABINET D'ÉPOQUE BAROQUE
LES PANNEAUX DE PIETRA DURA ATTRIBUÉS AUX ATELIERS DU GRAND-DUC DE TOSCANE, FLORENCE, LE CABINET, FLANDRES, MILIEU DU XVIIE SIÈCLE
En placage de bois de rose et bois noirci, marqueterie de marbres et pierres dures, ornementation de cuivre doré, surmontée d'une corniche à doucines, la façade centrée d'une porte à décor d'Orphée jouant de la musique entouré d'animaux, dévoilant quatre tiroirs, flanquée de deux colonnes en marbre et surmontée d'un fronton circulaire à décor de singes, chaque côté latéral ouvrant par quatre tiroirs à décor d'animaux, tels qu'ours, éléphant, élan, cerf, âne, chiens, bouquetin, boeuf, léopard, sanglier, licorne, lion, mouton, cheval, chameau, dromadaire et singes sur fond de paysages, la partie basse dévoilant un tiroir secret, reposant sur une plinthe
H. 77 cm. (30 ¼ in.) ; L. 124,5 cm. (49 in.) ; P. 51,5 cm. (20 ¼ in.)
Provenance
Vente Sotheby's Londres, 11 juin 2003, lot 3 ;
Vente Christie's New York, 13 octobre 2021, lot 2.
Literature
Bibliographie comparative :
M. Riccardi-Cubbit, Un art européen, le cabinet de la Renaissance à l'époque moderne, Paris, 1993, p. 58.
A. Giusti, La Marqueterie de pierres dures, Paris, 2005, p. 164.
F. Gabriele Polizzi, "Coralli Siciliani Nelle Collezioni Dei Principi Di Ligne", Kalos arte in Sicilia, Palerme, septembre 2009, p. 15.
Further details
A FLEMISH BAROQUE TULIPWOOD, EBONISED AND PIETRA DURA MARQUETRY CABINET, THE PIETRA DURA PANELS ATTRIBUTED TO THE GRAND DUCAL WORKSHOPS, FLORENCE, MID-17TH CENTURY

This cabinet, decorated with hardstone panels, belongs to a limited production of works from the Galleria dei Lavori in Florence, founded in 1588 by Ferdinand I de’ Medici, Grand Duke of Tuscany. A true court workshop specialising in the creation of mosaics and hardstone inlays, the Galleria produced compositions known as commessi di pietre dure. The panels frequently depict birds, flowers, animals, figures dressed in exotic fabrics and Italianate landscapes. The panels on our cabinet illustrate a theme drawn from Ovid’s Metamorphoses, which enjoyed particular popularity at the court of Cosimo II (1590–1621): Orpheus charming the wild animals.

Orpheus is indeed recognisable on the central panel. The son of Oeagrus, King of Thrace, and the Muse Calliope, he received the art of playing the lyre from Apollo. His musical talent was such that he could charm animals, move stones and make trees dance. Following the death of his wife Eurydice, he descended into the Underworld to bring her back to the world of the living. Hades and Persephone agreed to let her return on the condition that he did not look back before leaving their realm. Unable to resist his impatience, Orpheus turned around, condemning Eurydice to disappear forever. He thereafter devoted his life to mourning her before eventually being killed by the Maenads.

From the sixteenth century onwards, the myth of Orpheus enjoyed considerable popularity in the visual arts. In a period marked by political and religious tensions, he came to embody fidelity, perseverance and hope. The iconography appears to derive directly from an engraving by Antonio Tempesta (1555–1630), executed in the early seventeenth century (see A. Giusti, op. cit., Paris, 2005, p. 164). Seated on a rock, Orpheus plays his instrument, with each door of the cabinet depicting an animal turned towards him. The meticulous selection of stones and the naturalistic rendering of the central scene testify to the exceptional craftsmanship of the Galleria dei Lavori.

During the second half of the seventeenth century, many aristocrats and Grand Tour travellers collected these panels and commissioned prestigious cabinets to house them, such as the present example. Heirs to the German Wunderkammern and Italian studioli, these cabinets, adorned with pietra dura panels and gilt-bronze mounts, served several purposes: to house precious objects, demonstrate their owners’ erudition and display their social standing.

Among comparable cabinets preserved in public collections is the so-called Barberini cabinet (inv. 1988.19), housed at the Metropolitan Museum of Art in New York and dated circa 1603–1623, whose central door closely resembles that of the present cabinet. Three further cabinets, dated circa 1620, may also be cited: one at the Detroit Institute of Arts (inv. 1994.77), and two forming a pair, formerly in the collection of the Prince de Ligne (1618–1679), then Viceroy of Sicily on behalf of the Spanish Crown. These latter examples combine pietra dura panels with rich coral ornament. The central panels of all three cabinets display striking similarities, as do the panels depicting the animals surrounding the hero.

