LUSTRE JAPONISANT D'ÉPOQUE NAPOLÉON III
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UN HÔTEL PARTICULIER PARISIEN DÉCORÉ PAR FRANÇOIS-JOSEPH GRAF
LUSTRE JAPONISANT D'ÉPOQUE NAPOLÉON III

ATTRIBUÉ À FERDINAND BARBEDIENNE, VERS 1870

Details
LUSTRE JAPONISANT D'ÉPOQUE NAPOLÉON III
ATTRIBUÉ À FERDINAND BARBEDIENNE, VERS 1870
En bronze ciselé, doré et émaillé, à vingt-quatre bras de lumière, sommé d'une architecture de pagode à clochettes retenant une galerie ornée de pheonix et une lanterne à pans coupés à décor de fleurs de prunus sur fond émaillé bleu et de treillages ajourés, les bras de lumière retenus par des chaines agrémentées de médaillons en émaux cloisonnés et formant des branchages fleuris au naturel, ornés de médaillons assortis et pendentifs simulant de la passementerie, monté à l'électricité
H. 300 cm. (118 in.) ; D. 105 cm. (41 ¼ in.)
Provenance
Un hôtel particulier parisien décoré par François-Joseph Graf.
Literature
Bibliographie comparative :
V. Champier, Revue des Arts Décoratifs, Neuvième année, 1888-89, tome IX, Paris, 1889, pp. 161-176.
J. B. Waring, Masterpieces of Industrial Art & Sculpture at the International Exhibition, vol. I, 1862, pl. 139.
H. Bayou, H. & G. Béguin, Le Musée chinois et les salons de l'impératrice Eugénie, Paris, 1991.
Further details
A 'JAPONISME' ORMOLU AND ENAMEL CHANDELIER, ATTRIBUTED TO FERDINAND BARBEDIENNE, CIRCA 1870

The Second Empire in France saw a great resurgence of interest in China and specifically cloisonné enamel works, fuelled in large part by Napoleon III and Empress Eugénie. Following the 1860 French imperial campagne de Chine, immense caches of enamels were placed on public display at the Tuileries alongside Chinese porcelain, cloisonné enamel, jade, parade arms and armour and temple garnitures, all of which had been plundered from the Summer Palace (Yuanming Yuan), Beijing.

In appreciate of Eugénie’s support of the French forces, a share of the collection had always been intended as a gift to the Empress and following the public exhibition works personally selected by Eugenie were subsequently housed in what would become the Museé Chinois at Fontainebleau. Shortly thereafter the Emperor and Empress remodelled Fontainebleau with furnishings by celebrated French artisans and bronziers in the Chinese taste supplied by French makers in order for the rooms to complement the exhibits.

Continuing in the tradition of the marchands merciers of the 18th century, these French makers not only created works in the Chinese manner but also repurposed Chinese objects further adorning with bronze mounts of their own creation. In doing so these designers created a constructed view of the East, an amalgamation of Eastern and Western influences, which anticipated the organic forms of Art Nouveau and Aestheticism.

ATTRIBUTION TO FERDINAND BARBEDIENNE

The chief among these artisans was Ferdinand Barbedienne, who notably adapted the cover of a Qianlong incense burner and an Kangxi vase (both spoils from the Summer Palace) in order to create a three-metre high chandelier of lantern-form with swirling ormolu candle arms (Fontainebleau inv. F. 1324 C).

The present chandelier is almost certainly a derivative of this original franco-chinoise creation, created at the height of the taste for exotism in the third quarter of the 19th century. Clear parallels can be seen in the multi-tier form, including the square canopy with domed corona and spiralling candle arms. Creating a chinoiserie language of his own, the present chandelier further recalls motifs found on two extant chandeliers created by Barbedienne; one sold Christie’s, London, 15 July 2020, lot 292 and a similar three-tiered example preserved in a private American collection. Both chandeliers, signed by Barbedienne, preserve his signature chinoiserie language, such as the presence of hanging shou roundels linked by stylized chains, graduated nesting bells, flower-blossom candle arms and tear-form drops.

Being the pre-eminent manufacture de bronzes d’art in Paris, Barbedienne employed the finest craftsmen and draughtsmen to produce outstanding objects, many incorporating designs drawn from the far east. Though the present chandelier's design has not been directly attributed, the fondeur's longtime collaborator, Louis-Constant Sévin, worked as chief designer for 23 years from 1855 and created the most varied and innovative objects for Barbedienne’s awe-inspiring displays at the international exhibitions. Specialising in fine enamel works, Sévin was responsible for the firm’s most prestigious commissions, including a pair of magnificent red-ground middle-eastern inspired vases (illustrated V. Champier, Revue des Arts Décoratifs, Neuvième année, 1888-89, Paris, pp.164-5) and a pair of blue-ground 'Neo-Grec' vases displayed at the 1862 London International Exhibition (illustrated in J.B. Waring, Masterpieces of industrial art & sculpture at the International exhibition, 1862, vol.1, plate 139).

