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MASQUE-HEAUME KOTA
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MASQUE-HEAUME KOTA

GABON

Details
MASQUE-HEAUME KOTA
GABON
Socle de Kichizô Inagaki (1876-1951)
Haut. 41.5 cm (16 3/8 in.)
Provenance
Paul Guillaume (1891-1934), Paris
Collection Jacques Doucet (1868-1948), Paris
Audap-Godeau-Solanet, Paris, Ancienne Collection Jacques Doucet, 8 novembre 1972, lot 10
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris
Literature
Clouzot, H. et Level, A., Sculptures africaines et océaniennes, Paris, 1920, p. 21, pl. XXI
Post Lot Text
KOTA HELMET MASK, GABON

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Director of the Department of Arts of Africa, Oceania and the Americas

Lot Essay

UN EMBOLI CHEZ UN MEDICIS
LE MASQUE KOTA DE LA COLLECTION JACQUES DOUCET
par Bernard Dulon

[…] Alors qu’il n’était pas encore collectionneur des arts de l’Afrique, Michel Périnet tomba à l’arrêt devant un masque bien étrange, dont il savait seulement qu’il avait appartenu à la collection du couturier Doucet. Synonyme de grand goût, ce nom à lui seul faisait montre à ses yeux d’une séduction toute particulière. L’oeuvre alliait une sensibilité à fleur de peau à une stylisation et une rigueur géométrique presqu’art déco, de plus, elle était soclée à la perfection1. Pour parler bref, l’ensemble lui plut, ce fut le ferment de l’aventure et de cette exceptionnelle collection aujourd’hui mise sur le marché.

Le masque, désormais baptisé Périnet, possède la structure d’un casque. Il affiche un visage rond et plein, presque lunaire, à la surface légèrement vallonnée pour signifier les volumes du front et du massif maxillaire. Il est coiffé d’une importante crête sagittale à l’élégante épure dont la pointe vient mourir à la racine du nez d’où jaillissent d’immenses sourcils en palmes. Si ses yeux sont immenses alors c’est qu’il voit tout !2 Sa bouche semble fermée en une simple fente. Mais qui récite alors ces étranges litanies et qui profère ces sons inquiétants ?3
Quand sa crête évoque le crâne du gorille mâle, sa polychromie renseigne sur la dualité de son concept. La couleur blanche appliquée à son côté droit indique son appartenance au monde de l’au-delà et des ancêtres tandis que le rouge de sa moitié gauche est la couleur de la naissance, de l’initiation et de la vie. De plaisantes rangées de scarifications en pointillés ornent l’ensemble de sa surface, même si parfois invisibles sous le kaolin.

Chez les Kota, les masques emboli n’étaient pas présentés sur des socles de Kichizô Inagaki mais secrètement gardés dans des abris sylvestres à distance des villages. Evoquant un très puissant esprit de la forêt, le gorille, ils intervenaient lors des cérémonies satsi d’initiation des jeunes hommes, plus particulièrement au moment des rites de circoncision. On raconte également qu’en certaines occasions ils étaient chargés de lutter contre la sorcellerie.

[…] Esthétiquement exceptionnel, le masque Kota de Périnet l’est donc aussi par son histoire puisqu’il fut photographié à la fin des années 1920 dans l’intérieur de Jacques Doucet à Neuilly, là-même où était exposé Les Demoiselles d’Avignon dont il fut le premier propriétaire. Acquis auprès de Paul Guillaume qui fut le marchand de tous les grands noms du premier tiers du XXe siècle4, il est une icône des arts de l’Afrique centrale.

« Le masque Kota de la collection Périnet est d’une ancienneté indéniable. Il a dû danser au XIXe siècle à l’occasion des célébrations communautaires telles que les initiations des jeunes gens mais aussi lors des funérailles et des levers de deuil, afin d’évoquer par ses formes et volumes inspirés de la faune de la grande forêt et ses motifs décoratifs peints et gravés, l’essentiel des mythes immémoriaux des groupes humains du Gabon oriental. » Louis Perrois

1On connaît de Jacques Doucet l’attention qu’il portait à l’encadrement de ses tableaux qu’il confiait aux meilleurs créateurs d’alors comme Marcel Coard, Rose Adler et Pierre Legrain. Ici le socle est une des premières réalisations de Kichizô Inagaki
2Craintes et inquiétude du non-initié au début des danses rituelles
3Idem
4Picasso, Matisse, de Chirico, Modigliani, Soutine, van Dongen et tant d’autres furent les hôtes de sa galerie de la rue La Boétie à Paris

AN EMBOLI MASK IN A MEDICIS RESIDENCE
THE KOTA MASK OF THE JACQUES DOUCET COLLECTION
by Bernard Dulon

[…] At a time when he was not yet a collector of African art, Michel Périnet was in awe at the sight of a very strange mask. All he knew about it was that it had belonged to the collection of the fashion designer Doucet. The name alone, synonymous with good taste, was enough to convince him of its worth. The work combined an exquisite sensibility with a stylisation and geometric rigour reminescent of Art Deco. Moreover, it was perfectly mounted1. In a word, the piece pleased him as a whole, and it spurred the adventure that led to the exceptional collection which is being brought to auction today.

The Périnet mask has a helmet-shaped structure. It has a round, full, almost moon-shaped face and a surface that undulates slightly to express the shapes of the forehead and maxilla. It is topped with a sizeable, elegantly streamlined sagittal crest with a tip stretching to the root of the nose, from which spring immense palm-shaped eyebrows. His eyes are huge because he sees all!2 The mouth appears closed, a simple slit. But who recites these strange litanies; who emits these disturbing noises?3
While the crest evokes the male gorilla skull, the polychrome decoration informs us of the duality of its concept. The white colour applied to its right side indicates its belonging to the world of the hereafter and the ancestors, while the red of its right side symbolises birth, initiation and life. Pleasant stippled scarification rows adorn the entire surface, although they disappear here and there under the kaolin.

In Kota culture, emboli masks were not displayed on pedestals by Kichizô Inagaki; they were secretly stored in woodland shelters far from the villages. Since such masks evoke a very powerful forest spirit, that of the gorilla, they were used in satsi ceremonies for the initiation of young men, and particularly for circumcision rites. It is also said that on some occasions they were used to combat witchcraft.

[…] The Kota mask of the Périnet collection is exceptional, in aesthetic but also historical terms. It was photographed in the late 1920s in the home of Jacques Doucet in Neuilly, where Les Demoiselles d’Avignon also hung, since he was its first owner. Purchased from Paul Guillaume, the dealer of all the great artist names of the first third of the 20th century4, this is an icon of Central African art.

“The Kota mask from the Périnet collection is undeniably ancient. It must have danced in the 19th century for community celebrations, such as young men’s initiation rites, but also for funerals and end-ofmourning rituals. Through its shapes and volumes inspired by the animals of the great forest and its decorative painted and engraved designs, it evokes the better part of the age-old myths passed down by the human groups of eastern Gabon.” Louis Perrois

1Jacques Doucet is known for the care that he brought to framing his paintings, which he entrusted to the best interior designers of his time such as Marcel Coard, Rose Adler and Pierre Legrain. This pedestal is one of the first works of Kichizô Inagaki
2Fear and anxiety of the non-initiated at the beginning of the ritual dances
3Idem
4Picasso, Matisse, de Chirico, Modigliani, Soutine, van Dongen and so many others had their work displayed in his gallery on rue La Boétie in Paris
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