Several comparable cabinets have appeared at public auction, including two sold at Christie’s in London: one from the Wilton Crescent collection, on 23 July 2020, lot 42, and another on 6 July 2017, lot 6. A further cabinet from the collections of Valerian Rybar and Jean-François Daigre was sold at Christie’s Paris on 5 June 2003, lot 35. The present cabinet may also be compared with an example attributed to the workshop of Domenico Cucci at the Gobelins manufactory, dated circa 1665–1675 and sold at Christie’s London on 10 December 2009, lot 875.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Ce cabinet orné de panneaux de pierres dures appartient à une production restreinte issue de la Galleria dei Lavori de Florence, fondée en 1588 par Ferdinand Ier de Médicis, grand-duc de Toscane. Véritable atelier de cour spécialisé dans la réalisation de mosaïques et de marqueteries en pierres dures, la Galleria produit des compositions connues sous le nom de commessi di pietre dure. Les panneaux représentent fréquemment des oiseaux, des fleurs, des animaux, des personnages vêtus d’étoffes exotiques ou encore des paysages italianisants. Les panneaux de notre cabinet illustrent un thème emprunté aux Métamorphoses d’Ovide, qui connaît un succès particulier à la cour de Côme II (1590-1621): Orphée charmant les animaux sauvages.

On reconnaît en effet Orphée sur le panneau central. Fils d’Œagre, roi de Thrace, et de la muse Calliope, il reçoit d’Apollon l’art de la lyre. Son talent pour la musique est tel qu’il lui permet de charmer les animaux, d’émouvoir les pierres et de faire danser les arbres. Après la mort de son épouse Eurydice, il descend aux Enfers pour la ramener parmi les vivants. Hadès et Perséphone y consentent, à condition qu’il ne se retourne pas avant d’avoir quitté leur royaume. Cédant à son impatience, Orphée regarde derrière lui, condamnant Eurydice à disparaître à jamais. Il consacre dès lors sa vie à son deuil avant d’être finalement mis à mort par les Ménades.

À partir du XVIe siècle, le mythe d’Orphée connaît une importante fortune iconographique. Dans une période marquée par les tensions politiques et religieuses, il s’impose comme un symbole de fidélité, de persévérance et d’espérance. L’iconographie semble directement inspirée d’une gravure d’Antonio Tempesta (1555-1630) exécutée au début du XVIIe siècle (cf. A. Giusti, op. cit., Paris, 2005, p. 164). Orphée, assis sur une roche, joue de son instrument, chaque porte du cabinet illustrant ainsi un animal tourné vers lui. La sélection minutieuse des pierres et le naturalisme de la scène centrale témoignent du savoir-faire exceptionnel de la Galleria dei Lavori.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, nombre d’aristocrates et de voyageurs du Grand Tour collectionnent ces panneaux et commandent des cabinets prestigieux destinés à les accueillir, à l’image du présent meuble. Héritiers des Wunderkammern germaniques et des studioli italiens, ces cabinets ornés de panneaux de pietra dura et de montures de bronze doré remplissent plusieurs fonctions : conserver des objets précieux, manifester l’érudition de leur propriétaire et afficher son rang social.

Parmi les cabinets comparables conservés dans des collections publiques figure le cabinet dit Barberini (inv. 1988.19), conservé au Metropolitan Museum of Art de New York et daté vers 1603-1623, dont le vantail central est très proche de celui du présent cabinet. On peut également citer trois autres cabinets, datés vers 1620, l'un au Detroit Institute of Arts (inv. 1994.77), les deux autres formant paire et provenant de l'ancienne collection du prince de Ligne (1618-1679), alors vice-roi de Sicile pour le compte de la couronne d'Espagne, et associent aux plaques de pietra dura une riche ornementation de corail. Chacun des panneaux centraux présente de fortes similitudes, tout comme ceux qui entourent le héros.

Plusieurs cabinets comparables sont passés en vente aux enchères publiques, notamment deux exemplaires vendus chez Christie’s à Londres, l’un provenant de la collection Wilton Crescent, le 23 juillet 2020, lot 42, l’autre le 6 juillet 2017, lot 6, ainsi qu’un cabinet issu des collections de Valerian Rybar et Jean‑François Daigre, vendu chez Christie’s Paris, le 5 juin 2003, lot 35. Notre cabinet peut également être rapproché d’un exemplaire attribué à l’atelier de Domenico Cucci aux Gobelins, daté vers 1665-1675 et vendu chez Christie’s Londres, le 10 décembre 2009, lot 875.

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