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Le Second Empire fut marqué en France par un renouveau spectaculaire de l’intérêt porté à la Chine, et plus particulièrement aux œuvres en émail cloisonné. Cet engouement, largement encouragé par Napoléon III et l’impératrice Eugénie, s’accrut à la suite de la campagne de Chine de 1860. D’importants ensembles d’objets rapportés du Palais d’Été de Pékin (Yuanming Yuan) furent alors présentés aux Tuileries : porcelaines, émaux cloisonnés, jades, armes et armures de parade, ainsi que garnitures de temple, autant de témoignages du raffinement des arts chinois qui fascinèrent le public français.

En reconnaissance du soutien apporté par l’Impératrice aux forces françaises, une partie de ces trésors lui avait été réservée dès l’origine. À l’issue de leur présentation publique, les œuvres qu’Eugénie sélectionna personnellement furent installées dans ce qui allait devenir le célèbre Musée chinois de Fontainebleau. Dans les années qui suivirent, Napoléon III et l’Impératrice entreprirent le réaménagement de plusieurs appartements du château, faisant appel aux plus brillants ébénistes, bronziers et artisans français afin de créer un décor en harmonie avec ces collections exceptionnelles.

S’inscrivant dans la tradition des marchands-merciers du XVIIIe siècle, ces créateurs ne se bornèrent pas à produire des œuvres inspirées de l’Extrême-Orient. Ils intégrèrent également des objets chinois authentiques à leurs réalisations, les enrichissant de montures en bronze doré conçues dans leurs ateliers. De cette rencontre entre formes orientales et savoir-faire occidental naquit une vision idéalisée de l’Orient, fusion esthétique qui préfigure déjà, par son goût pour les lignes sinueuses et les compositions naturalistes, les développements ultérieurs de l’Art nouveau et du mouvement esthète.

L'ATTRIBUTION À FERDINAND BARBEDIENNE

Parmi les principaux artisans de ce courant figure Ferdinand Barbedienne. Celui-ci adapta notamment le couvercle d’un brûle-parfum de l’époque Qianlong ainsi qu’un vase de l’époque Kangxi, tous deux issus des collections rapportées du Palais d’Été, afin de concevoir un spectaculaire lustre en forme de lanterne de plus de trois mètres de hauteur, animé de bras de lumière mouvementés en bronze doré (Fontainebleau, inv. F.1324 C).

Le présent lustre apparaît très vraisemblablement comme une interprétation dérivée de cette remarquable création franco-chinoise, réalisée à l’apogée du goût pour l’exotisme, durant le troisième quart du XIXe siècle. Sa structure étagée, son pavillon de suspension carré coiffé d’un couronnement bombé ainsi que ses bras de lumière en volute témoignent d’une parenté directe avec le modèle de Fontainebleau.

Développant un vocabulaire décoratif de chinoiserie qui lui est propre, Barbedienne élabora un répertoire immédiatement reconnaissable, dont le présent lustre reprend plusieurs éléments caractéristiques. Il peut ainsi être rapproché de deux autres lustres : l’un vendu chez Christie’s à Londres le 15 juillet 2020 (lot 292), l’autre, à trois niveaux, appartenant à une collection particulière américaine. Tous deux signés par l’artiste, ils présentent les motifs emblématiques de son langage ornemental : médaillons suspendus ornés du caractère shou reliés par des chaînettes stylisées, clochettes superposées de dimensions décroissantes, bras de lumière en fleurs épanouies et pendeloques en forme de gouttes, autant d’éléments qui illustrent la synthèse raffinée entre inspiration chinoise et invention décorative française.

En tant que principale manufacture de bronzes d’art à Paris, Barbedienne employait les meilleurs artisans et dessinateurs afin de produire des œuvres d’une qualité exceptionnelle, dont nombre s’inspiraient des arts de l’Extrême-Orient. Bien que le dessin du présent lustre n’ait pas été directement attribué, le collaborateur de longue date du fondeur, Louis-Constant Sévin, occupa la fonction de chef dessinateur de la maison pendant vingt-trois ans à partir de 1855 et conçut certains des modèles les plus novateurs présentés par Barbedienne lors des grandes expositions internationales. Spécialiste des œuvres ornées d’émaux, Sévin fut notamment responsable des commandes les plus prestigieuses de la maison, parmi lesquelles une paire remarquable de vases à fond rouge d’inspiration orientale (ill. dans V. Champier, Revue des Arts Décoratifs, 1888-1889, pp. 164-165) ainsi qu’une paire de vases néo-grecs à fond bleu présentée à l’Exposition internationale de Londres de 1862 (ill. dans J. B. Waring, Masterpieces of Industrial Art & Sculpture at the International Exhibition, 1862, vol. I, pl. 139).

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