Lot Essay
Ce cabinet orné de panneaux de pierres dures appartient à une production restreinte issue de la Galleria dei Lavori de Florence, fondée en 1588 par Ferdinand Ier de Médicis, grand-duc de Toscane. Véritable atelier de cour spécialisé dans la réalisation de mosaïques et de marqueteries en pierres dures, la Galleria produit des compositions connues sous le nom de commessi di pietre dure. Les panneaux représentent fréquemment des oiseaux, des fleurs, des animaux, des personnages vêtus d’étoffes exotiques ou encore des paysages italianisants. Les panneaux de notre cabinet illustrent un thème emprunté aux Métamorphoses d’Ovide, qui connaît un succès particulier à la cour de Côme II (1590-1621): Orphée charmant les animaux sauvages.
On reconnaît en effet Orphée sur le panneau central. Fils d’Œagre, roi de Thrace, et de la muse Calliope, il reçoit d’Apollon l’art de la lyre. Son talent pour la musique est tel qu’il lui permet de charmer les animaux, d’émouvoir les pierres et de faire danser les arbres. Après la mort de son épouse Eurydice, il descend aux Enfers pour la ramener parmi les vivants. Hadès et Perséphone y consentent, à condition qu’il ne se retourne pas avant d’avoir quitté leur royaume. Cédant à son impatience, Orphée regarde derrière lui, condamnant Eurydice à disparaître à jamais. Il consacre dès lors sa vie à son deuil avant d’être finalement mis à mort par les Ménades.
À partir du XVIe siècle, le mythe d’Orphée connaît une importante fortune iconographique. Dans une période marquée par les tensions politiques et religieuses, il s’impose comme un symbole de fidélité, de persévérance et d’espérance. L’iconographie semble directement inspirée d’une gravure d’Antonio Tempesta (1555-1630) exécutée au début du XVIIe siècle (cf. A. Giusti, op. cit., Paris, 2005, p. 164). Orphée, assis sur une roche, joue de son instrument, chaque porte du cabinet illustrant ainsi un animal tourné vers lui. La sélection minutieuse des pierres et le naturalisme de la scène centrale témoignent du savoir-faire exceptionnel de la Galleria dei Lavori.
Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, nombre d’aristocrates et de voyageurs du Grand Tour collectionnent ces panneaux et commandent des cabinets prestigieux destinés à les accueillir, à l’image du présent meuble. Héritiers des Wunderkammern germaniques et des studioli italiens, ces cabinets ornés de panneaux de pietra dura et de montures de bronze doré remplissent plusieurs fonctions : conserver des objets précieux, manifester l’érudition de leur propriétaire et afficher son rang social.
Parmi les cabinets comparables conservés dans des collections publiques figure le cabinet dit Barberini (inv. 1988.19), conservé au Metropolitan Museum of Art de New York et daté vers 1603-1623, dont le vantail central est très proche de celui du présent cabinet. On peut également citer trois autres cabinets, datés vers 1620, l'un au Detroit Institute of Arts (inv. 1994.77), les deux autres formant paire et provenant de l'ancienne collection du prince de Ligne (1618-1679), alors vice-roi de Sicile pour le compte de la couronne d'Espagne, et associent aux plaques de pietra dura une riche ornementation de corail. Chacun des panneaux centraux présente de fortes similitudes, tout comme ceux qui entourent le héros.
Plusieurs cabinets comparables sont passés en vente aux enchères publiques, notamment deux exemplaires vendus chez Christie’s à Londres, l’un provenant de la collection Wilton Crescent, le 23 juillet 2020, lot 42, l’autre le 6 juillet 2017, lot 6, ainsi qu’un cabinet issu des collections de Valerian Rybar et Jean‑François Daigre, vendu chez Christie’s Paris, le 5 juin 2003, lot 35. Notre cabinet peut également être rapproché d’un exemplaire attribué à l’atelier de Domenico Cucci aux Gobelins, daté vers 1665-1675 et vendu chez Christie’s Londres, le 10 décembre 2009, lot 875.
On reconnaît en effet Orphée sur le panneau central. Fils d’Œagre, roi de Thrace, et de la muse Calliope, il reçoit d’Apollon l’art de la lyre. Son talent pour la musique est tel qu’il lui permet de charmer les animaux, d’émouvoir les pierres et de faire danser les arbres. Après la mort de son épouse Eurydice, il descend aux Enfers pour la ramener parmi les vivants. Hadès et Perséphone y consentent, à condition qu’il ne se retourne pas avant d’avoir quitté leur royaume. Cédant à son impatience, Orphée regarde derrière lui, condamnant Eurydice à disparaître à jamais. Il consacre dès lors sa vie à son deuil avant d’être finalement mis à mort par les Ménades.
À partir du XVIe siècle, le mythe d’Orphée connaît une importante fortune iconographique. Dans une période marquée par les tensions politiques et religieuses, il s’impose comme un symbole de fidélité, de persévérance et d’espérance. L’iconographie semble directement inspirée d’une gravure d’Antonio Tempesta (1555-1630) exécutée au début du XVIIe siècle (cf. A. Giusti, op. cit., Paris, 2005, p. 164). Orphée, assis sur une roche, joue de son instrument, chaque porte du cabinet illustrant ainsi un animal tourné vers lui. La sélection minutieuse des pierres et le naturalisme de la scène centrale témoignent du savoir-faire exceptionnel de la Galleria dei Lavori.
Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, nombre d’aristocrates et de voyageurs du Grand Tour collectionnent ces panneaux et commandent des cabinets prestigieux destinés à les accueillir, à l’image du présent meuble. Héritiers des Wunderkammern germaniques et des studioli italiens, ces cabinets ornés de panneaux de pietra dura et de montures de bronze doré remplissent plusieurs fonctions : conserver des objets précieux, manifester l’érudition de leur propriétaire et afficher son rang social.
Parmi les cabinets comparables conservés dans des collections publiques figure le cabinet dit Barberini (inv. 1988.19), conservé au Metropolitan Museum of Art de New York et daté vers 1603-1623, dont le vantail central est très proche de celui du présent cabinet. On peut également citer trois autres cabinets, datés vers 1620, l'un au Detroit Institute of Arts (inv. 1994.77), les deux autres formant paire et provenant de l'ancienne collection du prince de Ligne (1618-1679), alors vice-roi de Sicile pour le compte de la couronne d'Espagne, et associent aux plaques de pietra dura une riche ornementation de corail. Chacun des panneaux centraux présente de fortes similitudes, tout comme ceux qui entourent le héros.
Plusieurs cabinets comparables sont passés en vente aux enchères publiques, notamment deux exemplaires vendus chez Christie’s à Londres, l’un provenant de la collection Wilton Crescent, le 23 juillet 2020, lot 42, l’autre le 6 juillet 2017, lot 6, ainsi qu’un cabinet issu des collections de Valerian Rybar et Jean‑François Daigre, vendu chez Christie’s Paris, le 5 juin 2003, lot 35. Notre cabinet peut également être rapproché d’un exemplaire attribué à l’atelier de Domenico Cucci aux Gobelins, daté vers 1665-1675 et vendu chez Christie’s Londres, le 10 décembre 2009, lot 875.
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